Richard Martel

Martel s'attend à une forte opposition

La finale de la Ligue nord-américaine qui s'amorce vendredi, au Palais des sports, entre les Marquis de Jonquière et l'Assurancia de Thetford s'annonce spectaculaire.
C'est du moins l'avis du grand manitou de la formation jonquiéroise, Richard Martel, qui s'attend à une forte opposition de la part des Thetfordois et leur entraîneur-chef Bobby Baril.
Les deux hommes se connaissent bien pour avoir travaillé ensemble au début des années 2000, alors que Richard Martel dirigeait le Drakkar de Baie-Comeau. Bobby Baril a d'abord oeuvré comme dépisteur pour l'organisation (mais il a commencé en 1996 pour le Drakkar) avant que Martel ne le prenne sous son aile comme adjoint.
Le tandem durera trois saisons (2000-03), jusqu'à ce que Martel décide de se concentrer uniquement sur son travail de directeur général de l'organisation de Baie-Comeau. Par la suite, Baril a quitté « pour voler de ses propres ailes ». Tous deux se ressemblent par leur façon de diriger avec émotions et intensité... même si tous deux affirment aussi qu'ils se sont assagis avec le temps. 
D'ailleurs, Richard Martel a beaucoup de respect pour leur prochain adversaire, avançant même que l'Assurancia sera « la meilleure équipe, le meilleur groupe qu'on aura à affronter » en séries. Martel rappelle que Thetford a toujours connu de bonnes saisons dans le circuit Godin, finissant toujours dans le top-3. Encore cette année, l'Assurancia a livré toute une bataille à Saint-Georges pour le 3e rang. La troupe de Bobby Baril s'est fait damer le pion par un point, mais elle a eu sa revanche en quart de finale en l'emportant en cinq matchs contre le Cool FM.
Les deux équipes se présentent d'ailleurs avec un total de 11 matchs joués avant la finale. Et Martel rappelle aussi que les deux clubs partagent comme similitudes la conquête à deux reprises du championnat des séries, en 2013 et en 2014 pour les Marquis, et en 2012 et en 2015 pour Thetford. Chaque formation a aussi un noyau de vétérans qui a vécu la conquête de la coupe. Cela dit, Richard Martel répète qu'à l'instar de la saison régulière et depuis le début des séries, ses joueurs et lui ne s'occupent pas de l'identité ou la fiche de leurs adversaires. « On se concentre sur notre objectif et les gars savent ce qu'ils ont à faire pour y parvenir », rappelle-t-il en entrevue téléphonique.
David contre Goliath...
Pour sa part, Bobby Baril ne croit pas que le fait qu'il connaisse Richard Martel aura une incidence sur la présente série. « Je connais Richard et sa façon de travailler. Par contre, il a des éléments entre les mains qui sont différents et il doit s'adapter à certaines situations. Il est différent de ce qu'il était à l'époque. Je me souviens d'un matin, à un camp d'entraînement où il y avait eu 32 combats juste en matinée. Maintenant, il prône la non violence. Alors il a changé c'est vrai », mentionne-t-il, sans doute un sourire à l'autre bout du fil. Lui aussi dit avoir changé. « J'étais plus extraverti, mais j'ai changé. On vieillit. Il faut s'adapter », rigole le coloré personnage.
Même si l'Assurancia a fini au 4e rang, elle se présentera à Jonquière sans complexe. « On a eu des blessures, des joueurs sont partis, on a fait une transaction, mais Thomas Beauregard est parti en Europe. Les saisons sont longues, mais quand on regarde le passé de Thetford, on termine pas mal toujours dans le top-3. Cette année, on a pris notre erre d'aller après les Fêtes », explique Bobby Baril.
Ce dernier ajoute qu'ils sont prêts à faire face à n'importe quel style de séries, qu'elles soient robustes ou plus stratégiques.
« C'est sûr que ce sera une série difficile. C'est le petit marché contre le gros marché, le gros ''payroll''. C'est un peu Kansas City contre les Yankees », image ce féru de baseball. « De toute façon, tu ne peux pas gagner le championnat si tu ne bats pas les meilleurs et Saguenay a fini premier. »
Comme Jonquière, Baril peut compter sur un noyau de vétérans qui ont remporté deux fois la coupe, en Sébastien Courcelles, Guillaume Létourneau et Gabriel Lemieux. « (Le gardien) Gabriel Girard était là en 2015 et il avait été nommé joueur le plus utile des séries. À cela s'ajoute des vétérans comme Bruno Saint-Jacques qui avait gagné avec Jonquière ; Jonathan Roy et Jean-Michel Daoust qui ont gagné en Europe, et de bons jeunes universitaires qui ont gagné avec les Patriotes. Quand on fait le tour, il y a beaucoup de bagues dans les doigts de notre chambre », a-t-il fait valoir.