Marianne St-Gelais est en paix avec sa décision de prendre sa retraite du patinage de vitesse courte piste.

Marianne St-Gelais prend le temps de se retrouver

MONTRÉAL — Après plus de dix ans sur le circuit de la Coupe du monde, Marianne St-Gelais compte prendre les prochains mois pour se retrouver.

La patineuse de vitesse sur courte piste, double médaillée d’argent aux Jeux olympiques de Vancouver en 2010, a déjà annoncé il y a quelques semaines qu’elle se retirait de la compétition. C’est toutefois mercredi soir, entourée de sa famille et de ses amis, que la fin de sa carrière sportive a été officialisée.

Plus que jamais, St-Gelais est en paix avec sa décision. «Ça fait déjà quelques semaines que je vis la vie de retraitée. Il n’y a pas beaucoup de changements depuis que je l’ai annoncé. Mais ça rend les choses un peu plus fébriles. Le fait de le faire sous forme de 5 à 7, avec des gens près de moi, ça allège la grande annonce.

«Je ne regrette absolument pas le fait de prendre ma retraite. Si j’ai parfois des doutes, c’est que je m’ennuie de la gang, de l’équipe. De les côtoyer au quotidien. Je me rends compte que j’ai vraiment besoin de ça, [...] mais ce ne serait pas une bonne raison pour reprendre l’entraînement. C’est la bonne décision pour moi d’être retraitée. J’aurais pu faire une autre saison, mais ça n’aurait servi qu’à repousser cette décision au lieu de sauter les deux pieds dedans.»

St-Gelais, qui a ajouté une médaille d’argent aux JO de Sotchi, l’avoue : ce deuil, elle prévoyait le vivre à deux, avec Charles Hamelin, son conjoint des dernières années. Mais voilà qu’au retour de PeyongChang, l’un des couples les plus en vue au Québec a surpris tout le monde en annonçant leur rupture.

«C’est vrai que ça fait beaucoup de changements, de finalités qui surviennent en même temps. Parfois, dans la vie, il faut passer par des moments plus difficiles pour ressortir plus forte, gagnante de tout ça. C’est arrivé comme ça. Mais ces décisions-là ne sont pas liées. Je tiens à le préciser, car des gens pensent que j’avais besoin de changement et que j’ai flushé toute ma vie! Ce n’est pas ça du tout! Je n’avais pas prévu faire ces deux transitions en même temps. Mais je suis bien entourée.

«C’est un gros changement, ça demande beaucoup d’adaptation. C’est difficile de trouver le positif de tout ça présentement, mais il y en aura : il y en a toujours eu dans ma carrière.»

Au Nicaragua sac au dos

Afin de faire une pause, l’énergique femme de 28 ans quittera la semaine prochaine pour le Nicaragua, où elle ira rejoindre des amis. Un voyage sans horaire, sans itinéraire, avec pour bagages seulement son sac à dos. La seule chose qu’elle sait, c’est qu’elle reviendra au pays le 18 juin. «J’ai vraiment besoin de me retrouver seule, de décrocher, d’autant plus avec tout ce qui s’est passé au cours des dernières semaines. Ça va me faire du bien de me retrouver avec moi-même.»

Elle tenait d’ailleurs à faire une coupure franche avec sa vie d’athlète. En avril, elle est partie en voyage avec sa famille «afin de vivre autre chose que le stress des compétitions avec eux».

À son retour, elle entreprendra sa nouvelle carrière, qu’elle souhaite dans les médias. Elle a déjà goûté au métier, alors qu’elle a œeuvré comme chroniqueuse à l’émission Entrée principale, sur les ondes de Radio-Canada au cours des derniers mois.

«J’ai la chance d’avoir un pied dans les médias, mais je ne connais qu’une facette de ce métier», précise-t-elle. «J’ai vraiment envie d’aller explorer ailleurs et de voir autre chose un peu. Ça me plaît beaucoup et j’ai retrouvé quelque chose qui me passionne et qui me donne le goût de me dépasser, comme le sport l’a fait pendant une bonne partie de ma vie.»

S’il le faut, elle retournera même sur les bancs d’école. «Ça n’a jamais été une barrière du tout. S’il faut que j’aille me perfectionner, je le ferai.»

Le Lac-Saint-Jean attendra

Cette deuxième carrière devrait la garder à Montréal encore quelques années, ce qui repoussera plus loin son désir de retourner s’établir à Saint-Félicien, qu’elle a quitté à l’âge de 17 ans. Mais ce rêve n’est pas abandonné pour autant.

«Ça a toujours été l’envers de la médaille de ma carrière : ma famille a toujours été loin de moi. En ce moment, c’est difficile : mon après-carrière va assurément se bâtir à Montréal. Mais je pense qu’il sera possible, en fonction des choix que j’aurai faits, de bâtir ma vie en région aussi. J’aimerais ça terminer mes jours au Lac-Saint-Jean. C’est clairement l’endroit où je suis le mieux!»