Une mauvaise première coule les Marquis

Les Marquis de Jonquière ont oublié de se présenter en première au centre Lacroix-Dutil, permettant au Cool FM de se forger une avance suffisante pour soutirer une victoire de 3-2 devant un peu plus de 1000 spectateurs.

La rencontre a mal commencé pour les Marquis qui ont été littéralement étourdis par les Beaucerons en première. Ces derniers ont décoché 20 tirs vers Cédrick Desjardins, tandis que les Jonquiérois y allaient de seulement neuf lancers contre Adam Russo. Le cerbère des Marquis ne pouvait tout faire, si bien que les hôtes se sont forgé une avance de 3-0 avec les buts de Tommy Veilleux, Toby Lafrance et Patrick Lapostolle. Le réveil des Marquis est survenu en deuxième, alors que les hommes de Benoit Gratton sont parvenus à réduire l’écart à un seul but. Est-ce l’effet des combats entre Steven Oligny/Hubert Poulin et Danick Malouin/Mario Boillard Jr en début de médiane? Toujours est-il que Hugo Carpentier et Gabryel Paquin-Boudreau ont trouvé une façon de percer la muraille de Russo. Les Jonquiérois ont continué de menacer le gardien adverse en troisième (9-5), mais ce fut peine perdue.

«L’histoire du match s’est passée en première. On s’est creusé un trou de 3-0 et par la suite, on a joué du hockey de rattrapage. J’ai quand même aimé la façon dont on a joué nos deux dernières périodes. Ils ont dominé en première et on les a dominés en deuxième. En troisième, je dirais qu’on a joué une bonne période. On a eu beaucoup de chance de marquer, mais Russo a encore joué un bon match», a commenté le pilote des Marquis qui a dû composé avec l’absence de plusieurs réguliers.

Stefan Chaput, Jérémie Malouin, Juraj Kolnik, Simon Tremblay et Samuel Groulx étaient absents. Pas facile pour cimenter la chimie des trios. «C’est un peu l’histoire de notre saison et disons que ça commence à être un peu pesant de ne jamais avoir notre alignement complet. Depuis le début de l’année, on a essayé de ne pas utiliser cette excuse et ç’a bien fonctionné quand même», note Benoit Gratton qui a toutefois l’impression que la liste des absents se noircit presque toujours aussi vite que celle des retours au jeu.

Parlant de retour au jeu, la bonne nouvelle hier a été le retour dans l’alignement du robuste attaquant de Normandin, Philippe Paradis, et il sera présent ce soir, au Palais des sports. «Philippe a joué un très bon match, même si ça faisait longtemps qu’il n’avait pas joué. Il a été encore une fois solide avec la rondelle», a conclu l’entraîneur-chef.

Reste à espérer que les Marquis pourront venger leur honneur ce soir, à 19h30, au Palais des sports, alors qu’ils accueilleront les Beaucerons pour ce deuxième match de la série aller-retour.

Premiers échanges positifs pour une équipe de la LNAH à Roberval

Même s’il y a encore bien du chemin à parcourir avant de voir le centre Benoit-Levesque accueillir une équipe de la Ligue nord-américaine de hockey, l’idée suscite suffisamment d’intérêt auprès des autorités municipales de Roberval pour que les discussions se poursuivent avec le commissaire de la ligue, Richard Martel.

En entrevue téléphonique, le commissaire Martel se montre prudent, voulant éviter de créer des espoirs non fondés. «J’ai parlé ce matin (hier) avec le maire de Roberval (Sabin Côté) et le directeur du Service des loisirs (Carol Martel) et ce fut une très bonne discussion. Ils sont ouverts à la venue d’une équipe», a-t-il confirmé en précisant que les deux parties ont convenu de poursuivre les échanges sans s’imposer d’obligation de part et d’autre.

«Le processus est embryonnaire. Ils sont ouverts et ils vont faire leurs propres discussions. Ils étudient comme il faut le dossier et le cahier de charge de la ligue. On s’est laissé nos numéros de téléphone, mais on n’a pas fixé de dates. On ne les presse pas. Avec nos équipes (actuelles), on ne peut avoir aucune réponse avant mai (pour la saison suivante), alors on ne voit pas pourquoi on forcerait (Roberval) à nous répondre (rapidement)», fait valoir Richard Martel.

Marché viable

Par contre, ce dont est convaincu le commissaire de la LNAH, c’est que Roberval est un marché viable. «Premièrement, c’est un marché avec un nouvel amphithéâtre rénové et ça leur prend une équipe pour l’occuper. Dans la ligue, une équipe qui peut attirer 900 personnes est viable. À Roberval, il y a eu une rénovation de 8 millions $ et la capacité de l’aréna est de 1200 spectateurs. À Jonquière, la moyenne est de 1300 (cette année) et ça fonctionne; Saint-Georges l’est avec une moyenne de 900 spectateurs, Thetford, malgré une baisse, est viable avec 1000 spectateurs, alors pourquoi Roberval ne le serait pas?»

Selon le grand manitou du circuit senior semi-pro, la réalité de la ligue a changé. «Les équipes ne peuvent plus se budgéter en prévoyant une moyenne de 1500 spectateurs en saison régulière. Ça fait partie des discussions que nous avons eues et il faut baisser les dépenses de chaque organisation.» Le respect du plafond salarial fait partie des incontournables pour assurer la viabilité des équipes actuelles ou à venir. «Les équipes qui ne sont pas viables, c’est parce qu’elles ne respectent pas le plafond salarial, tranche Martel. La tricherie que quelques équipes ont faite par le passé les rattrape et elles connaissent un peu de difficultés. C’est plus difficile de respecter un plafond salarial quand tu ne l’as pas respecté durant certaines années et quand t’as donné de gros salaires. C’est pourquoi il y a des équipes qui souffrent et des équipes qui veulent du changement.»

Étiquette coriace

Pour le commissaire Martel, l’avenir de la ligue passe par une restructuration et l’ajout de nouvelles franchises. L’Ancienne-Lorette et Saint-Jean-sur-Richelieu font partie des sites potentiels. «Avec six clubs, ce ne sera pas viable à long terme. Ça prend d’autres franchises. Pour l’instant, le problème, c’est qu’on a des endroits, mais pas d’investisseurs. À L’Ancienne-Lorette, le propriétaire de l’aréna est très intéressé à avoir une équipe, mais il n’y a pas de groupe qui s’affiche.»

La LNAH a beau vouloir donner un coup de barre en misant sur du hockey de haut niveau, elle a du mal à se débarrasser de son image de ligue de ‘‘goons’’. «Les gens de Roberval sont prêts à regarder un projet de concession, mais pas si c’est la ligue d’il y a dix ans», affirme Richard Martel. 

«Les gens qui ne sont jamais venus à un match ne savent pas que la ligue a changé. Et si on va sur YouTube, on trouve les combats», déplore le commissaire qui serait en faveur d’un changement de nom si l’expansion se produit.