Gino Roberge, Jean-François Proulx et Marc Coudé estiment que les deux protocoles avec Ville Saguenay permettent d’offrir le meilleur service aux élèves et joueurs de hockey.

Les Mustangs répondent au Bleu et Or

Sans vouloir entrer dans une guerre de clochers, les dirigeants du programme de hockey des Mustangs de l’Odyssée/Dominique-Racine répliquent avec vigueur à leurs homologues du Bleu et Or de la polyvalente Arvida.

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En début de semaine, les responsables du Bleu et Or ont fait part, lors d’une rencontre avec Le Quotidien, de leur déception que leur demande d’équipe de calibre benjamin division un soit refusée pour une troisième année de suite, en raison de deux protocoles d’entente liant la Ville de Saguenay, l’Association du hockey mineur de Saguenay ainsi que la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay et régissant la répartition des équipes scolaires.

À leur tour, les dirigeants des Mustangs ont organisé une rencontre afin de faire valoir leur côté de la médaille et apporter quelques nuances aux arguments de l’organisation jonquiéroise. Accompagné du responsable du programme Marc Coudé et de l’agent de développement Gino Roberge, le directeur de l’Odyssée Dominique-Racine, Jean-François Proulx, a pris soin de détailler cette entente signée en 2012 et renouvelée avec des modifications importantes en 2017, après l’arrivée du calibre benjamin qui jette les balises du hockey scolaire sur le territoire de Saguenay.

«C’était un peu le Far West et on a voulu structurer les choses de manière adéquate pour qu’il y ait une offre de services qui se donne sur les deux territoires et un partage des glaces», fait-il valoir.

«Les élèves de la Commission scolaire De La Jonquière ont accès au hockey scolaire en division un, mais chez nous. Ceux qui veulent aller en division deux, ils vont chez eux. Ce n’est pas plus compliqué que ça. C’est comme ça que le protocole est établi», signale le directeur.

«Dans la balance, sans vouloir faire de comparaison, on a trois équipes (benjamin, cadet et juvénile) et de l’autre, il y a 10 équipes. L’équation est facile à faire. Ce n’est pas qu’on veut avoir une exclusivité. On veut simplement protéger un programme qui prend du temps à monter et qui a demandé des investissements», fait valoir Marc Coudé, rappelant l’entente de scolarisation qui fait en sorte que 37 joueurs du territoire de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay évoluent dans la structure intégrée des Espoirs et fréquentent donc la polyvalente Arvida, et 18 du territoire de Jonquière évoluent dans l’une des trois équipes scolaires chicoutimiennes.

«Pour nous, c’est quelque chose qui avait de la valeur, ce protocole. Il nous a tellement été vanté comme un modèle québécois partout que Saguenay voulait importer. On était fiers de dire qu’on le respectait. Ce n’est jamais parfait parce que, nous aussi, ce protocole nous laissait un peu sur notre appétit. De la D2, on voudrait en faire nous aussi, mais on se retient parce qu’on respecte notre partenaire et on est dans un mode d’équilibre fragile actuellement», plaide Jean-François Proulx, affirmant avoir mis sur la glace des projets de développement afin de respecter ce protocole. Les Mustangs ont également vu des demandes être refusées par le passé pour les mêmes raisons.

«On ne veut pas briser le protocole, mais en même temps, on veut protéger les acquis qu’on a ainsi que notre programme», annonce Jean-François Proulx sur la possibilité d’aller de l’avant avec des actions.

Pour les membres des Mustangs, le bassin de joueurs n’est pas suffisant non plus. Ils donnent en exemple qu’ils doivent compléter l’équipe juvénile avec des joueurs de la Côte-Nord, notamment. «Il y a des joueurs, mais il ne faut pas seulement remplir des chandails non plus. Il faut que ce soit des équipes compétitives sur le terrain et qui soient capables de donner une certaine opposition. Il faut qu’on arrête de faire des guerres de clochers entre Chicoutimi et Jonquière. On a une seule association de hockey», affirme Gino Roberge, axant également sur l’importance de ne pas créer de déséquilibre entre le hockey civil et scolaire.

«Des joueurs de hockey, on n’en crée pas, ça se déplace», rappelle-t-il.

Jean-François Proulx rappelle également l’incertitude entourant le projet de loi 40 sur l’abolition des commissions scolaires au profit des centres de services qui pourrait voir disparaître la protection des territoires. Les nouveaux principes de jeu au Réseau du sport étudiant du Québec permettront également dès l’an prochain de déterminer les calibres par un processus de relégation-délégation.

«Ça va se faire naturellement par les règles et les niveaux de jeu. Ce n’est pas régionalement que ça se décide, mais au niveau provincial», explique Gino Roberge.