Malgré qu’elle était inactive depuis trois ans, Manon Bordeleau a su tirer son épingle du jeu alors qu’elle a été invitée à jouer avec une équipe de rugby, elle qui assistait plutôt à la compétition comme spectatrice, à Marseille.

Manon Bordeleau, vice-championne d’Europe de rugby par hasard

La coordonnatrice de l’équipe de rugby de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), Manon Bordeleau, est vice-championne d’Europe de beach rugby par hasard. L’ancienne joueuse de rugby pour le Rouge et Or de l’Université Laval a participé à deux étapes de la Coupe d’Europe alors qu’elle assistait à l’événement de Marseille.

En visite chez son bon ami Lucas Coldefy, avec qui elle avait démarré le programme de rugby de l’UQAC, Manon Bordeleau a décidé d’aller voir des matchs de la 3e étape de la European beach rugby association (ERBA) à Marseille en sa compagnie, mais son séjour de spectatrice a rapidement pris une autre tournure.

« Je prenais une bière dans les estrades et mon ami Lucas, qui vient de Marseille, est pire que ma grand-mère ; il parle à tout le monde. Il disait qu’on avait démarré une équipe de rugby ensemble au Canada. Il manquait une joueuse avec l’équipe de Porto. Je me suis fait demander pour jouer avec l’équipe », raconte Manon Bordeleau.

Il s’agissait d’une première en beach rugby pour elle. « Nous avons joué contre l’équipe nationale de Russie. C’était du très bon calibre et je n’avais jamais joué au rugby avec plaquage sur le sable. Je ne connaissais aucune fille et elles parlaient portugais, je ne comprenais rien », ajoute-t-elle en riant. Depuis la fin de sa carrière universitaire il y a trois ans, elle n’avait fait qu’un seul tournoi, en avril dernier.

Elle estime avoir tout même bien joué compte tenu des circonstances. « Je suis satisfaite. J’avais trop profité de la bonne cuisine française et du vin abordable les semaines avant. Je n’étais pas en forme et la chaleur, plus le sable, c’est vraiment différent », explique-t-elle.

Ce n’était que le début

Ses performances comme joueuse invitée ne sont pas passées inaperçues, « Après le tournoi, l’équipe de Marseille est venue me voir pour me dire qu’il leur manquait des joueuses pour la 5e et dernière étape à Figueira, au Portugal. » Elle a accepté et s’est donc dirigée vers le Portugal, quelques jours plus tard.

Encore une fois, elle a fait bonne figure alors que sa nouvelle équipe a terminé 3e du tournoi, mais également au second rang du classement cumulatif, faisant d’elle une vice-championne d’Europe. Comme le hasard fait bien les choses, c’est l’équipe de Porto, sa première équipe, qui a remporté les grands honneurs. Elle a donc joué pour les équipes en première et deuxième position. Lors de la dernière rencontre, c’est elle qui a marqué l’unique essai contre Porto, dans une défaite de 3 à 1.

Après ce parcours atypique, ses nouvelles coéquipières ont tenté de la recruter en vue de la saison de l’année prochaine. « Je me suis fait demander pour jouer avec l’équipe de Marseille l’an prochain pour toutes les étapes. J’aimerais y retourner, mais mieux préparée et en sachant à quoi m’attendre au niveau physique et cardiovasculaire. »

Son expérience en Europe lui a redonné le goût du jeu. « C’est certain que ça donne le goût de rejouer, mais l’un de mes objectifs à court terme est de créer une équipe féminine de rugby à l’UQAC, parce qu’avoir le goût de rejouer sans équipe au Saguenay, c’est un peu difficile », avoue celle qui souhaite une percée de son sport dans la région.

« J’aimerais que d’autres filles puissent avoir l’opportunité de découvrir ce sport », ajoute Manon Bordeleau. Une quinzaine de filles auraient signifié leur intérêt pour jouer au rugby à l’UQAC.

L’an prochain, elle aimerait faire une équipe de retrouvailles de rugby de l’UQAC, afin de les faire participer à l’étape de Marseille. « Plusieurs joueurs ayant évolué pour l’équipe sont proches de cette ville maintenant, ce serait plaisant de les revoir jouer ensemble », conclut la nouvelle vice-championne d’Europe.