LNAH: un calibre de plus en plus relevé

CHRONIQUE / Depuis ses débuts, la Ligue nord-américaine de hockey est regardée de haut par plusieurs observateurs. Pourtant, depuis quelques années, le calibre du circuit senior provincial s’est grandement amélioré avec l’arrivée d’un grand nombre de joueurs ayant un lourd bagage acquis dans les circuits professionnels en Amérique du Nord et en Europe.

Au début des années 2000, quand un joueur débarquait dans la LNAH avec de l’expérience professionnelle, c’était l’exception. Quelques joueurs avaient évolué dans la LHJMQ, mais bien peu avaient été réellement dominants. Maintenant, c’est la norme pour les joueurs d’avoir au minimum connu une bonne carrière dans la LHJMQ. Quelques joueurs du junior AAA réussissent à se faufiler, mais ils se font de plus en plus rares.

Depuis un mois, les Marquis ont ajouté Christian Ouellet, Alexandre Picard et Francis Verreault-Paul à leur alignement. Si Ouellet avait déjà disputé une saison en 2016-2017 qui s’était terminée par le championnat des séries, les deux autres découvrent la LNAH après de fructueux passages chez les pros. Picard a quand même disputé une cinquantaine de matchs dans la LNH après avoir été le 8e choix au total du repêchage de 2004. Oui, il n’a pas eu la carrière escomptée et les dollars qui vont avec, mais il demeure un excellent joueur qui aura un impact avec les Marquis. À ce trio, on peut également ajouter Yannick Riendeau, qui a mené les Voltigeurs de Drummondville vers les grands honneurs en 2009, amassant 126 points en saison régulière et 52 en seulement 19 rencontres en séries. Brillant dans les moments cruciaux, le gardien Cédrick Desjardins a quant à lui soulevé la précieuse coupe Memorial avec les Remparts de Québec en 2006.

Un petit regard rapide à l’alignement des Marquis permet de constater que plusieurs ont été repêchés par des formations de la Ligue nationale. Seulement avec l’organisation jonquiéroise, le défenseur Jonathan Diaby a été un choix de 3e ronde des Predators de Nashville, tout comme Danick Paquette. Jean-Simon Allard a pour sa part été sélectionné en 5e ronde par les Sabres de Buffalo, James Desmarais en 9e ronde par les Blues de St. Louis tandis que Gabryel Paquin-Boudreau a été repêché par les Sharks de San Jose en 2e ronde.

C’est la même situation avec toutes les équipes. Les dirigeants réussissent maintenant à attirer ces joueurs et ils n’ont pas le choix de le faire pour demeurer compétitifs. Les joueurs hésitent moins également à joindre les rangs de la LNAH qui a changé de visage et jouit maintenant d’une bien meilleure réputation. « J’avais quand même de grosses attentes. Malgré tout ce qu’on a entendu sur la LNAH, tout le monde me disait que c’était une bonne ligue. Comme de fait, quand je suis arrivé, j’ai trouvé que le calibre était très bon », a dit Mathieu Brisebois, résumant certainement la pensée de plusieurs joueurs lors d’une entrevue, la semaine dernière, lui qui fait sa marque avec sa nouvelle équipe avec une récolte déjà très intéressante de 25 points en 20 rencontres. Le plus gros casse-tête se situe maintenant au niveau des entraînements, lesquels se font trop rares pour plusieurs équipes, dont les Marquis. Ça se ressent particulièrement lors des premières rencontres de la fin de semaine et sur les unités spéciales. Mais ce sera toujours impossible de faire des entraînements à Jonquière avec des joueurs qui demeurent à Gatineau. Pour la majorité, le hockey ne représente pas le revenu principal.

L’ancien commissaire Richard Martel avait raison quand il affirmait haut et fort, au cours de son mandat, que les dirigeants de la LNAH devaient changer la culture et que l’avenir passait par le talent au sein de leurs rangs plutôt que les bagarres et la violence. À long terme, cette stratégie sera gagnante et juste à voir la couverture médiatique autour des signatures de Picard et Verreault-Paul, ce sera beaucoup payant pour la visibilité de la ligue, ce qui n’empêche pas l’élément physique, ce qui rejoint encore les amateurs. La réputation, c’est une roue qui tourne après tout !