Comme sa conjointe, Alice Laborde, est Française et que l’organisation des Remparts continue de payer l’appartement jusqu’à la fin du confinement devenu obligatoire en France, il n’y a pas d’urgence pour le Saguenéen Mathieu Tremblay de rentrer au pays.

Mathieu Tremblay espère être de retour le 30 avril

Même si sa saison avec les Remparts de Tours a pris fin en quart de finale le 7 mars dernier, le Chicoutimien Mathieu Tremblay restera en France jusqu’au 30 avril, date où il a prévu rentrer au Québec pour quelques semaines afin de revoir les siens, comme c’est le cas chaque année.

Comme sa conjointe, Alice Laborde, est Française et que l’organisation des Remparts continue de payer l’appartement jusqu’à la fin du confinement devenu obligatoire en France, il n’y a pas d’urgence pour le Saguenéen de rentrer immédiatement au pays. La fermeture des frontières au Canada et en France l’a incité à attendre un peu pour voir l’évolution de la situation d’ici la fin avril. « Je suis bien, en santé. Je suis avec ma femme et il fait beau soleil. J’ai pris la décision de rester ici pour le moment et je verrai comment ça va se dérouler au Québec d’ici là », a-t-il indiqué, en entrevue téléphonique.

Bien au fait de la situation au Québec, il sait que les membres de sa famille sont en bonne santé et que, comme bien du monde, ils font du télétravail. Il n’est donc pas pressé d’imposer un isolement volontaire de 14 jours pour celui ou celle qui ira le chercher à l’aéroport le moment venu. Mais il espère quand même pouvoir rentrer au Saguenay, même s’il est déjà prévu que son séjour sera moins long – un mois et demi au lieu de trois –, afin de revoir ses proches et ses amis et s’entraîner.

En attente

Les Remparts de Tours ont été éliminés en trois matchs consécutifs par les Drakkars de Caen en première ronde des séries de la Ligue de France, division 1. « Quand on en a entendu parler pour la première fois, c’était durant la ronde des quarts de finale. Comme nous avions fini au 5e rang, on a commencé sur la route, à Caen. Nous avons perdu le premier match le samedi et, avant celui de dimanche, l’entraîneur nous a réunis pour nous dire que la fédération s’interrogeait concernant le déroulement des séries, que la Ligue Magnus avait déjà mis sur pause les séries et qu’une décision serait prise d’ici le vendredi. On a perdu le match du dimanche et le mercredi, on a perdu le match à domicile. Comme c’est un 3 de 5, on a été éliminés. Comme prévu, le vendredi, les séries ont été suspendues et quelques jours plus tard, il a été annoncé que les séries étaient annulées pour tout le monde », relate Mathieu Tremblay.

« Pour les Québécois et les joueurs étrangers sur place, c’était la situation d’urgence, à savoir si on rentrait chez nous, si les frontières allaient fermer. C’était un peu la panique. Mais le club a réagi rapidement en nous rencontrant le vendredi. »

Dimanche, le Saguenéen Mathieu Tremblay a été élu joueur de la saison de son équipe via le site des fans Le 7e Rempart.

Les joueurs qui voulaient partir rapidement ont pu le faire. « Pour moi, c’est un peu différent parce que ma conjointe est Française. Je n’étais pas vraiment dans la panique. Mon billet est prévu pour le 30 avril et je me suis dit que j’allais rester ici pour le moment et voir comment ça allait se dérouler en France et au Québec. »

Aucun joueur de l’équipe n’a été contaminé, mais la mère d’un joueur, qui vit dans les Alpes, l’a été. Le joueur est resté à Tours.

Pour l’instant, Mathieu Tremblay n’a pas de nouveau contrat en poche avec la formation de Tours. Le président de l’organisation doit d’abord dénicher un entraîneur et c’est ce dernier qui choisira la composition de son équipe. « Présentement, nous n’avons aucune nouvelle, que ce soit du président de l’équipe ou de l’entraîneur actif. C’est une situation un peu déplaisante parce qu’on ne sait pas trop ce qu’on fait ni comment réfléchir. Ma femme avait trouvé un emploi à temps plein ici. On attend de voir ce qui va se passer. On devrait avoir des nouvelles bientôt. »

Entre-temps, son agent a fait des démarches auprès d’autres organisations. « Beaucoup d’équipes ont commencé à discuter et à faire des offres. C’est la question de l’entraîneur qui bloque (à Tours). Quand ce dernier sera nommé, il va faire son équipe. Le président de l’équipe ne se mêle pas du volet hockey. Il va trouver son entraîneur et après, le processus va s’enclencher. »

Mathieu Tremblay a aussi apprécié la décision de l’équipe de continuer à payer les appartements des joueurs qui restent jusqu’à la fin du confinement. « Ça nous aide aussi parce que je suis au chômage en n’ayant plus de contrat. L’équipe a bien géré la situation. C’est agréable et c’est aussi pourquoi je n’ai pas de problème à rester ici. »

Dimanche, le Saguenéen a reçu une nouvelle agréable, lui qui a été élu joueur de la saison de son équipe via le site des fans Le 7e Rempart. Tremblay, qui était en lice avec trois autres coéquipiers, a compilé, en 25 parties, une fiche de 19 points (7 buts, 12 passes) avec un différentiel de +6.

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DES MESURES DE CONFINEMENTS SÉVÈRES À NE PAS PRENDRE À LA LÉGÈRE

Si vous trouvez que les mesures mises de l’avant par le gouvernement du Québec sont sévères, sachez qu’en France, les restrictions sont encore plus intenses. Évoluant pour des équipes de hockey en France depuis quatre ans, le Chicoutimien Mathieu Tremblay a choisi de demeurer à Tours avec sa conjointe française au moins jusqu’au 30 avril. Il nous a décrit son quotidien avec les mesures prises pour limiter la propagation de la COVID-19.

« Les journées sont longues parce que nous sommes quand même dans un trois et demi. Le tour de l’appartement est vite fait, mais on en profite. Il fait beau et on ouvre les fenêtres », énonce-t-il.

En effet, depuis lundi, les gens ne peuvent plus circuler dans les rues et ils sont confinés dans leur logement en tout temps. Il n’y a que quatre permissions accordées pour sortir de chez soi. « Si on sort, ça prend un papier du gouvernement que l’on peut télécharger et imprimer ou sinon le recopier à la main avec nom, adresse, heure du départ de la résidence et un des quatre choix de sortie. On ne sort que pour quatre raisons, soit faire l’épicerie, aller marcher ou courir sur une distance (maximale) de 2 km à partir de son domicile, aller chez le médecin ou aller à la pharmacie », explique le Saguenéen.

« Si tu n’as pas ton papier, tu peux recevoir une amende de 300 euros (près de 465 $ CAN). Il y a beaucoup d’agents de police, de gendarmes et de militaires qui sont dans les rues autrement désertes. Au début, les amendes étaient de 35 euros, puis de 100 euros et depuis dimanche, elles sont montées à 300 euros. »

Pour sortir, le Québécois doit toujours avoir son passeport sur lui comme pièce d’identité, car le permis de conduire du Québec n’est pas considéré comme tel.

À ses yeux, la France a un peu trop tardé à prendre les mesures plus radicales qui s’imposaient – confinement et fermeture des frontières –, surtout que les deux pays les plus touchés par la pandémie en Europe, l’Italie et l’Espagne, sont tout près. Pour lui, le gouvernement Legault a bien fait en prenant rapidement des restrictions radicales.

Cela dit, les épiceries et les marchés sont ouverts et les approvisionnements vont bon train. « Si tu y vas le soir, les tablettes sont vides, mais le matin, tout est plein. Pour ce qui est des emplois, les entreprises alternent les équipes de travail aux deux semaines. La moitié des employés d’une entreprise restent en poste et l’autre moitié est au chômage pour deux semaines. Puis, le premier groupe va à la maison et l’autre rentre au boulot. Les bureaux de chômage sont fermés, mais tout se fait par Internet et ça fonctionne bien », assure Mathieu Tremblay.

Pour un sportif, le confinement est un peu difficile, mais le Saguenéen prend le bon côté des choses en se disant qu’il est en santé, avec sa douce et qu’il fait beau soleil. Comme bien des gens, ils ont passé la fin de semaine à faire le grand ménage de l’appartement, il a joué sur sa console et ils sont sortis pour aller marcher. Après une courte pause, il recommencera à s’entraîner dès lundi. Les idées de programmes ne devraient pas manquer, lui qui s’est entraîné et a travaillé avec G.I. Performance, entre autres, et qui peut mettre à profit les connaissances acquises durant son baccalauréat en santé et l’éducation physique à l’UQAC, qu’il compte compléter.