Les entraîneurs des Couguars du Cégep de Chicoutimi en basketball féminin, Jean-Michel Bergeron et Marilyn Girard, qui entourent les membres de l’édition 2018-19, reviennent très satisfaits d’un premier tournoi disputé à New York en fin de semaine dernière. La première cohorte résultant de la fusion par genre des cégeps de Chicoutimi et de Jonquière augure bien pour le reste de la saison.

Les retombées positives d’une fusion

La fusion des clubs de basketball collégial féminin du Saguenay sous les couleurs des Couguars du Cégep de Chicoutimi n’en est peut-être qu’à ses premiers pas, mais déjà, ses artisans sont à même de constater des retombées positives à bien des égards.

Coentraîneur-chef du programme féminin, Philippe Hurtubise constate déjà les bienfaits de la nouvelle structure. «Si l’on avait maintenu encore un programme féminin dans chacun des deux établissements, ç’a aurait été la mort des deux clubs à petit feu. Le statu quo était la pire chose qui pouvait se produire. Nous sommes donc partis de deux clubs régionaux qui n’auraient pas fait les séries à un seul qui, à partir de janvier, va pouvoir compétitionner pour être dans le top-5 de la province», fait valoir le pilote de l’équipe féminine.

L’objectif de ce projet commun entre les deux collèges vise à faire en sorte que chaque athlète soit dans le bon niveau de jeu. «À Jonquière, le volet masculin comptait suffisamment d’athlètes pour faire deux équipes. Avec un total de 29 joueurs, 14 joueurs évoluent en division 2 et 15 en division 3. Les premières années sont en division 3 et ils vont avoir espoir de monter en division 2. Si l’ancienne formule avait été maintenue, on aurait été condamné à rester dans le même niveau», explique-t-il. Dans leur cas, tous les joueurs de Chicoutimi ont pu être transférés à Jonquière.

Chez les filles, la situation était plus critique. Plusieurs joueuses de Jonquière avaient décidé d’arrêter de jouer. De plus, trois des quatre filles qui souhaitaient continuer à jouer n’ont pu transférer parce qu’elles étaient inscrites dans des programmes non disponibles à Chicoutimi. Toutefois, à l’issue d’un camp de sélection, 11 joueuses forment maintenant la première cohorte des Couguars en division 2. Et en janvier, deux joueuses de la France vont se greffer à l’équipe.

Premier test concluant 
«Nous avons vraiment un bon groupe de joueuses et on a déjà pu le démontrer en fin de semaine dernière dans un tournoi à New York. Même si notre groupe en est à ses débuts, nous sommes déjà capables de challenger de bonnes équipes, souligne Philippe Hurtubise.

«Nous avons remporté assez aisément notre premier match contre un club de New York. Notre deuxième match nous opposait à une équipe internationale composée de joueuses de la Lituanie, de la Lettonie et des États-Unis. C’était toutes des joueuses qui vont se placer à un bon niveau universitaire. On était au coude-à-coude, 14-14, lorsque ces joueuses qui étaient en fin de saison ont commencé à varier les stratégies collectives. Nous n’étions évidemment pas prêtes (à faire face à cela) puisqu’on a seulement un mois d’entraînement et on a finalement perdu le match par 25 points. Toutefois, pour notre troisième match, nous affrontions une équipe encore meilleure et nous avons perdu en prolongation!»

Les entraîneurs-chefs, Philippe Hurtubise et Jean-Michel Bergeron, et leur adjointe Marilyn Bergeron, se disent vraiment très satisfaits de la prestation de leurs protégées à ce tournoi. «Surtout qu’on sait qu’en janvier, deux autres joueuses vont se greffer à l’équipe, de sorte que nous serons dans les tops de la province.»

Les entraîneurs sont très enthousiastes quant à la suite de choses. «On est très optimistes, surtout qu’à partir de janvier, les gens pourront voir la vraie couleur des Couguars. Nous aurons encore plus de profondeur pour les prochaines années à venir avec l’arrivée de deux joueuses de la France», affirme Philippe Hurtubise.

Ces deux premières recrues françaises ne seront pas les dernières. Si le recrutement en France était pratique courante en basket masculin depuis quelques années, c’est une première saguenéenne en basketball féminin. «On a développé des ententes avec des institutions en France. On ne recherche pas seulement des athlètes, mais des étudiantes-athlètes, nuance l’entraîneur-chef des Couguars. Nous avons de bons liens avec Basketball Avenir Éducation (BAE), un organisme basé à Strasbourg. Eux, ce qui les attire au Québec, c’est le volet scolaire.»

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UN BUDGET ACCRU ET DES RESSOURCES

 Un budget accru et l’ajout de ressources pour recruter et mieux encadrer les joueuses font partie des atouts découlant de la fusion des clubs de basketball féminin des cégeps de Jonquière et de Chicoutimi. 

De l’avis de Philippe Hurtubise, ces retombées positives du projet pilote vont contribuer à accroître le potentiel de développement dans la région. « Le regroupement, ça signifie un entraîneur de plus, tant à Jonquière qu’à Chicoutimi, pour faire du développement collégial au secondaire, ce qui est déjà fait. La fusion a aussi permis d’augmenter le budget de chaque équipe, ce qui nous permet de prendre part à plus de tournois préparatoires et offrir plus de visibilité à nos joueuses qui aspirent à poursuivre (leur carrière) dans des équipes universitaires. Nous offrons aussi un meilleur encadrement. Par exemple, au Cégep de Chicoutimi, nous avons investi dans l’achat d’une machine à ‘’shooter’’ et nous avons pu travailler sur comment prendre les rebonds », fait-il valoir. « Enfin, on peut faire du vrai développement ! » D’autre part, les deux institutions travaillent ensemble pour le recrutement, ce qui crée une unité régionale. Une initiative impensable il y a dix ans, convient l’entraîneur-chef. « Nous sommes d’ailleurs le premier sport à le faire, en espérant que ça serve d’exemple, dit-il. On s’entraide beaucoup et on travaille ensemble au lieu de gaspiller de l’énergie et de tirer la couverture chacun de son côté pour recruter la même personne. »

En ce moment, au Saguenay, le basketball féminin est au plus creux de la vague pour le groupe d’âge des 17-20 ans. « Sauf qu’il y a une belle remontée qui pointe, tant en terme de quantité que de qualité à partir du secondaire 4. Le noyau régional est très en santé, et ce, à partir du minibasket (4e, 5e et 6e année) à secondaire 4 », affirme le pilote des Couguars. Au Lac-Saint-Jean, la relève en basketball demeure encore rare, mais Saguenay Basketball travaille sur des projets pour relancer le sport, de conclure Philippe Hurtubise.