«Malchance», affirme Bradette

Jour noir en courte piste pour le Canada, qui a non seulement vu la vice-championne olympique sur 500m, Marianne Saint-Gelais rater la finale pour conclure au 7e rang, mais aussi l'équipe masculine du relais, champion olympique en titre, tenu à l'écart du podium pour la première fois depuis 1994.
Membre de l'équipe nationale de développement, la Félicinoise Kasandra Bradette a partagé ce triste matin en compagnie des autres membres de Patinage de vitesse Canada rassemblés à la salle VIP de l'aréna Maurice-Richard. À l'instar des autres, Bradette a constaté la déception de Saint-Gelais qui aspirait aux grands honneurs, encore plus en l'absence de la reine de la distance, Wang Meng. Mais le déroulement de la course ne lui a pas laissé grand marge de manoeuvre, convient Bradette, qui a analysé la course à notre demande. «Elle a joué un peu de malchance aussi. Elle a fini 2e de sa vague (en quart de finale) et avait le moins bon temps, ce qui lui a valu de partir 4e sur la ligne. T'as beau avoir un bon départ, si les autres en ont un aussi, t'es coincée en arrière. En plus, la Coréenne a ''volé'' le départ, ce qui l'a avantagée. Les juges ne l'ont pas vue, mais elle a initié le départ. Ç'a avantagé les autres près d'elle et Marianne a été la dernière à réagir sur la ligue», mentionne Bradette qui est aussi une spécialiste du 500m.
Selon elle, Marianne a bien essayé, mais ça n'a pas porté fruits. «Elle rentrait large, mais c'était quasiment impossible (de se faufiler) parce que les deux autres était tellement collées. Il y a eu une porte ouverte pour la Hollandaise qui est entrée et il y a eu un petit accrochage. Marianne a repassé, mais il était trop tard parce qu'elle avait perdu sa vitesse et n'a pu s'essayer à la ligne finale», analyse-t-elle.
Moins combative
Pour ce qui est de la finale B, Bradette a eu l'impression que Marianne n'avait pas le même désir de vaincre. «C'est sûr qu'elle était dévastée (de ne pas être en finale A). Je m'avance peut-être un peu, mais on voyait qu'elle était un peu moins combative pour la finale B. Marianne a le feu dans les yeux normalement et là, j'ai eu l'impression que ça lui tentait moins. C'est un peu compréhensible un peu quand t'as eu une médaille d'argent et que t'espérais une médaille d'or», note la Félicinoise. À son avis, Marianne sera en mesure de tourner la page et de se reprendre puisqu'elle court le 1000m et le 1500m. «Elle est bonne aussi au 1000m. Elle va essayer de se faire un nom sur cette distance, ce qu'elle n'avait pu faire à Vancouver parce qu'il avait mis Jessica Gregg à sa place», a-t-elle indiqué.
Valérie Maltais
Même si elle s'est beaucoup améliorée sur cette distance, la Baieriveraine Valérie Maltais a vu son parcours prendre fin en quart de finale au sein d'une vague relevée. «Val avait quand même un bon départ, mais au lieu de juste couper à l'intérieur, elle a ouvert beaucoup et a perdu de la vitesse», avance Bradette. Maltais a été devancée par la Chinoise Li Jianrou (médaillée d'or) qui l'a coiffée de peu à l'arrivée et par l'Italienne Arianna Fontana (médaillée d'argent) qui a gagné la vague. La troisième Canadienne en piste, Jessica Hewitt (Colombie-Britannique) était troisième durant sa course lorsqu'elle a chuté en quart de finale.