Les Éperviers remportent la coupe Vertdure

Malgré les encouragements d’une impressionnante foule de 2865 spectateurs au Palais des sports, les Marquis de Jonquière n’ont pas été en mesure de renverser la vapeur face aux Éperviers de Sorel-Tracy qui avait pris les devants 3-2 dans la série finale. Les Sorelois, champions en titre, ont défendu avec succès leur couronne en s’imposant 4-1.

En soulevant la coupe Vertdure pour une deuxième année d’affilée, ils joignent le club sélect de la Ligue nord-américaine de hockey qui a réussi l’exploit, soit les Marquis de Jonquière (2013 et 2014) et les Chiefs de Laval (2002 et 2003).

Même si le résultat final n’a pas été celui escompté, force est d’admettre que les Jonquiérois ont chèrement vendu leur peau. 

En première, les mauvaises pénalités ont encore une fois fini par être coûteuses aux troupes de Benoit Gratton. Sorel a profité  d’un jeu de puissance pour s’inscrire au pointage sur un lancer de Louis Mandeville avec moins de sept minutes à faire en première, lorsque Desjardins n’a pas été en mesure d’immobiliser la rondelle.

Les visiteurs ont doublé leur avance en début de deuxième lorsque le rapide Charles Tremblay a pris de vitesse Spiro Goulakos pour ensuite déjouer Desjardins d’un tir parfait. Confrontés à l’hermétique défensive des Éperviers, les Marquis ont tout fait en deuxième pour réussir à marquer. Puis, avec 3mn15 à faire, leurs efforts ont finalement porté fruit quand Yannick Riendeau a eu le dernier mot sur Marc-Antoine Gélinas. Jonathan Oligny et Vincent Richer ont récolté une passe sur la séquence.

En troisième, les Marquis avaient le diable au corps et ils ont tout tenté pour percer la muraille défensive soreloise, en vain. Avec 4mn23 au match, Antony Courcelles a décoché un premier tir pour s’emparer de son propre retour et marquer. Avec moins de trois minutes à faire, Tommy Tremblay a enfoncé un dernier clou en marquant dans un filet désert. Le match étant hors de portée, certains joueurs en ont profité pour régler les comptes, dont Danick Malouin qui n’avait pas digéré le coup de hache impuni décoché par Adam Leblanc-Bourque jeudi, à Sorel. Un furieux combat!

Gratton fier des siens

Après la rencontre, l’entraîneur-chef des Marquis Benoit Gratton a réitéré sa fierté de diriger un groupe de guerriers qui ont tout donné. «On a tout donné et on a épuisé toute l’énergie qu’on avait en dedans de nous. Le résultat n’est pas celui qu’on aurait voulu, mais on n’a jamais lâché. On a vécu l’adversité toute l’année. Notre parcours a été assez difficile, avec des hauts et des bas et nous sommes encore là. On a été la dernière équipe à jouer et on a failli forcer un 7e match, donc même si on n’a pas accompli ce qu’on voulait faire, gagner la coupe, on n’est vraiment pas loin».

Rappelons que Jonquière a pris le chemin le plus long pour parvenir à la finale. Éliminés en cinq matchs en quart de finale contre Sorel, les Marquis ont successivement battu Rivière-du-Loup dans la ronde de repêchage (2-1) pour ensuite vaincre les champions de la saison, l’Assurancia de Thetford, en sept matchs. De retour contre Sorel en finale, les deux équipes ont chacune gagné leur match à la maison durant les deux premiers week-ends avant que Sorel gagne les deux derniers.

«Nous avons joué 21 matchs dans les séries et on en a joué 38 dans la saison. Oui, on a pris le chemin le plus long, on n’a pas eu le résultat voulu, mais ce fut un beau parcours. Ç’a été plaisant jusqu’au bout», affirme Benoit Gratton qui laissera retomber la poussière avant de prendre une décision quant à son avenir avec les Marquis.

«On a cru malgré tout en nos moyens et on a été capables d’accomplir des choses que beaucoup d’experts n’auraient pas cru possible. Ça prouve que l’important, c’est de croire en nous en tant qu’équipe, en tant que coéquipiers. Avec ça on peut aller loin!»

Les sceptiques confondus

Pour le grand manitou des Éperviers, Christian Deschênes, ses troupiers ont su confondre les sceptiques. «À Noël, il n’y a pas grand-monde qui nous voyait là (champions des séries), mais je savais qu’il y avait des joueurs qui allaient revenir. Des gars de caractère qui ont du coeur. Je croyais à mon groupe et ils ne pouvaient pas me le rendre de plus belle façon que celle dont ils viennent de le faire», a-t-il commenté après la traditionnelle poignée de main.

Une mission qui ne fut pas facile contre des rivaux coriaces comme les Marquis. «C’est sûr que le nombre de matchs que les Marquis ont joué a laissé énormément de traces. Il fallait en profiter. J’ai utilisé quatre trios pendant toute la série pour essayer d’user leurs batteries et je pense que le fait d’avoir plus de profondeur et plus de joueurs a fini par tourner à notre avantage», a-t-il résumé.

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EN BREF

- Le DG des Marquis, Marc Boivin, est lui aussi satisfait de l’équipe, même s’il aurait préféré que la formation jonquiéroise soulève la coupe pour une quatrième fois de son histoire.«Qu’on se soit rendu là, c’était un peu au-delà de nos espérances». Cela dit, il va prendre un peu de temps pour digérer la défaite et se remettre au travail en vue de la prochaine saison...

- Très bel hommage à un ancien joueur des Marquis, François Gagnon (2008-11) qui a eu droit à une belle ovation. L’organisation lui a remis un chandail avec son nom et le #74 et il a procédé à la mise au jeu protocolaire…

- L’animateur du matin à CKAJ, André Deschênes, a mis de l’ambiance lors de son interprétation de l’hymne national en incitant les gens à agiter la serviette blanche qui leur a été remise à l’entrée. Ça a fait un bel effet...

- Deux jets de flammes ont salué l’entrée en scène des joueurs des Marquis, le tout couronné par un retentissant coup de canon. Une salve de coups de canon a aussi souligné la fin de la série…