La LNAH annule à son tour ses séries

Ce n’était qu’une question de temps, mais les nouvelles directives gouvernementales ont forcé les dirigeants de la Ligue nord-américaine de hockey (LNAH) à mettre fin à ses activités de la saison 2019-20. Bien que les séries de la coupe Vertdure soient une source de revenus importante pour les équipes, elles n’auront pas lieu. Une conférence téléphonique des propriétaires est programmée pour le 30 mars prochain afin de préparer la suite des différents dossiers.

Évidemment, toutes les formations et les dirigeants de la LNAH sont forts déçus de devoir prendre cette décision alors que les séries devaient s’amorcer, mais la santé publique a actuellement priorité, précise-t-on dans un communiqué.

Une dernière tuile

Pour l’entraîneur-chef et directeur général des Marquis de Jonquière, Bob Desjardins, cette première année à la barre de l’équipe n’aura pas été facile. À peu près toutes les malchances qui peuvent survenir durant une saison lui sont arrivées. L’infirmerie n’a presque pas dérougi de la saison, un défenseur de premier plan comme Mathieu Brodeur a quitté en milieu de saison et, pour finir, une blessure a frappé le gardien Cédrick Desjardins dans la dernière fin de semaine d’activité. En prime, la surréaliste fin prématurée des activités en raison d’une pandémie mondiale ! Difficile d’imaginer pire scénario pour lui et le nouveau groupe de gens d’affaires qui se sont lancés dans l’aventure.

En entrevue téléphonique, Bob Desjardins avoue que l’annulation des séries vient en quelque sorte boucler la boucle. « C’est sûr que nous avons eu beaucoup d’embûches et que ce n’était peut-être pas la situation idéale. Mais on disait tout le temps que l’important, c’était d’être prêts pour les séries et de faire le plus long bout de chemin possible. Je pense qu’on était prêts et que malgré toutes les blessures qu’on a eues, on avait confiance de battre Laval au premier tour. Malheureusement, on n’aura pas la chance de le prouver. C’est plate parce que les séries, c’est un peu le “nanane” des joueurs, mais aussi des fans et de l’organisation », énonce-t-il.

« Pour ma part, au niveau hockey, c’est une autre bûche qui nous tombe dessus et il faut apprendre à vivre avec ça. Il faut tourner la page et je suis déjà à préparer la saison prochaine. »

Le pilote des Marquis aura d’ailleurs bien du temps pour préparer le prochain repêchage qui, il l’espère, pourra être tenu comme prévu. Mais encore là, difficile de connaître le dénouement de la situation actuelle. « J’ai parlé avec Alexandre (Villeneuve, recruteur-chef) qui travaillait certains dossiers, mais présentement, pas mal tout est sur pause », ajoute celui qui croise les doigts pour que la situation prenne le bon bord rapidement.

Pour l’instant, tous les joueurs semblent intéressés à être de retour l’an prochain. « Le repêchage va se faire au courant de l’été. On a la fin mai, début juin pour se préparer au repêchage. Mais on va attendre les développements au niveau de la pandémie. On est à la merci de cela, mais j’espère que ça ne se rendra pas jusque-là (juin). »

La LNAH fera-t-elle comme la LHJMQ ? Se tournera-t-elle vers les programmes gouvernementaux pour voir comment les équipes pourraient être compensées ? Dans cette ligue, une partie importante des revenus proviennent des séries. Les Marquis ont la chance d’avoir les meilleures assistances du circuit, mais ils misaient aussi sur les séries. Cela dit, tous les joueurs ont tous été payés pour les matchs joués et il leur reste à avoir leur cessation d’emploi au cours des prochaines semaines, a indiqué Bob Desjardins.

Lion en cage

D’autre part, l’entraîneur-chef et DG des Marquis avoue qu’il trouve le temps long, même s’il sait bien qu’il n’est pas le seul à se sentir comme un lion en cage.

« Je n’ai pas grand-chose à faire et je ne peux pas y faire grand-chose ! Ça fait 11 jours, depuis le 13 mars, que tout est arrêté au niveau de mes trois équipes de hockey, juvénile, junior et senior. Le sport en général, c’est ce que je fais dans la vie. Je ne suis pas un gars manuel. Un marteau, je laisse ça aux autres parce que je ne suis pas habile avec ça. Ce n’est pas ma tasse de thé. Moi, je fais du hockey et du sport et, comme je ne peux pas en faire, je tourne en rond. On n’a pas le choix, mais je trouve ça extrêmement difficile, ce qu’on vit. Je pense d’ailleurs que tout le Québec trouve ça difficile. Je me compte toutefois chanceux parce qu’il n’y a pas de personne de malade dans mon entourage », se console Bob Desjardins.

Ce dernier avoue qu’au départ, il ne pensait pas que le coronavirus allait prendre autant d’ampleur et que les gouvernements prendraient des mesures aussi radicales. « Je n’aurais jamais pensé vivre ça une fois dans ma vie, mais on le vit et on doit s’ajuster », de philosopher le sympathique entraîneur.