Le quilleur Patrick Girard et son fils Ryan partagent une passion commune pour les quilles.

Les quilles, une histoire de famille pour les Girard

Le quilleur professionnel Patrick Girard est au sommet de sa carrière, fort d’une belle saison dans la Professional Bowlers Association (PBA). Ses succès ne sont pas sortis de nulle part. Patrick Girard a les quilles dans le sang et sa passion, il la transmet désormais à son fils de 12 ans, Ryan Girard.

Le Jonquiérois de 35 ans vient d’une famille de quilleurs. Ses grands-parents étaient d’excellents joueurs de quilles, sa mère a travaillé pendant longtemps dans des salons et son père a ouvert son propre salon de quilles dans la région. Il a donc développé rapidement une passion.

« J’ai commencé à jouer alors que j’avais 4 ou 5 ans. Ma famille a toujours été dans les quilles. Je regardais à la télévision, et c’était mes idoles : Parker Bohn, Walter Ray, Pete Weber, etc. J’essayais de les imiter dans le passage de notre sous-sol avec une balle de balle-molle que mon père avait trouée pour que je puisse mettre mes doigts à l’intérieur. Ils ont vu tout de suite que j’avais un certain talent », raconte Patrick Girard.

C’est son père qui l’a poussé vers ce sport. De son propre aveu, la volonté de son père de faire de lui un excellent quilleur n’a pas toujours été agréable. « Mon père m’a poussé pas mal. Des fois, j’aurais préféré qu’il m’envoie vers d’autres choses, mais même quand je faisais d’autres activités par moi-même, je suis toujours retourné vers les quilles. »

Les quilles lui ont permis de rapidement faire de l’argent. « À 16 ou 17 ans, l’appât du gain a été facile. Les quilles m’apportaient de l’argent, alors qu’au basketball ou au football, il fallait payer pour jouer. C’est sûr que ç’a eu une influence sur mon choix de carrière », explique celui qui a maintenu une moyenne de 219 dans la PBA cette saison.

Passer le flambeau avec modération

Patrick Girard tente maintenant de passer le flambeau à ses fils, Ryan et Derek. « Comme mon père m’a poussé et que j’ai trouvé que c’était un peu beaucoup, j’ai décidé de laisser Ryan et Derek faire ce qu’ils veulent. Du côté de Ryan, ça s’est développé tranquillement. On a commencé à le faire jouer dans le junior à 7 ans, mais sans jamais le forcer. » Derek, plus jeune que Ryan, n’a pas encore développé la flamme pour les quilles, mais aux dires de Patrick, il a lui aussi un grand talent.

Ryan Girard devait jouer au baseball cet été, mais ses plans ont changé à la suite de ses succès cette année. Aux Championnats provinciaux à la fin juillet, il a remporté la médaille d’or en équipe de trois, notamment grâce à un 212 en finale. Avec un pointage de 1421, il a aussi remporté la médaille de bronze pour le total des points cumulés dans les Championnats provinciaux. Il souhaite maintenant se concentrer sur les quilles.

Le jeune de 12 ans a un talent naturel, selon son père. « C’est un talent naturel, je ne lui ai rien montré », mentionne Patrick Girard, en regardant son fils d’un sourire de fierté. Il veut maintenant suivre les traces de son père. « Oui, c’est mon objectif », dit timidement le quilleur de la relève. « C’est un bel objectif », admet en riant le paternel.

En plus d’hériter du talent de son père, une moyenne de quelques quilles sous celle de Patrick au même âge, Ryan partage un peu le même caractère. « Quand j’étais jeune, j’avais tout un caractère. Il a tout un caractère aussi, mais à 12 ans, c’est normal. »

Patrick Girard voit un énorme talent en son fils. Il veut lui offrir toutes les chances de réussir, mais ne jamais le forcer.

De son côté, Patrick Girard a un objectif bien précis pour les prochains mois. En plus de vouloir refaire la PBA, il souhaite faire découvrir ce cirque à sa famille. « Je veux les amener au moins une fois en compétition. Je n’ai jamais eu ma famille avec moi. Je veux leur montrer le cirque de la ligue, qui rassemble les 40 meilleurs joueurs. On ne fait pas des tonnes d’argent avec ça, mais c’est impressionnant de voir tous les meilleurs joueurs. Ce sont les idoles de Ryan et la meilleure option pour moi serait de participer à nouveau à la PBA. »

Une année charnière

La prochaine année en sera une importante pour l’avenir de Ryan. Le jeune joueur quittera les ligues juniors pour se joindre aux ligues d’adultes, ce qui devrait aider à son développement. « Cette année, il grandit beaucoup. Il a pris de la force. Sa boule prend de la vitesse. En jouant avec de meilleurs joueurs, il va pouvoir apprendre plus. Il va connaître une bonne année », prévoit son père.

Être un modèle

« Il y a cinq ou six ans, j’étais un peu plus jeune, et je me foutais des autres autour de moi. J’essayais de survivre et de faire vivre mes enfants, mais aujourd’hui, je vois l’ampleur de certaines publications et je réalise l’impact. Je suis devenu plus consciencieux et j’essaie de devenir un modèle pour les gens qui me suivent et, le plus important, être un modèle pour mes enfants », explique Patrick Girard, qui tient également une école de quilles pour les jeunes au Salon de quilles Jonquière.

Aux dires de son fils Ryan, Patrick a réussi son objectif d’être un modèle. « Mon idole, c’est mon père », admet Ryan. Un commentaire qui a flatté son père. « Merçi, mon homme ! Tu n’es pas obligé de dire ça », lui répond Patrick, avec le teint un peu plus rouge que quelques minutes auparavant. Avec un peu d’insistance, Ryan a avoué son admiration pour le quilleur australien Jason Belmonte.