Mission accomplie pour le Saguenéen Lino Tremblay qui a traversé les quatre États qui manquaient à son palmarès pour compléter sa traversée des États-Unis à vélo. Il avait fait la même chose au Canada, dans le cadre d'un projet amorcé en 2008. On le voit ici à Washington, où il en a profité pour visiter, entre autres, la Mecque des bibliothécaires, la Bibliothèque du Congrès.

Lino Tremblay complète son périple

La boucle est bouclée pour Lino Tremblay. Le Baieriverain vient de compléter son tour de l'Amérique du Nord à vélo. Parti le 24 juin, le Saguenéen a sillonné dans les délais qu'il s'était fixés les quatre États qui manquaient à son palmarès, soit l'Arkansas, le Kentucky, le Tennessee et la Virginie-Occidentale.
Pour le cyclotouriste, cette dernière boucle de près de 2000 kilomètres n'était pas très difficile comparée à certains de ses périples précédents. « J'avais prévu 10 jours, mais ça en a pris 9. J'ai eu un peu de vents de face, mais par la suite j'ai été chanceux », raconte-t-il. De fait, son voyage avait un peu mal commencé puisque son vélo lui a été livré de l'aéroport peu avant minuit, alors qu'il était arrivé à destination en début d'après-midi. Côté mécanique, il estime avoir été plutôt épargné. Il a seulement eu à changer deux rayons de ses roues. « J'ai fait mes deux premiers voyages en 2009 avec un vélo de montagne modifié et par la suite, je me suis acheté un vrai vélo de cyclotourisme que j'ai toujours amélioré chaque année. Il est rendu à peu près indestructible et confortable avec tout ce que j'ai changé », souligne celui qui peut se vanter d'avoir roulé 6000 km sans faire de crevaison, malgré les conditions de chaussée pas toujours évidentes !
Le cycliste est aussi heureux d'avoir augmenté son kilométrage quotidien. « J'ai fait 204 kilomètres de moyenne par jour. Je n'avais jamais une aussi bonne moyenne, souligne le bibliothécaire à l'Université du Québec à Chicoutimi. La différence, c'est que je me lève avec le soleil et que je profite de toutes les heures d'ensoleillement. Je ne roule pas plus vite, mais plus longtemps ! », fait valoir celui qui fait la promotion du sport non seulement comme un plus pour la santé physique, mais aussi pour la santé mentale.
Au fil des États parcourus, Lino Tremblay a eu un coup de coeur pour les pistes cyclables de Washington. « C'est vraiment fait pour entrer et sortir à vélo. Les pistes cyclables sont extraordinaires. C'est vraiment un plaisir de rouler là-bas ! C'est une ville vraiment intéressante et propre », assure-t-il. 
La Virginie occidentale fait aussi partie de ses belles découvertes en raison de ses nombreuses forêts et montagnes et le faible trafic. « Sans le vouloir, j'ai préparé un voyage intéressant. Il était court, mais j'avais un échantillon de tout. En Arkansas, c'est juste des champs. Le Tennessee, c'est assez rural, mais il y a de grosses villes et des collines et des forêts. Le Kentucky est un peu plus riche, avec un peu plus de forêts. Et en Virginie-Occidentale, c'est des montagnes et juste de la forêt. C'est comme un énorme Ferland-Boilleau, avec des routes un peu plus belles et d'assez bonnes côtes. Ç'a vraiment été un État intéressant. À un moment donné, je me suis retrouvé dans un parc entre deux routes où il n'y avait qu'une voie toute asphaltée qui longeait une rivière où des gens pêchaient et campaient. Il n'y avait pas de circulation de véhicules. »
Le Saguenéen a aussi été ravi de constater la courtoisie des automobilistes dans les régions visitées. Même au Kentucky et en Virginie-Occidentale où il n'y a pas d'accotement, il se sentait en sécurité. « Ça me marque à chaque fois. Même en montant une côte, ils attendaient derrière moi ! Pour eux, ça semblait normal ; il ne leur viendrait pas à l'idée d'essayer de nous dépasser. C'est aussi normal que d'arrêter à un feu rouge, raconte-t-il. J'ai eu quelques exceptions, mais ici, disons que c'est plutôt l'inverse. »
Cap sur l'Europe
Le Saguenéen a aussi constaté que le deuil de son projet des 9 dernières années était moins difficile à faire qu'anticipé. « Je suis soulagé et je me dis que je peux aller ailleurs parce qu'il y a d'autres choses que je veux voir. Ce qui m'intéresse, c'est de repousser la limite vers le nord », explique celui qui aura roulé près de 34 000 kilomètres au cours de ses 13 voyages en Amérique du Nord. L'Europe l'intéresse. « Le plus haut que je suis allé, c'est à Yellowknife. Helsinki (en Finlande) doit être environ à la même hauteur, mais moi, je veux aller jusqu'en haut de la Norvège. Ce sera peut-être pour l'an prochain ! »
Enfin, même s'il a atteint son objectif initial, Lino Tremblay aimerait bien compléter son tour du Canada en se rendant au Nunavut. Le seul territoire qui manque à son tableau. « J'aimerais aller au Nunavut un jour, que ce soit à vélo ou autre. Mais le prix des billets d'avion n'a aucun sens. Ça me coûterait moins cher d'aller à Tokyo ! Mais je vais quand même regarder les possibilités. J'aimerais y aller pour pouvoir dire que j'ai visité tous les territoires », explique-t-il. Bref, les idées ne manquent pas pour celui qui est devenu un cyclotouriste aguerri !