Une imposante affiche, réalisée par l’agence Polka, a été placée sur un mur près des vestiaires.

L’hommage ultime pour Dean Bergeron

Reconnu pour ses exploits sportifs et personnels au cours de sa carrière, l’hommage qu’a reçu Dean Bergeron, mercredi soir, l’a ébranlé. La glace Dean Bergeron a officiellement été inaugurée au Centre Jean-Claude Tremblay, là où tout a commencé il y a plus de 40 ans.

La cérémonie a eu lieu avant le match inaugural du Challenge midget AAA, opposant les Flyers de Moncton aux Élites de Jonquière. De nombreux invités étaient sur place, dont la femme de Dean Bergeron, Sofia Akande, et leur fille Liya-Rose. Le premier à avoir lancé l’idée, l’animateur de la station de radio KYK 95,7, Mark Dickey, était aussi présent.

Une imposante affiche, réalisée par l’agence Polka et placée sur un mur près des vestiaires, a été dévoilée aux spectateurs. Les estrades étaient d’ailleurs remplies à pleine capacité pour l’occasion.

« Chaque fois que je me retrouve à nouveau sur une glace, je perds un peu mes mots parce que je revis beaucoup d’émotions, a partagé Dean Bergeron. Ce qui est spécial, c’est de revoir tous ces gens qui étaient là il y a 40 ans et qui sont encore là aujourd’hui. »

Michel Simard (Élites), Éric Simard, président d’arrondissement, Dean Bergeron, son épouse Sofia Akande et leur fille Liya-Rose

Admis au Panthéon des sports du Québec, au temple de la renommée de Parasports Québec et décoré de 11 médailles à travers quatre Jeux paralympiques en course en fauteuil roulant, Dean Bergeron a été honoré à maintes reprises au cours de sa vie. Sauf que la récompense de mercredi soir, chez lui, avait une signification particulière.

« C’est extrêmement spécial parce que je reçois cet honneur et je le partage avec les gens qui ont construit ma carrière sportive, a souligné l’homme de 49 ans. Ç’a commencé ici quand j’avais quatre ans et que j’essayais d’apprendre à patiner. D’avoir tous ces gens-là près de moi, c’est une façon de renouer avec mon enfance et de reprendre contact avec des gens qui ont transformé ma vie. »

La vie de Dean Bergeron a basculé en 1987, pendant le camp d’entraînement des Cataractes de Shawinigan. Le jeune hockeyeur fait une mauvaise lors d’une échauffourée au cours d’un match simulé. Il perd l’usage de ses jambes. L’histoire qu’il a écrite depuis démontre toute la force mentale et physique qui l’habitait à l’époque. Cette flamme n’a jamais cessé de brûler.

« Quand on joue midget AAA, on rêve d’être repêché, de jouer dans la Ligue nationale et on se met une pression incroyable, mais ce qui est important dans tout ça et c’est ce que j’ai dit aux joueurs, c’est de profiter au maximum de chaque moment qu’ils ont sur la glace, a indiqué M. Bergeron. Vous pratiquez le plus beau sport au monde. Si on ne prend pas du recul pour en profiter, notre carrière peut virer du jour au lendemain. Ce que je regrette de ma carrière de hockeyeur, c’est que j’aurais d’abord aimé la poursuivre plus longtemps, mais j’aurais aimé avoir la maturité pour me dire que j’étais privilégié de vivre ça. »

Un tel changement drastique dans la vie d’un jeune homme de 18 ans comporte sans contredit son lot de regrets, mais Dean Bergeron a toujours continué à repousser les limites.

« Si mon histoire peut inspirer d’autres gens, qu’ils soient en fauteuil ou debout, a-t-il lancé. C’est un rêve d’athlète que je vivais au hockey, mais qui a pris fin abruptement, qui s’est reconstruit de façon complètement différente. Toutes les victoires que j’ai eues en parcourant le monde, c’est un peu comme “scorer” un gros but. »