Lysanne Richard a tenté tous les plongeons de son répertoire lors du premier rendez-vous de la saison sur le circuit mondial de plongeon haut vol Red Bull, au Texas. «J’ai placé mes pions pour le reste de la saison», d’indiquer l’athlète originaire du Saguenay.

Lysanne Richard de retour en force

À son retour à la compétition, après une absence de près de deux ans, la Saguenéenne Lysanne Richard a montré qu’elle n’avait rien perdu et qu’elle pouvait toujours rivaliser avec l’élite mondiale du plongeon haut vol. Elle a même pu espérer une place sur le podium, mais a finalement pris la 5e position sur les dix compétitrices lors de la première épreuve du circuit international Red Bull.

«C’est sûr que je suis un peu déçue parce que je visais le podium. C’était réaliste. À l’entraînement, on avait constaté que ça allait très bien. On aurait pu avoir le podium. En même temps, j’étais en troisième position avant le dernier plongeon, ce qui était représentatif de ma compétition», résume Lysanne Richard, en entrevue téléphonique.

Lysanne Richard a tenté tous les plongeons de son répertoire lors du premier rendez-vous de la saison sur le circuit mondial de plongeon haut vol Red Bull, au Texas. «J’ai placé mes pions pour le reste de la saison», d’indiquer l’athlète originaire du Saguenay.

Après trois des quatre plongeons notés, Lysanne Richard a pris un «risque assumé» en tentant le plongeon le plus difficile de la finale, un triple avant avec une vrille et demie. «Si j’avais voulu jouer ‘‘safe’’, j’aurais fait une vrille de moins. J’aurais eu huit et j’aurais été sur le podium. En même temps, si je veux gagner cette saison, il faut que je fasse ce plongeon pour une note de huit ou neuf, comme je l’ai déjà fait avant. Pour qu’il soit rendu à ce stade, j’ai besoin d’en faire quelques répétitions», explique celle qui a fait 12 plongeons lors de sa première fin de semaine d’action sur la plateforme de 21 mètres, après avoir soigné une importante blessure au cou lors des derniers mois.

«Avec un retour de blessure, je ne pouvais pas en faire 20 lors du premier week-end. Je devais être certaine que mon corps le tolérerait, rappelle-t-elle. Ça aurait été capoté de remporter cette compétition. C’était pas mal optimiste. Être 3e, c’était quand même réaliste. Sur le long terme, comme je suis bien placée au classement mondial, c’était quand même correct de perdre deux positions, mais d’exécuter une fois de plus mon plongeon le plus difficile.

À sa première compétition en près de deux ans, Lysanne Richard a pris la cinquième place de la compétition inaugurale du circuit mondial Red Bull, au Texas. Elle était surtout très heureuse de retrouver «sa gang».

«C’est la différence avec le plongeon régulier. Lors d’une compétition, les athlètes vont faire 80 plongeons à l’entraînement, avec énormément de répétitions pour chaque plongeon. Dans mon cas, j’avais fait mon plongeon le plus difficile deux fois en deux ans. Je ne pouvais pas m’attendre à recevoir des neuf comme avant, même si je l’avais souhaité. Ce sera pour la prochaine compétition», raconte Lysanne Richard.

«J’ai placé mes pions pour le reste de la saison», d’informer l’athlète saguenéenne qui demeure maintenant à Montréal.

«Maintenant, ces plongeons sont libérés de mon esprit. Je sais sur quoi travailler pour avoir les notes que je souhaite pour la prochaine compétition. Je suis pas mal plus avancée que si j’avais joué de prudence avec des mouvements faciles. J’aurais peut-être terminé troisième, mais pour ma progression personnelle, on est rendu beaucoup plus loin en ayant décidé de tout faire, partage-t-elle. Dans le fond, c’est là où on devait être pour débuter la saison. Maintenant, on est prêts à monter les échelons pour avoir une bonne fin de saison.»

Bien accueillie
Après une pause aussi longue, le retour à la compétition a fait le plus grand bien à Lysanne Richard. «Ce sont mes amis. Je m’étais ennuyée de ma gang. Je m’étais ennuyée de tout le monde. En plus, j’ai été super bien accueillie. C’est un petit milieu. Même les juges sont proches de nous. Je me suis vraiment senti la bienvenue. C’était une belle victoire aussi d’être de retour parce que mon physio pensait que je ne replongerais jamais. Juste d’être de retour et de finir dans la première moitié, avec les meilleures au monde, après deux ans sans compétition, c’est quand même une réussite», de témoigner la seule Canadienne, qui a terminé tout juste derrière la championne en titre, l’Australienne Rhiannan Iffland. La Mexicaine Adriana Jimenez s’est imposée lors de ce premier rendez-vous, alors que la Britannique Jessica Macauley, invitée pour l’événement, a causé la surprise de la journée avec la deuxième position.

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UN MOIS DE REPOS, MAIS DES PROJETS

Lysanne Richard n’a pas d’autres compétitions à son horaire avant la mi-juillet, mais a tout de même un horaire bien chargé. 

La semaine prochaine, à l’arrivée du Grand Défi Pierre Lavoie, elle fera partie d’un spectacle de plongeon afin de récompenser les participants. Elle sera également visible à d’autres moments puisqu’elle s’entraînera à la piscine extérieure du parc Jean-Drapeau de Montréal, maintenant dotée d’une plateforme réglementaire de haut vol. 

Elle sait également sur quels aspects travailler, alors qu’elle tentera d’augmenter le volume de plongeons autant que possible. «C’est capoté, parce que je vais avoir une plateforme à 22 mètres pour m’entraîner. J’avais déjà la chance d’avoir celle à 17 mètres à l’intérieur au parc olympique, ce qui est génial, parce que malgré les intempéries, on est certain de pouvoir s’entraîner. Mais c’est bien d’en avoir une à la hauteur réelle de la compétition», explique Lysanne Richard, précisant que les conditions extérieures ressemblent également à celles des compétitions, notamment pour le vent et surtout pour le soleil. 

«Ça m’a surpris. Je ne me rappelais plus que le soleil m’aveuglait», mentionne la Saguenéenne, estimant que cette nouvelle infrastructure permettra encore une fois d’offrir de la visibilité à son sport, alors que le parc Jean-Drapeau est très fréquenté pendant la période estivale.

«La plateforme est dans le bassin de plongeon. On voit clairement la différence entre le plongeon haut vol et le plongeon régulier. Physiquement, on voit qu’elle est deux fois plus haute. Je pense que ça va permettre aux gens de connaître plus le plongeon haut vol», estime Lysanne Richard, qui rêve de faire une démonstration pour les gens de sa région natale, dans le fjord du Saguenay. Elle caresse même l’idée de sauter d’un hélicoptère afin de rendre le tout encore plus spectaculaire. 

La prochaine compétition féminine aura lieu le 14 juillet à San Miguel, au Mexique. Une épreuve réservée aux hommes se déroulera à la fin juin. Sur deux sites du circuit international, la plateforme est jugée trop haute (plus de 25 mètres) pour permettre aux femmes de plonger en toute sécurité.