Surpris et content du soutien reçu de la part de l’organisation et des joueurs des Marquis après les événements de samedi dernier à Saint-Jérôme, Jonathan Diaby n’a pas l’intention d’accrocher ses patins.

Vague de sympathie: Diaby surpris, mais content

Jonathan Diaby ne s’attendait pas à déclencher un tel mouvement de sympathie en quittant le match pour dénoncer les propos racistes dont lui, mais surtout ses proches, ont été victimes lors du match entre les Marquis de Jonquière et les Pétroliers du Nord, samedi dernier, à l’Aréna régional Rivière-du-Nord de Saint-Jérôme. Mais si cela peut permettre de sensibiliser les gens et de les inciter à mettre fin à ce genre de comportement, c’est tant mieux.

«Je suis quand même un peu surpris, mais c’est bon signe. Je suis content», a indiqué le défenseur des Marquis de Jonquière en entrevue téléphonique. Diaby a reçu de nombreux messages d’appui, dimanche et lundi, et il a accordé bon nombre d’entrevues. «C’est correct. Je suis content de pouvoir faire passer le message.»

Le #3 des Marquis ne croit pas que ce sera un feu de paille, même s’il est conscient que ça fait ombrage à la Ligue nord-américaine de hockey. «Je suis content que la ligue en fasse un gros cas. Comme ça on va voir comment les gens vont réagir. Je pense que ça va changer parce que les gens vont prendre les mesures pour que ça change», estime-t-il.

Ce dernier est persuadé que les joueurs de la ligue seront les principaux vecteurs de ce changement et qu’ils ne tolèreront pas de tels gestes ou propos de la part de partisans. À cet égard, Diaby précise que c’est un petit groupe de partisans qui a agi de façon disgracieuse et non l’ensemble des personnes présentes.

Il confirme d’ailleurs qu’il n’a pas l’intention d’accrocher ses patins et qu’il sera présent au match contre Sorel-Tracy vendredi. «Ce ne sont pas des ignorants qui vont me faire changer ma façon de penser ni mes passions. J’ai vécu des situations semblables auparavant et j’ai composé avec de différentes manières. C’est juste plate que ça se produise lors d’un match de hockey et que tout le monde voit ça. Mais en même temps, c’est une bonne leçon pour tout le monde et voir comment on doit réagir devant ces ignorants. Ce n’est pas acceptable.»

Touche pas à mes proches

Samedi dernier, Diaby raconte que sa blonde, sa soeur et ses parents se sont fait harceler, voire intimider durant la rencontre. Ç’a commencé tranquillement en première, mais ç’a pris de l’ampleur en deuxième. «Moi, c’est une chose de prendre des insultes sur la glace quand je joue, car je suis là pour donner un spectacle de toute façon. Mais quand ça se produit dans les estrades envers les gens que j’aime, là je ne marche plus», tranche-t-il.

Après avoir encaissé des coups sournois en première, Diaby a avisé son entraîneur Benoit Gratton de son intention de quitter la rencontre. «Je lui ai dit que je n’ai pas besoin de me blesser et de manger des coups salauds. Je fais mes affaires et j’ai une autre carrière.» Après discussion, il a décidé de rester comme le ferait un professionnel.

«En deuxième, il y a eu d’autres coups plates que moi aussi j’ai déjà donnés. Et c’est normal d’en recevoir et de les accepter. Mais quand j’ai vu ma famille se faire harceler, intimider et se faire menacer, je ne pouvais accepter ça. J’étais avec Alexandre Quesnel dans le banc de punition et je suis devenu vraiment émotif. J’ai décidé de quitter.»

Ce n’est pas la première fois que les Diaby sont confrontés à des propos déplacés ou racistes dans les arénas. Les fans sont des gens passionnés qui s’emportent parfois lorsque les esprits s’échauffent. «Mon père est habitué et reste très diplomate dans ce genre de situation. Mais là, même ma blonde, ma soeur et son chum se sont sentis menacés, car il y avait des gens qui allaient leur parler. Ils sont allés voir la sécurité et ces derniers leur ont dit de changer de place (!) Ça n’a juste pas de bons sens», déplore-t-il.

En fin de deuxième, il s’est changé et est allé retrouver sa famille pour quitter les lieux, mais contrairement à ce qui avait été écrit, ils n’ont pas eu besoin d’être escortés par la police.

Touché

Diaby avoue avoir été impressionné par les messages et les vidéos qui lui ont été adressés de son équipe et d’autres joueurs. «C’est fou ce que les gars ont fait: Matthew Medley a fait une belle vidéo, Nic Corbeil, Mik Rhéaume, etc. C’est un problème de société quotidien, en ce sens que ça arrive chaque jour. C’est plate, mais c’est aussi l’fun parce que ça fait réagir les gens. Que ce soit une minorité visible ou une différence sexuelle, c’est quelque chose qu’il faut qu’on change», a-t-il conclu avec conviction et sérénité.

En bref

Deux joueurs des Marquis sont à l’honneur cette semaine, dans le cadre des étoiles de la Ligue nord-américaine de hockey. Le capitaine des Marquis de Jonquière, Alexandre Quesnel, est la première étoile de la semaine. En plus de réussir un tour du chapeau samedi soir face aux Pétroliers du Nord, Quesnel a également ajouté cinq mentions d’aide à sa fiche personnelle. Marquant à deux reprises sur le jeu de puissance, il termine la semaine avec un différentiel de +4 et six lancers en direction des gardiens adverses. Son coéquipier Jean-Sébastien Bérubé occupe la deuxième marche du podium hebdomadaire. En deux rencontres, Bérubé a inscrit deux buts, dont un sur l’avantage numérique, tout en amassant trois mentions d’aide. Il a également conservé un différentiel de +2 et mis les gardiens adverses à cinq reprises. Le trio hebdomadaire est complété par le gardien de but de l’Assurancia de Thetford, Philippe Cadorette. Les performances du gardien Cédrick Desjardins des Marquis de Jonquière ont également été considérées.