Au cours des 9 dernières années, Lino Tremblay a parcouru le Canada et les États-Unis d’un océan à l’autre, par étapes, lors d’expédition à vélo en solitaire. Le 29 juin, il traversera l’Atlantique pour amorcer un périple de 3000 km en Norvège, de Oslo à Cap Nord.

Lino Tremblay se lance dans un nouveau périple

Au cours des neuf dernières années, Lino Tremblay a parcouru le Canada et les États-Unis à vélo : un périple de près de 34 000 kilomètres d’un océan à l’autre, effectués au cours de 13 voyages, toujours en solitaire. Le Baieriverain de 44 ans entame maintenant un nouveau chapitre de ses expéditions à vélo, puisque le 29 juin, il s’envolera vers la Norvège pour une nouvelle aventure de près de 3000 kilomètres en trois semaines, entre Oslo et Cap Nord, le point le plus au nord de l’Europe.

Pour réaliser ce nouveau projet en Scandinavie, Lino Tremblay a modifié sa préparation, conscient de l’ampleur du défi en raison du relief montagneux. « Je me suis fait un tableau où j’ai calculé le dénivelé entre des points à tous les 40-50 km, pour ne pas me faire surprendre. Parce qu’un 50 km au lac Saint-Jean et un 50 km entre Baie-Saint-Paul et Ferland-et-Boilleau, ce n’est pas la même chose. En gros, c’est comme si j’allais me promener pendant trois semaines entre Saint-Siméon, Ferland-et-Boilleau et Baie-Saint-Paul », image-t-il. « En comparaison, la portion entre Laterrière et l’Étape, ça donne environ 12,7 mètres de dénivelé par kilomètre (1211m/95 km = 12,7 m/km). Là-bas, ça peut monter jusqu’à 23 mètres par kilomètre. Ce ne sont pas toujours de longues pentes, mais avec mon vélo qui est quand même lourd - environ 80 à 90 livres avec les bagages avec la bouffe et l’eau- , c’est là que ça va faire une différence dans les côtes. Ce sera très lent. »

L’avantage sera toutefois la longueur des journées d’ensoleillement, puisqu’à ce point du globe (71 degrés de latitude nord), il pourra pédaler jusqu’à 22 h avant que la nuit ne tombe.

Le plus difficile
Outre les importants dénivelés, le cyclotouriste a prévu des vêtements plus chauds qu’à l’habitude. « Là où je vais, c’est presque à la hauteur de la moitié du Groenland ! Je ne pense pas aller plus au nord que cela dans le reste de ma vie, du moins pas en vélo ! Je serai donc obligé de traîner plus de vêtements qu’à l’habitude. Je me suis traîné des cuissards longs, des gants complets et plus de vêtements à superposer. En moyenne, il devrait faire autour de 13 à 15 degrés Celsius », indique celui qui travaille comme bibliothécaire à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

« C’est l’un de mes plus difficiles périples jusqu’à maintenant, avoue-t-il. En Alaska, ça avait été difficile, parce qu’en plus, j’avais attrapé une bonne grippe. Là c’est vraiment le dénivelé de façon intense qui va faire la différence. »

Pour réaliser ce défi, le Saguenéen a modifié son entraînement en nombre d’heures, mais aussi en commençant plus tôt, en novembre au lieu de janvier. « Mes dernières années étaient bonnes, mais sans éclat. Je voyais que j’étais en train de plafonner, alors j’ai changé ma façon de m’entraîner et j’ai ajouté du Crossfit. En cyclisme, l’entraînement musculaire a été mal vu pendant très longtemps parce que ça nous rajoute un peu de poids, mais la puissance acquise va compenser. Je suis aussi capable de fournir un effort plus soutenu pendant plus longtemps. Je suis vraiment content d’avoir commencé ça parce que c’est bien d’avoir une bonne musculature. Ça va me rapporter dans d’autres sphères de ma vie, même au bureau. »

Malgré une grippe et un printemps tardif, Lino Tremblay est heureux d’avoir pu atteindre le niveau de forme escompté pour s’attaquer au relief de fjords. « Je suis content parce que j’ai longtemps douté, mais je suis maintenant au point où je voulais être à cette date-ci. Mais cela n’a pas été sans sacrifice », convient-il.

Concernant son trajet dans un décor complètement différent, le Baieriverain a choisi de ne pas passer par la route panoramique. « Ça m’aurait rallongé beaucoup avec les traversiers. Je vais prendre la route à l’intérieur des terres. Ce sera moins pire pour les vents et j’aurai moins de traversiers à prendre », mentionne-t-il.

Grâce à l’expérience acquise au fil des années, Lino Tremblay a confiance de boucler son périple en trois semaines, pour ensuite rouler quelque 500 kilomètres en Finlande pour séjourner chez des amis. « J’ai un assez bon coussin pour les imprévus, même si je prévois le faire en trois semaines. Et si ça me prend plus de temps, je passerai trois jours chez mes amis au lieu d’une semaine », a-t-il conclu.