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Les Jays ont frappé fortdu côté des agents libres avec notamment l’acquisition du frappeur de puissance GeorgeSpringer.
Les Jays ont frappé fortdu côté des agents libres avec notamment l’acquisition du frappeur de puissance GeorgeSpringer.

Les échanges des Padres, les signatures des Jays

Ian Bussières
Ian Bussières
Le Soleil
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La saison vient de débuter dans les ligues majeures et vous aurez remarqué que plusieurs des joueurs que vous connaissiez bien se retrouvent dans un uniforme que vous n’étiez pas habitués de les voir porter. Des équipes ont tenté leur chance sur le marché des agents libres ou sur celui des échanges durant la saison morte et on aura bientôt une idée des résultats concrets de cette période fort active. En attendant, on peut constater que les Blue Jays de Toronto ont frappé fort du côté des agents libres alors que les Padres de San Diego se sont fait remarquer avec leurs mégatransactions.

Entendez-vous le Chica Chica Boom Chic? Les nombreux partisans des Blue Jays qui ont applaudi la signature du voltigeur George Springer avec ses 174 circuits et 458 points produits s’attendent bien sûr à entendre son bâton faire des Chica Chica Boom. Ce son risque aussi d’être celui de la caisse enregistreuse puisque l’ancien des Astros vient avec un contrat de 25 millions $ par année pour six ans à la clé!

Une belle prise pour le moment, mais «Horhay» vaudra-t-il autant à 37 ans? On ne peut pas tous être Nelson Cruz, qui a réussi à soutirer un contrat d’un an et 13 millions $ à son équipe, les Twins du Minnesota, grâce à des performances rares à l’âge de 40 ans.

Quant à l’arrêt-court Marcus Semien, c’est pour son jeu défensif qu’il a été mis sous contrat par la formation torontoise, mais est-ce que son coup de bâton ordinaire valait

18 millions $ pour une saison? Andrelton Simmons, un autre bon arrêt-court défensif, a signé pour 7,5 millions de moins au Minnesota et Didi Gregorius gagnera 14 millions $ par année pour deux ans à Philadelphie. Personnellement, je crois que j’aurais plutôt tenté ma chance avec le Coréen Ha-Seong Kim, un gant doré dans son pays, qui a abouti à San Diego pour une aubaine de 28 millions $ répartis sur quatre ans. Mais bon, je préfère voir les Jays, une équipe qui a par le passé beaucoup trop payé dans des transactions, s’essayer avec des agents libres que de liquider son (très bel) avenir pour essayer de gagner maintenant.

Se bâtir une rotation

C’est que lorsqu’on parle échange, l’analyse est un peu plus compliquée, car si on ne perd que de l’argent en faisant signer un contrat à un agent libre, il faut évidemment céder des joueurs établis ou de jeunes espoirs dans un échange.

Avec beaucoup de jeunes prometteurs dans leur organisation, les Padres ont décidé de tenter le grand coup pour se bâtir une rotation de partants du tonnerre et peut-être aussi pour jouer aux voisins gonflables avec les Dodgers de Los Angeles. Ils ont donc ajouté deux as, Blake Snell et Yu Darvish, à leur as à eux, Dinelson Lamet, et à l’excellent droitier Mike Clevinger, acquis l’an passé des Indians de Cleveland. Et le dg A.J. Preller a complété le tout en obtenant le jeune partant Joe Musgrove des Pirates de Pittsburgh, un lanceur talentueux, mais sous-évalué.

Pour obtenir ce trio de lanceurs, les Padres ont cédé un jeune partant bien établi, Zach Davies, le jeune gaucher Joey Lucchesi et un jeune receveur, Francisco Mejia, qui tarde à répondre ses promesses de même que douze jeunes espoirs, dont neuf figurent parmi les trente plus prometteurs de l’équipe selon le Prospect Handbook de Baseball America et quatre dans le top 10. Ces «joyaux» sont le partant Luis Patino, le voltigeur Hudson Head, le partant Cole Wilcox et le receveur Blake Hunt. Attendons voir ce que ces gars donneront comme rendement dans quelques années pour leurs nouvelles équipes avant de porter un jugement final sur les transactions. Une chose est sûre, les Padres ont réalisé de très bons coups à court terme sans toucher à leur noyau de jeunes gauchers prometteurs formé de Mackenzie Gore, Adrian Morejon et Ryan Weathers.

Arenado : Pourquoi?

Ailleurs, j’ai envie de vous parler du bizarre échange des Rockies du Colorado, qui ont donné leur troisième but étoile Nolan Arenado, qui n’a pas encore 30 ans et déjà 235 circuits, pour un lanceur, Austin Gomber, réputé pour accorder des ballons plutôt que des roulants (bref, tout le contraire de ce qu’on devrait rechercher au Coors Field) et des espoirs plus ou moins douteux. Pas la meilleure du dg Jeff Bridich, ça.

Par contre, en signant Joc Pederson pour un an et 7 millions $, les Cubs de Chicago viennent de se payer pour pas cher un gars qui a déjà quatre saisons de 25 circuits et plus en l’équivalent d’environ cinq saisons dans les majeures. Une aubaine. Et pariez qu’il demandera beaucoup plus cher en 2022, lui qui démolit déjà les balles au camp d’entraînement.

+

Le chiffre: 8 500 000 $

C’est le montant d’argent que les Dodgers de Los Angeles verseront cette année au lanceur cubain Yaisel Sierra. Ça fait beaucoup de p’tits sous pour un gars qui a joué un grand total de trois matchs de baseball (dans la Ligue des recrues!) depuis l’automne 2017. Sierra avait ratifié en 2016 un contrat de 30 millions $ pour six ans et verra probablement la fin de son contrat sans jouer un traître match dans les grandes ligues. On ne peut pas dire que les Dodgers ont été chanceux avec leurs joueurs cubains embauchés entre 2014 et 2016, eux qui avaient payé 62,5 millions $ pour Hector Olivera, 28 millions $ pour Alex Guerrero, 25 millions $ pour Erisbel Arruebarrena et 15,5 millions $ pour Yadier Alvarez, qui à eux quatre ont joué 169 matchs dans les majeures.

Le Grand Chelem

Par ailleurs, les Dodgers ont posé un beau geste en renouvelant le contrat de leur ex-voltigeur Andrew Toles, qui souffre de problèmes de santé mentale et était devenu sans abri dans les rues de Key West depuis sa dernière saison en 2018. L’ex-athlète de 28 ans ne touchera pas de salaire, mais son contrat lui permettra d’avoir droit à l’assurance maladie et d’aller chercher l’aide dont il a besoin pour traiter sa schizophrénie et son trouble bipolaire, qui l’ont amené dans 20 institutions psychiatriques différentes depuis 2019. Une triste histoire pour un gars bourré de talent, mais un peu de lumière au bout du tunnel grâce à l’équipe la plus riche des majeures.

Le Golden Sombrero

Pour une seizième saison consécutive, Robinson Cano était de l’alignement partant de son équipe pour le premier match de la saison. Oh, attendez... j’oubliais... Le deuxième but des Mets de New York, qui devait gagner 24 millions $ cette année, ratera toute la saison pour avoir remis un test positif au stéroïde anabolisant connu sous le nom de stanozolol. On ne parle pas ici de produits dopants fabriqués au gros prix dans des laboratoires clandestins de haute technologie, mais bien du «stock» plutôt primitif qui a provoqué la disqualification du sprinter canadien Ben Johnson aux Jeux olympiques de Séoul... en 1988. Bravo! Vraiment, bravo!