Michel Dufour et Jean-Pierre Girard (à l’avant) se sont faits porte-parole des utilisateurs de la piscine du Cégep de Chicoutimi pour presser la municipalité d’appuyer le projet de construction de nouvelles infrastructures présenté conjointement par le Cégep de Chicoutimi et l’Université du Québec à Chicoutimi.

Les usagers sonnent l’alarme et pressent les élus municipaux d’agir

Pour les utilisateurs de la piscine du Cégep de Chicoutimi, le temps presse dans le dossier de construction d’une nouvelle piscine pour remplacer celle qui est en fin de vie. Se faisant porte-parole des utilisateurs et organismes qui fréquentent cet « endroit mythique », Michel Dufour a lancé un cri du coeur, vendredi matin, pour presser les élus de Saguenay de se rallier au projet présenté conjointement par le Cégep de Chicoutimi et l’Université du Québec à Chicoutimi.

Digne successeur du légendaire Robert Cossette dans le monde de la natation et de la nage en eau libre, M. Dufour a convoqué les médias pour sonner l’alarme dans l’espoir d’inciter la municipalité à appuyer le projet de remplacement de cette infrastructure construite en 1969, dont la fin de vie est prévue d’ici deux ou trois ans maximum.

« C’est la piscine la plus utilisée au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les activités de la piscine commencent à 6 h le matin jusqu’à 22 h 30 le soir. C’est donc une utilisation de l’infrastructure importante au niveau des enfants, de l’aquaforme, des nageurs sport-études, des maîtres nageurs, etc. C’est un outil essentiel pour les nageurs ainsi que les triathlètes qui se sont rajoutés au cours des dernières années », a-t-il plaidé.

« Le Cégep de Chicoutimi et l’UQAC se sont mis ensemble pour réaliser un projet et ils ont demandé l’appui de la municipalité. Malheureusement, la municipalité, pour des raisons qu’on ne comprend pas, ne veut pas appuyer le projet, déplore-t-il. Pour nous, c’est important de dire à ces gens qu’il y a 7000 utilisateurs de la piscine par année. On doit avoir un appui essentiel de la part du conseil municipal », poursuit-il en soulignant que la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, « est convaincue du projet » et l’appuie.

M. Dufour et d’autres utilisateurs des installations souhaitent rencontrer les élus municipaux pour « les convaincre du bien-fondé du projet et les amener à changer (leur) décision » pour que le projet s’enclenche le plus rapidement possible.

Incompréhension

Journaliste à la retraite, féru de natation et utilisateur régulier de la piscine du Cégep de Chicoutimi, Jean-Pierre Girard a joint sa voix à celui de M. Dufour.

« Notre crainte, c’est d’arriver et que la piscine soit fermée. Ça fait quelques années que le Cégep nous dit que la piscine est sur sa fin de vie et qu’on n’a pas de solution de rechange. Actuellement, on en a une. Le Cégep et l’UQAC ont un beau projet sur la table. À l’UQAC, ça comblerait une lacune parce qu’une université sans piscine, je n’en connais pas beaucoup. Il y a un beau projet sur la table et il faut prendre le train pendant qu’il passe. Il y a des complexes aquatiques qui ont été inaugurés à Lévis, à Rimouski il n’y a pas longtemps, à Mascouche, Gatineau, etc. Il y en a partout. Le train passe et les gouvernements sont prêts à financer, alors c’est le temps d’y aller et d’embarquer parce que demain, il sera trop tard », fait valoir M. Girard, qui souligne qu’il n’est pas dans les habitudes des usagers de la piscine de faire une sortie dans les médias.

Pour M. Dufour, la construction de nouveaux bassins aquatiques est essentielle et surtout, elle n’empêche pas les autres projets de suivre leurs cours. À ses yeux, la solution se trouve dans le Programme d’aide financière aux infrastructures récréatives et sportives (PAFIRS), mais il faut l’appui de la municipalité.

« Le cégep et l’université ont fait leur travail. Ils ont présenté un projet de 25 M $ et ils ont ramené les coûts à 15 M $, mais ç’a été une fin de non-recevoir de la part de nos élus municipaux. (...) Le centre aquatique est une infrastructure essentielle. Notre position, c’est de dire qu’on appuie le cégep et l’UQAC et qu’on veut que le conseil municipal embarque dans le projet. »

D’autre part, M. Dufour s’interroge sur l’intérêt de la municipalité d’aller de l’avant avec deux projets de piscines extérieures de quartier, alors que le besoin d’un centre aquatique devrait être priorisé. « Les piscines extérieures de quartier, c’est utilisé 30 jours par année (...) Pour l’investissement qu’on veut en faire, on est mieux d’aller vers une infrastructure accessible 12 mois par année », fait valoir M. Dufour.

Rappelons que ce ne serait pas la première fois que la municipalité investirait dans des installations de piscine appartenant à un cégep. En 2017, Saguenay avait contribué à hauteur de 800 000 $ pour les travaux de réfection de près de 2 millions $ effectués à la piscine du Cégep de Jonquière et ses installations. Le Cégep de Jonquière y avait investi une somme à peu près équivalente et le Club de natation de Jonquière (CNJO) avait aussi contribué pour l’acquisition du nouveau tableau indicateur et des plateformes de départ.

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SAGUENAY ET CHICOUTIMI PEAUFINENT LE PROJET ENSEMBLE

La Ville de Saguenay est favorable au projet de construction d’installations aquatiques mené conjointement par le Cégep de Chicoutimi et l’UQAC, mais des modifications devront être apportées.

Dans un communiqué émis vendredi, on précise que la mairesse de Saguenay, Josée Néron, et le directeur général du Cégep de Chicoutimi, André Gobeil, « ont convenu que le projet de construction d’une piscine est important, mais qu’il doit être encore travaillé et analysé ».

Consciente que la durée de vie de la piscine du Cégep de Chicoutimi achève, la municipalité entend travailler de concert avec les dirigeants de l’établissement et avec Pierre Lavoie pour faire avancer ce projet.

Porte-parole des usagers de la piscine, Michel Dufour espère que ce ne sont pas que des mots pour calmer le jeu, car le temps presse. « Je suis heureux de voir que la municipalité travaille avec le Cégep, mais ce que je veux, c’est qu’ils agissent rapidement. Et jusqu’à maintenant, ça ne me donne pas cette impression », nuance-t-il lorsqu’informé du communiqué de la municipalité.