Le commissaire de la Ligue de hockey senior du Lac au Fleuve, Mathieu Caron, a concocté un plan de relance qui comprend trois scénarios potentiels.
Le commissaire de la Ligue de hockey senior du Lac au Fleuve, Mathieu Caron, a concocté un plan de relance qui comprend trois scénarios potentiels.

LHSLF: la viabilité des équipes avant tout

La Ligue de hockey senior du Lac au Fleuve (LHSLF) ne reprendra pas ses activités si elle doit tenir des matchs à huis clos. Les trois scénarios proposés dans le plan de relance pour la reprise des activités la saison prochaine ont tous été préparés en fonction d’une assistance dans les gradins et l’abandon de certaines mesures sanitaires, afin que le retour au jeu soit viable tant pour les équipes que pour la ligue.

Concocté par le commissaire Mathieu Caron et adopté à l’unanimité, le plan rejette toute possibilité de jouer à huis clos ou encore de recourir à la webdiffusion parce qu’ils sont non rentables.

«Le fait de ne pas accueillir de spectateurs lors des matchs de hockey signifie une perte entre 2000 $ et 7000 $ de revenus par match», écrit le commissaire. «Ces revenus sont indispensables pour les organisations afin d’acquitter les frais opérationnels d’un match de hockey. Pour réaliser ce scénario, chaque organisation devra trouver des commanditaires à la hauteur de 50 000 $ pour couvrir les frais d’opération.» Un objectif quasi irréalisable, surtout dans un contexte où plusieurs entreprises ont encaissé durement les contrecoups de la pandémie.

Quant à la webdiffusion, on prévoit atteindre entre 25 et 35 % de la clientèle du circuit. «À 35 % de la clientèle, les revenus pourraient varier de 700 $ à 2450 $, ce qui est très peu pour une organisation.» De plus, les frais d’opération vont augmenter puisque les équipes devront investir dans de l’équipement pour être en mesure d’assurer une qualité de webdiffusion.

L’idéal: janvier 2021

Pour les trois autres options sur la table, il faudra au préalable avoir obtenu la permission d’organiser des événements avec plus de 250 personnes présentes, d’avoir le droit de pratiquer des sports de contact dans des arénas et de ne plus avoir à respecter le deux mètres de distance.

À l’instar des autres circuits de hockey (LHJMQ et LNAH), le premier scénario propose une saison débutant en octobre, avec un calendrier de 16 à 20 parties, suivi de séries éliminatoires. Le hic, c’est le recrutement de commanditaires qui risque d’être beaucoup plus ardu, ainsi que le spectre d’une deuxième vague du coronavirus à l’automne.

La deuxième option est celle qui serait l’idéale dans le contexte actuel, soit une saison qui s’amorce en janvier 2021. Le calendrier serait de 8 à 10 parties suivi de séries éliminatoires, ce qui permettrait de réduire les coûts et les cotisations des équipes de moitié. De plus, ils croient que l’appui de commanditaires serait plus facile à trouver. Le désavantage : si les autres ligues débutent en octobre, la clientèle habituelle ne sera peut-être pas toute au rendez-vous.

En entrevue téléphonique, Mathieu Caron a bon espoir d’une reprise en octobre, tout comme les commissaires Gilles Courteau de la Ligue de hockey junior majeur du Québec et Renaud Lefort de la Ligue nord-américaine de hockey d’ailleurs. Mais l’économie devra être au rendez-vous. «Si l’économie peut se rétablir suffisamment pour que les équipes n’aient pas de difficultés à se trouver des commanditaires, ce serait le scénario parfait. Mais on ouvre quand même la porte à faire une demi-saison cette année pour justement laisser plus de temps aux équipes qui auraient un peu plus de difficultés à trouver des commanditaires, nuance le commissaire Caron. On se croise les doigts et si on commence en octobre, ce sera en octobre, sinon ce sera en janvier. Les gouverneurs sont en accord avec ces deux scénarios.»

La dernière alternative, c’est l’annulation de la saison 2020-21, mais elle comporte des risques pour l’avenir de la ligue. «Ce scénario n’est pas l’idéal, mais il devra être évalué si nous n’obtenons pas les autorisations nécessaires», écrit-il. Une année sabbatique peut aussi avoir le bon côté d’offrir aux organisations le temps de se structurer pour un meilleur départ en 2021-22.

«Pour qu’un match soit rentable une fois les frais d’arénas, les arbitres et les frais administratifs payés, une organisation doit faire au moins de 1000 $ à 1200 $ de revenus, explique le commissaire. Une équipe doit quasiment avoir 10 000 $ pour couvrir ses frais d’opération locaux (10 matchs). En moyenne, on a roulé entre 200 et 400 personnes dans les arénas et le coût du billet varie de 8 $ à 10 $. Les clubs ne font pas ça pour l’argent.»

Évidemment, la ligue préférerait ne pas avoir à hausser le prix d’admission afin de garder les billets accessibles. La Ligue a reporté la tenue de son assemblée générale annuelle en août afin de faire le point sur la situation et voir vers quoi ça se dirige. «Mais s’il n’y a pas de développement en août, on va la reporter. Actuellement, tous les scénarios sont étudiés et toutes les équipes travaillent à la préparation de leurs plans ainsi qu’à la recherche de commanditaires. Après, on va voir comment ça s’enligne.»