Il n'y aura pas de club de la Ligue nord-américaine de hockey au Centre Benoît-Lévesque de Roberval.

LNAH: Roberval passe son tour

Après avoir bien pesé les pour et les contre, le groupe d’investisseurs et la municipalité de Roberval ont renoncé à investir dans l’acquisition d’une concession de la Ligue nord-américaine de hockey (LNAH).

Directeur du service des loisirs de Roberval, Carol Martel a expliqué que les trois investisseurs et la municipalité ont eu beau regarder le budget sous toutes ses coutures, le risque financier était trop important pour tenter le coup.

« La semaine passée, on s’était réunis et on a regardé les chiffres, mais le budget aurait été trop serré pour avoir la tête hors de l’eau et avoir de l’agrément. » 

Est-ce que la municipalité met une croix définitive sur le projet ? 

« Ça prendrait un gros revirement pour relancer le projet dans le futur, car il nous manquait tout près de 100 000 $ au budget pour avoir l’esprit tranquille. On a regardé différentes possibilités. On sait qu’il y aurait eu du monde dans l’aréna et que ça aurait été tout le temps plein. Peut-être même qu’il ne nous en aurait manqué pas tant que ça au bout du compte, mais le risque était trop grand », a indiqué Carol Martel.

Processus sérieux

M. Martel estime que le groupe a bien travaillé et qu’il a fait ses devoirs avec rigueur. 

« On ne s’attendait pas à se voir offrir une équipe. C’est arrivé par l’entremise du commissaire Richard Martel et on a analysé sérieusement le dossier. On a fait nos recherches, on a trouvé des investisseurs et on a mis les chiffres sur la table. Ça aurait été facile de dire dès le départ qu’on ne faisait pas l’exercice. (...) On est content du processus qu’on a suivi. La décision aurait dû être rendue vendredi dernier, mais on s’est donné la fin de semaine pour regarder (les chiffres) chacun de notre bord. Malheureusement, le constat a été le même mardi matin. Quand c’est le temps de faire un petit coup, ça ne marche pas si les coffres sont vides. »

Interrogé sur la composition du groupe, M. Martel a indiqué qu’il s’agissait de « gens très bien connus à Roberval. C’était un bon groupe (qui se complétait bien parce que) chacun avait des compétences dans différents domaines. (...) Les (investisseurs) ne voulaient pas se mettre riches avec ça, mais ils voulaient avoir du plaisir. »

Quant à la population, il a perçu un intérêt pour un club de la LNAH, mêlé de scepticisme. « Les gens estimaient que c’était un trop petit marché, mais ce qui revenait surtout, c’est qu’il n’y avait pas d’équipe (déjà formée). »

La Ligue déçue

Le DG de la LNAH, Gilles Rousseau, s’est évidemment dit déçu du retrait de Roberval du projet d’expansion. 

« On fondait beaucoup d’espoir sur eux parce que les négociations allaient quand même bien. Il y avait des gens intéressés, mais le manque de commanditaires faisait en sorte qu’ils n’étaient pas en mesure d’aller chercher assez d’argent. »

Pour sa part, Marc Boivin, copropriétaire des Marquis de Jonquière, comprend aussi la situation et estime que le groupe de Roberval a pris la bonne décision dans les circonstances. «Dans un sens, c’est quasiment un mal pour un bien», convient-il.

Ce vétéran du circuit semi-pro trouve plus sage qu’un groupe passe son tour plutôt que de se lancer sans avoir les reins assez solides financièrement pour assurer sa présence durant toute la saison et les séries. 

Carol Martel, directeur du service des loisirs de Roberval, a indiqué que le groupe d’investisseurs, dont faisait partie la municipalité, a renoncé à faire l’acquisition d’une équipe de la Ligue nord-américaine de hockey. Le risque financier a été jugé trop important.

La LNAH accorde un délai jusqu'au 18 juin

Malgré le retrait de Roberval dans le projet d’expansion de la LNAH, le directeur général Gilles Rousseau a bon espoir de démarrer la prochaine saison avec six équipes. Toutefois, le bureau de direction de la ligue et les propriétaires ont convenu d’accorder un délai jusqu’au 18 juin aux villes qui ont amorcé des démarches pour obtenir une concession afin de faire part de leur décision.   

Joint mardi soir après la réunion des propriétaires tenue en soirée, M. Rousseau a indiqué que « les dossiers sont toujours en cours et nous nous sommes donné jusqu’au 18 juin pour finaliser tout cela. C’est là qu’on va voir si ça passe ou ça casse. Car si nous n’obtenons pas de réponses, c’est sûr qu’à cinq équipes, ça ne marchera pas. Ça en prend six », a-t-il résumé.

La réunion a permis de faire le point sur les démarches entreprises par des groupes d’investisseurs à Berlin (New Hampshire, É.U.) et à Laval. Dans le dossier de Berlin, les démarches auprès des investisseurs ont été amorcées par Christian Deschênes (Sorel-Tracy) et ce dernier a fait le point sur la progression du dossier. D’autres dossiers sont encore en processus. 

« À Trois-Rivières, même s’ils semblent avoir lancé la serviette, il se fait encore du travail pour trouver un investisseur », mentionne M. Rousseau.

Quant au retrait de Roberval, le DG de la Ligue a indiqué que les autres propriétaires du circuit étaient déçus, mais ils comprennent la situation. Enfin, la réunion de mardi a également permis de rencontrer les trois candidats au poste de commissaire. 

« On a eu trois bonnes entrevues, mais on a convenu d’attendre puisque ça ne donne rien d’engager un commissaire tant qu’on n’a pas six équipes », fait valoir le DG, qui souhaite toutefois que le dossier de l’expansion se règle rapidement afin de permettre aux dirigeants des équipes de lancer la vente de billets de saison, la recherche de commandites, etc.