L’instructeur de l’activité Découverte vélo, Alexandre Fortin, souhaite démystifier le vélo de montagne et démontrer que ce n’est pas un sport extrême.

Les inscriptions triplent au camp de vélo de montagne de Saint-Félicien

En intégrant l’offre de camp de vélo de montagne au camp de jour de Saint-Félicien, le Club Vélo2Max a vu les inscriptions tripler au cours des dernières années alors que 70 jeunes de 5 à 12 ans y participent. Et ce n’est qu’un début, car les organisateurs souhaitent maintenant convaincre les camps de Roberval et de Dolbeau-Mistassini d’emboîter le pas.

Dans la piste le slalom, au Centre de vélo de montagne de Saint-Félicien, des cyclistes dévalent la pente à toute allure en enfilant les virages abrupts alors que certains, plus aguerris, en profitent pour faire des sauts sur les petites bosses aux abords de la piste. Difficile de croire que certains de ces jeunes de 5 à 12 ans n’avaient aucune expérience en vélo de montagne il y a quelques semaines à peine !

« On veut démystifier le vélo de montagne et démontrer que ce n’est pas un sport extrême, car on retrouve des pistes adaptées à tous les niveaux », remarque Alexandre Fortin, instructeur de l’activité Découverte vélo, offerte en partenariat avec le camp de jour de Saint-Félicien.

C’est d’ailleurs ce partenariat qui a permis d’augmenter drastiquement le nombre d’inscriptions au camp de vélo, qui diminuaient sans cesse, il y a quelques années, ajoute Alexandre Villeneuve-Gagné, coordonnateur du camp de vélo. L’activité est offerte à raison de deux avant-midi par semaine. « Avec les horaires de travail des parents, c’était difficile de rejoindre les jeunes », admet le professeur d’éducation physique, qui croit avoir trouvé une formule efficace pour donner la piqûre du vélo aux jeunes.

Un partenariat entre le camp de jour de Saint-Félicien et les camp de vélo de montagne offert par le Club Vélo2Max a permis de faire tripler les inscriptions au courant des dernières années.

Alors qu’une vingtaine de jeunes participaient au camp de vélo avant le partenariat avec le camp de jour, on en compte maintenant 70 qui participent à une des six semaines de vélos offertes. À Dolbeau-Mistassini, on compte 15 cyclistes supplémentaires, mais Alexandre Villeneuve-Gagné voudrait augmenter la participation en reproduisant le même genre d’entente avec le camp de jour local.

Apprendre en s’amusant
Au départ, plusieurs jeunes sont craintifs et le rythme est lent, mais il suffit de leur montrer quelques techniques de base pour voir leurs aptitudes se développer très rapidement, note Samuel Minière, un des instructeurs du camp de vélo. « On s’apprête à faire une descente, dit-il, alors tout le monde se souvient de se tenir debout et de bien placer ses pédales égales. Et n’hésitez pas à freiner pour garder le contrôle. »

À voir les jeunes descendre avec style et assurance, on comprend que les leçons sont bien reçues. « Cette année, j’ai appris à mettre mon corps vers l’arrière pendant les descentes », lance Hugo Boivin, 9 ans. Pour sa part, Simon Côté, 11 ans, a appris à freiner avec les deux mains en même temps. « Je pensais qu’on ne devait pas utiliser le frein avant pour ne pas culbuter », dit-il.

Rouler en groupe permet aussi de stimuler les jeunes à donner un effort supplémentaire. Et ce, particulièrement lors des montées difficiles, où plusieurs cyclistes doivent descendre de leur vélo pour gravir la pente. Malgré l’effort parfois intense, tout le monde avance le sourire aux lèvres. Et les moniteurs n’ont pratiquement pas de discipline à faire, car les jeunes s’amusent à fond.

Quatre groupes de cyclistes sont formés pendant le camp pour permettre à tous les jeunes d’apprendre à leur rythme, car c’est en quelque sorte la pépinière de futurs talents du club de vélo de montagne Vélo2Max. « Dix-neuf coureurs inscrits au camp ont même participé à la Coupe du Québec récemment », note Alexandre Fortin. Il est possible de s’inscrire au camp de vélo seulement pour la somme de 50 $ par semaine.

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NOUVELLE IMAGE DE MARQUE POUR LE VÉLO DE MONTAGNE À SAINT-FÉLICIEN

Au cours des dernières années, le vélo de montagne a connu une croissance annuelle de près de 20% à Saint-Félicien, attirant 6000 visiteurs l’an dernier. Pour maximiser les retombées, une nouvelle image de marque s’impose. 

Le Club Tobo-ski n’est peut-être pas le meilleur nom pour attirer des cyclistes de la province dans le nord du Lac-Saint-Jean. C’est pourquoi le club Vélo2Max, qui gère le site en été depuis trois ans, a changé le nom du site pour Centre de vélo de montagne de Saint-Félicien. 

Mais la réflexion n’est pas encore finale, assure Martin Demers, président du club. « On veut démêler tous les noms pour avoir une belle orientation. Parc, centre de plein air, et d’autres idées sont sur la table pour faire rayonner le centre qui accueille une étape de la Coupe du Québec de vélo de montagne depuis 1999 et qui a même reçu une étape de la Coupe du monde en 2007.

Grâce à l’achalandage sur le site et à la campagne de financement annuelle réalisée en partenariat avec les Régates de Saint-Félicien (qui a permis d’amasser près de 100 000 $ cette année), le site est désormais autosuffisant et il réussit à dégager de petits profits qui sont réinvestis dans la construction de sentiers. 

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30 KILOMÈTRES DE NOUVEAUX SENTIERS

Près de 140 000 dollars seront investis au cours de l’été pour ajouter 30 km de sentiers au Centre de vélo de montagne de Saint-Félicien reliant Saint-Prime à La Doré. Un premier pas vers la création d’un sentier multifonctionnel de plus de 100 kilomètres qui pourrait éventuellement lier les neuf municipalités du Lac-Saint-Jean entre La Doré à Lac-Bouchette. 

« On regarde toutes les possibilités de chemins existants pour connecter les neuf municipalités de la MRC du Domaine-du-Roy afin d’y créer des parcours de longues distances en vélo de montagne », lance Martin Demers, président du club Vélo2Max, l’organisme gestionnaire du Club Tobo-ski en été, depuis maintenant trois ans (voir encadré). 

Le plan : bâtir un réseau de sentiers en utilisant les sentiers existants, les sentiers de motoneiges, de VTT et les vieux chemins forestiers pour diminuer les coûts. « On veut aussi bâtir un réseau de boucles autour des villages pour que les cyclistes s’approprient le réseau », a-t-il ajouté. 

Le projet a été si bien reçu que la MRC du Domaine-du-Roy a octroyé un montant de 130 000 $ en subvention pour créer une première boucle autour de Saint-Prime et de La Doré. Vélo2Max investira aussi 7000 $ dans le projet qui permettra d’ajouter 30 km de sentiers au réseau de 60 km déjà existant à Saint-Félicien. « Cette première boucle nous servira de référence pour bâtir le reste du réseau », mentionne Martin Demers. 

« On fera des connexions entre nos sentiers existants et des chemins forestiers fermés, comme le chemin du dépotoir, à Saint-Prime », dit-il. Les Primois auront ainsi directement accès au réseau de sentiers de vélo de montagne. 

Vers La Doré, le réseau sera aussi bonifié en empruntant des chemins dans le secteur du chemin de la Lyonne. « On ouvrira des chemins forestiers dans le secteur du lac à Côté et de la rivière aux Saumons, avant de s’en aller vers La Doré pour voir les beaux attraits comme la chute 25 et la chute 50 », remarque le président de Vélo2Max. Ce secteur avait déjà été travaillé, mais il avait besoin d’être revampé avant de l’ouvrir ou grand public. Le secteur de la montagne à Ouellet est aussi visé par le développement. 

À terme, ce réseau servira à attirer des cyclistes voulant passer plusieurs jours dans la région, soit en faisant des boucles ou encore en faisant du «bike-packin» (vélo de montagne-camping). De plus, ce réseau sera un attrait pour attirer les adeptes de vélo de montagne électrique, un secteur en forte croissance. En hiver, les sentiers pourront aussi être utilisés pour faire de longues randonnées en raquette ou en ski hors-piste. 

Une étude de marché sera réalisée à l’automne pour définir le plein potentiel d’un tel réseau.