En 2016, Lysanne Richard avait pris la deuxième place au classement général du circuit Red Bull.

Lysanne Richard, de retour et ambitieuse

Maintenant qu’une grave blessure au cou est derrière elle, la plongeuse de haut vol originaire du Saguenay, Lysanne Richard, déborde de confiance en vue de la prochaine saison, qui débutera au Texas au début du mois de juin.

Lysanne Richard a été forcée de faire l’impasse sur la saison 2017 au complet en raison d’une hernie discale cervicale avec compression du nerf en plus d’être un mois au repos forcé. La blessure s’est manifestée après un plongeon en Autriche lors d’un camp d’entraînement tout juste avant le début de la saison. « Ç’a été une bonne épreuve. J’ai été arrêtée pendant huit mois. Enfin, ça va recommencer », exprime Lysanne Richard lors d’une entrevue téléphonique la semaine dernière. Elle précise que la blessure aurait pu se manifester à n’importe quel moment. Elle avait déjà des douleurs, en raison de sa carrière d’acrobate au Cirque du Soleil, ce qui ne l’empêchait pas de poursuivre la compétition jusqu’à ce plongeon. « Ce n’est pas tant une blessure de plongeon, mais plus une blessure d’usure », explique-t-elle. 

Lysanne Richard a ensuite dû entreprendre un long programme de réadaptation. Elle avait notamment des problèmes de mouvement dans le bras droit en raison de problèmes de connexions. Physiothérapie, ostéopathie, acuponcture, injections, exercices ainsi qu’une procédure complexe à Montréal, l’ont pleinement remise sur pied. Une imagerie à résonnance magnétique a même confirmé que la hernie s’était complètement résorbée, ce qui est plutôt inhabituel. 

De retour graduellement à l’entraînement depuis quelques semaines, Lysanne Richard mentionne avoir modifié son approche et fait beaucoup moins de plongeons à chaque séance, mais plus d’entraînement complémentaire. « J’ai l’impression que cette blessure est arrivée pour qu’on réévalue notre façon de travailler. Veut veut pas, mon corps a de l’usure. J’ai 36 ans et j’ai fait de l’acrobatie toute ma vie. Il faut que je travaille différemment que si j’avais 20 ans, reconnaît la Saguenéenne. Même si j’ai fait beaucoup moins d’entraînement directement lié à mon sport, étant donné la blessure, je suis plus performante qu’avant. Je me suis tellement bien préparé autrement que ça va super bien. Ça regarde vraiment bien pour la saison. 

En raison de sa deuxième place au classement Red Bull en 2016, Lysanne Richard a pu garder sa place comme l’une des six plongeuses régulières pour la saison 2018. La règle prévoit qu’en cas de blessure, un athlète qui a terminé dans le top-3 l’année précédente ne peut perdre sa place. Elle avait également été couronnée sur le circuit de la Coupe du monde de la Fédération internationale de natation (FINA). 

« Je me suis tellement ennuyée de faire ce sport-là qu’avant tout, je veux être dans le plaisir », souligne l’athlète qui demeure à Montréal depuis plusieurs années, disant également s’être ennuyée de voyager avec les sites enchanteurs des compétitions.

« C’est sûr que je veux faire la saison de manière sécuritaire. En même temps, quand on regarde comment ça se passe depuis que j’ai recommencé, je suis meilleure qu’avant. C’est vraiment bon signe. Ça donne envie de penser à la victoire », d’annoncer celle qui tentera de détrôner la championne en titre des deux dernières années, Rhiannan Iffland. 

« On dirait que je reviens plus posée, plus calme quand je suis en haut. Ma concentration est plus optimale. Même si je n’ai plus accès à autant de quantité, je donne une meilleure qualité dans ce que je fais. Je pense que je suis prête pour une bonne saison, estime Lysanne Richard. Si on se fie à mon pourcentage de réussite depuis mon retour à l’entraînement au 17 mètres, je suis vraiment très constante. Je ne manque vraiment pas souvent. J’ai quasiment réussi tout ce que j’ai fait à un point d’avoir de très bonnes notes. »

Après une pause d’une saison en raison d’une blessure au cou, Lysanne Richard a de fortes ambitions pour la prochaine saison de plongeon de haut vol.

Une nouvelle infrastructure intérieure à Montréal

Le centre sportif du Parc olympique de Montréal est maintenant doté d’une infrastructure qui permettra au plongeon de haut vol de progresser non seulement au Québec, mais également à travers le monde. 

Quand elle a débuté la compétition en 2016, Lysanne Richard a entamé parallèlement des démarches afin de rendre accessible la plateforme de 17 mètres déjà existante. L’installation était extrêmement difficile d’accès et le centre sportif devait même être fermé pour qu’elle ait le droit de plonger, souvent le dimanche soir, ce qui rendait également difficile le recrutement d’un entraîneur. La plateforme a d’abord été agrandie puis dernièrement, une ligne de vie a été installée ce qui permet maintenant d’y accéder quand le Parc olympique est ouvert. La situation permet donc aux utilisateurs de découvrir le sport. Plusieurs personnes ont assisté à une démonstration en fin de semaine dernière dans le cadre d’un camp d’entraînement auquel participaient plusieurs athlètes de haut niveau, mais également deux nouveaux plongeurs canadiens, un homme et une femme de l’ouest du pays. « Je me sens investie pour que ce sport soit plus accessible et plus connu. Ce qui a été fait avec le Stade olympique, c’est vraiment génial », lance Lysanne Gagnon avec enthousiasme. 

« C’est génial, pas seulement pour moi, mais pour tous les plongeurs de haut vol de la planète. Ça devient un lieu convoité. Les gens vont vouloir venir s’entraîner ici parce que c’est à l’intérieur », fait-elle valoir, précisant que d’autres endroits pour l’entraînement existent, notamment en Autriche et en Angleterre, mais sur des sites extérieurs, qui dépendent donc des conditions météorologiques.

Pour la mère de trois enfants, cette nouvelle installation permet également de diminuer grandement les coûts. « C’est certain que je n’en fais pas tant que ça. Étant donné que je ne peux pas en faire beaucoup à la fois, c’est vraiment utile d’avoir accès plus facilement. Au total de l’année, je vais peut-être en arriver à en faire autant, même si j’en fais beaucoup moins chaque fois. » 

Plongeon de haut vol en bref

• 2 circuits, FINA (2 épreuves) et Red Bull (5 épreuves pour les femmes, 7 pour les hommes)

• Pour la FINA, les plongeons sont de 20 mètres. Sur le circuit Red Bull, la hauteur des tremplins, installés sur des sites naturels, est variable et peut également changer en cours de journée en raison des marées. 

• Sur le circuit féminin, six plongeuses régulières pour toute la saison et quatre invités à chaque compétition. 

• Lysanne Richard est également analyste des compétitions au réseau TVA Sports. 

• Résultats de Lysanne Richard en 2016 : Championne FINA et 2e Red Bull.