Entraîneur-chef de la LHJMQ détenant le record du plus grand nombre de victoires en carrière, Richard Martel pourra enfin faire taire ses détracteurs qui lui rappelaient sans cesse qu'il n'avait jamais gagné un championnat au Québec. C'est maintenant chose faite pour celui qui vient de couronner de belle façon une première saison complète à la barre des Marquis.

Une saison inoubliable pour les Marquis

Grands favoris des séries avec un dossier de 30 victoires, 10 revers en saison régulière, les Marquis de Jonquière ont été expéditifs en balayant les honneurs de la série finale contre L'Assurancia de Thetford en quatre matchs pour mettre la main sur la coupe pour une troisième fois de leur histoire (2013, 2014 et 2017). C'était la 4e fois dans l'histoire de la LNAH qu'une finale était gagnée en quatre matchs, les autres étant justement Thetford en 2015 contre Sorel, Sherbrooke en 2011 contre Saint-Georges et Saint-Jean contre Sherbrooke en 2007.
Les Marquis ont eu le plaisir de célébrer la conquête du convoité trophée en présence de plus de 300 partisans qui avaient fait le trajet jusqu'à Thetford. De beaux moments remplis d'émotions, notamment pour Richard Martel qui a pu célébrer son premier championnat remporté au Québec, un honneur qui manquait au tableau bien garni de celui qui détient toujours le record du plus grand nombre de victoires en carrière pour un entraîneur-chef de la Ligue de hockey junior majeur du Québec.
Le vétéran défenseur Jean-Michel Bolduc et le gardien Raphaël Girard ont partagé leur joie avec les nombreux partisans des Marquis présents à Thetford.
Luis Tremblay : « Une année remplie d'émotions »
Luis Tremblay inscrira son nom pour une deuxième fois sur la coupe du championnat des séries de la LNAH, la première fois ayant eu lieu en 2014, sur cette même patinoire du centre Mario-Gosselin. Cette fois-ci, la conquête de l'emblématique trophée revêtait un cachet particulier pour le vétéran de 33 ans qui a les Marquis tatoué sur le coeur. « Pour moi, personnellement, cette coupe représente tous les sacrifices que j'ai faits cette année parce que je savais qu'on allait gagner. J'aurais pu me faire échanger, mais je ne voulais rien savoir parce que je savais que c'était avec ce groupe-là qu'on allait gagner », a indiqué le #20 qui a vu son temps de glace réduit, ce qui ne l'a pas empêché de toujours soutenir ses coéquipiers dans les bons comme les moins bons moments. Ces derniers lui ont d'ailleurs démontré leur appréciation de belle façon lorsqu'il a marqué son but dans le premier match de la finale contre Thetford. Tout le banc s'est levé et l'a félicité ! L'un des beaux moments de cette série. « Ç'a été une année remplie d'émotions et cette coupe, c'est le point culminant de tout ça », a conclu celui qui est aussi devenu papa pour la première fois en décembre dernier.
Desjardins : « Un bon groupe de joueurs »
La pression était forte sur le gardien Cédrick Desjardins qui s'est amené avec les Marquis de Jonquière en novembre dernier. Alternant au départ avec Loïc Lacasse, Desjardins aura finalement le vote de confiance de Richard Martel pour être le gardien #1. Pas étonnant que le grand manitou des Marquis lui ai parlé longuement après lui avoir fait une chaude accolade lorsque les Marquis ont gagné la coupe.
« Chaque championnat est vraiment particulier. (...) C'est un travail d'équipe et nous avions vraiment une excellente équipe à qui il faut donner le crédit. Tout le monde a embarqué dans le projet. Pour ma part, en tant que gardien de but, il fallait que chaque soir, je donne une chance à mon équipe en faisant quelques arrêts clés. Souvent, c'est ce qui a fait la différence » estime celui qui, après avoir eu le dernier mot à deux reprises contre Richard Martel en séries de la LHJMQ, a pu soulever la coupe en sa compagnie cette fois-ci. Desjardins s'est dit aussi reconnaissant de la chance que lui ont offerte les Marquis. « C'était mon retour au Québec après une couple d'années à l'extérieur et je n'avais pas joué beaucoup depuis deux, trois ans. J'avais besoin de retrouver la passion de jouer. Les Marquis m'ont fait confiance. Ils m'ont donné une chance même si je n'avais pas joué beaucoup dans la dernière année. On a vraiment un bon groupe de joueurs et c'est ce qui a payé jusqu'à la fin. » Autre fait à noter, Gabriel Girard (gardien de Thetford) et lui font maintenant partie du même club sélect, soit celui des trois gardiens de la LNAH qui peuvent se targuer d'avoir gagné à la fois la coupe Memorial et la coupe Vertdure.
Les Marquis de Jonquière posent pour la postérité, eux qui ont remporté un 3e championnat des séries de leur histoire dans la LNAH.
« Les gars sont des vrais de vrais »
Recrue offensive par excellence (25 buts, 28 passes en 53 matchs/4e rang du championnat des pointeurs), Christian Ouellet a fait une entrée des plus remarquées dans le circuit Godin après s'être taillé un poste avec les Marquis. Pour le Brunois, la conquête du championnat des séries à sa première saison dans la ligue restera mémorable.
« J'ai toujours joué dans des équipes négligées qui sont toujours passées près de gagner, mais je n'ai jamais gagné. C'est la première fois que je gagne les grands honneurs (avec une équipe). J'ai un grand respect pour ces gars-là. Les Marquis de Jonquière, je les avais vu jouer avant (de revenir d'Europe). C'était une équipe bien bâtie et les gars sont des vrais de vrais. Oui, on a une bonne équipe de hockey, mais les gars travaillent pour ça, c'est incroyable ! C'est un travail d'équipe qui part du gardien de but jusqu'au personnel de l'équipe qui a été incroyable, en passant par les propriétaires de l'équipe. Les Marquis de Jonquière, c'est tout ça », commente le #24.
« Gagner la coupe, c'est un méchant beau feeling ! C'est sûr qu'on aurait aimé la gagner à Jonquière, mais on la ramène dans la région et je viens de la région », assure le « tireur d'élite » des Marquis qui a confirmé son retour avec l'équipe pour la saison 2017-18. « Je veux regagner une coupe l'an prochain. On a un bon noyau de joueurs qui a tissé de bons liens et je ne pense pas que l'équipe changera beaucoup l'an prochain. »
Cap sur l'Australie
En attendant d'enfiler à nouveau l'uniforme des Marquis, Christian Ouellet s'envolera vers l'Australie au cours des prochains jours. Là-bas, il pourra continuer à jouer du hockey durant la saison estivale en s'alignant avec le Thunder de Perth. Le Jeannois sera de retour dans la région vers la fin août, début septembre, à temps pour le camp annuel des Marquis.
« Je vais aller jouer avec Benjamin Breault qui jouait pour le Cool FM de Saint-Georges. C'est un petit trip que je m'offre. C'est un calibre semi-pro, un peu moins fort qu'ici. J'y vais pour profiter de l'expérience et du beau temps qu'il fait là-bas, explique-t-il. L'an dernier, cette équipe s'est rendue assez loin et en me signant cette année, ils ont dit que c'était pour aller jusqu'au bout. »
Gratton : « C'est tout un feeling »
Benoit Gratton a beau avoir célébré ses 40 ans plus tôt cette saison, il reste un modèle inspirant en tant que joueur dédié à la cause qui se donne toujours à 100 % lorsqu'il chausse les patins. Il a d'ailleurs partagé fièrement la conquête de la coupe Vertdure avec les partisans des Marquis présents au centre Mario-Gosselin en leur apportant l'imposant trophée près de la bande pour qu'ils puissent y toucher eux aussi.
À sa première saison avec les Marquis en 2015-16, Gratton avait pu célébrer le titre de champions de la saison régulière, mais les Jonquiérois avaient perdu en demi-finale. La conquête de cette coupe a-t-elle un cachet particulier pour lui ? « C'est certain que cette coupe a une signification particulière. Quand je suis revenu de l'Europe, dans ma tête, ma carrière était presque terminée et je voudrais remercier l'organisation de m'avoir donné la chance de pouvoir vivre cette expérience. C'est vraiment quelque chose de spécial. À mon âge, avec 20 ans de carrière, ça n'arrive pas souvent de se retrouver en finale et de terminer en vainqueur, alors c'est tout un feeling ! »
Sera-t-il de retour l'an prochain ? « Je ne sais pas. Aujourd'hui (samedi), je vous dirais peut-être, mais je vais laisser retomber la poussière avant de prendre une décision. Mais je ne dis pas non ! », a-t-il conclu avec un grand sourire.
Paiement: «Toujours aussi le fun de gagner»
Pilier défensif des Marquis depuis son arrivée en 2012-13, Jonathan Paiement fait aussi partie du noyau de joueurs à inscrire son nom pour une troisième fois sur la coupe des champions des séries.
« On dirait que chaque fois, elle est de plus en plus importante. C'est toujours un feeling différent, mais au bout de ligne, c'est toujours aussi le fun de gagner ! », résume le #25, qui a partagé sa joie avec tous ses coéquipiers et les partisans. Et même si les Marquis étaient grands favoris, cela ne signifie pas pour autant que la victoire est acquise.
« Il faut travailler quand même. On n'avait pas le choix », souligne-t-il, fier de l'équipe. Que peut-on lui souhaiter de plus après ces trois coupes ? « Une 4e (coupe gagnée) à Jonquière ? », a-t-il répliqué, en avouant qu'il est étonné de la présence d'autant de partisans s'être déplacés à Thetford. « Je ne m'attendais pas à autant de support. Je savais que les gens étaient de bons partisans à Jonquière, mais je suis vraiment surpris. Je m'attendais à une cinquantaine de personnes, mais pas à 300 », a conclu le vétéran défenseur qui a aussi pu célébrer en compagnie de ses proches, dont son père, et des amis.