Les présidents des clubs de soccer de Saguenay, Sophie Tremblay (Shipshaw), Roch Lalancette (La Baie), Mario Bergeron (Chicoutimi) et Serge Harvey (Jonquière), ici en compagnie du président de l’Association régionale de soccer, Dany Drolet, souhaitent que le projet d’un stade multisport fasse partie des enjeux de la présente campagne à la mairie.

Les candidats à la mairie invités à prendre position

Tout le monde est pour la vertu, mais personne ne veut s’engager quant aux moyens pour y parvenir. Voilà qui résume la perception des clubs de soccer du Saguenay quant à la position des candidats à la mairie dans le dossier de construction d’un stade intérieur dédié au soccer.

Président du Club de soccer de Chicoutimi, Mario Bergeron s’inquiète de l’absence de suivi, voire d’un plan B, dans le dossier d’un complexe multisports depuis le retrait de Ville de Saguenay du projet IntenCité. « Tout un chacun a démontré un certain intérêt, mais personne n’a saisi la balle au bond, déplore-t-il en entrevue téléphonique. « Ça a pris dix ans avant que l’administration municipale ne signe une entente et la réalisation d’un stade intérieur faisait partie du top-3 des engagements du maire Tremblay lors de son dernier mandat », rappelle-t-il

Pour l’instant, les présidents des quatre clubs de Saguenay, soit Mario Bergeron (Chicoutimi), Serge Harvey (Jonquière), Roch Lalancette (La Baie) et Sophie Tremblay (Shipshaw), ont plaidé leur cause auprès des candidats à la mairie Jean-Pierre Blackburn (indépendant) et Dominic Gagnon (PCS) et ils ont entrepris des démarches pour faire de même auprès de Josée Néron (ERD) et Arthur Gobeil (indépendant).

« On trouve que l’engagement (des candidats) est timide. Personne ne semble avoir le projet dans ses priorités. Et durant les premiers six mois de la nouvelle administration municipale, ce sera facile pour eux de se défiler puisqu’ils auront bien des dossiers à traiter », estime le président du club de Chicoutimi.

S’il ne s’attend évidemment pas à fouler le sol d’un complexe multisport dans un an, Mario Bergeron souhaite toutefois que la personne qui sera élue maire le 5 novembre ait au moins une alternative à proposer dans ses cartons.

Pour lui, la réalisation d’une telle infrastructure passe par un partenariat public-privé ou un projet mené conjointement avec le milieu de l’éducation (l’UQAC, les cégeps de Chicoutimi et Jonquière, etc.). Et les besoins sont bien présents, puisque cette infrastructure sera utilisée pour d’autres disciplines sportives comme le baseball (clientèle en hausse), le football, le golf, l’Ultimate frisbee, etc. 

Enfin, le porte-parole du club de Chicoutimi rappelle qu’une infrastructure comme un stade multisport constitue un atout non négligeable pour inciter de jeunes familles à s’installer à Saguenay. Ça pourrait même servir d’incitatif pour s’attirer un potentiel appréciable de votes, fait valoir le président Bergeron. 

Les astres sont parfaitement alignés

DG du Club de soccer de Chicoutimi, Maxime Pepin-Larocque estime que tous les astres sont alignés pour favoriser la réalisation d’un stade multisport, mais tout comme son président Mario Bergeron, il s’inquiète que le dossier soit quasi absent des enjeux de la présente campagne à la mairie.

« J’ai écouté le débat de mercredi, j’ai lu les quatre programmes électoraux et je trouve ça un peu inquiétant. J’aurais en effet souhaité qu’un des candidats en fasse un enjeu. Arthur Gobeil a parlé d’un PPP et Dominic Gagnon a juste dit qu’il était favorable au projet. Quant aux deux autres, ça ne semble pas faire partie de leurs plans. On voudrait qu’un candidat en fasse un enjeu et que les autres emboîtent le pas. »

Avant d’oeuvrer à Chicoutimi, le DG avait travaillé dans un stade multisport à Québec où il n’a pu que constater que la présence d’une telle infrastructure avait été bénéfique pour le développement du sport. « Ça fait cinq ans que je suis ici et je répète toujours la même chose : à Québec, le membership a augmenté de manière exponentielle dans les 10-12 dernières années, soit depuis l’avènement des stades. Ils sont rendus à cinq stades pour une population de 25 000 joueurs. Nous, nous sommes 5500 joueurs au Saguenay-Lac-Saint-Jean et on a un tiers de stade, à Alma, qui est un 7 contre 7 (au lieu d’un terrain à 11). Ce n’est malheureusement pas assez pour la région », fait-il valoir, en rappelant que Saguenay est la seule ville de moins de 75 000 habitants à ne pas avoir de stade. 

Val-d’Or, qui n’est pourtant pas une grosse ville, pourrait être un exemple à suivre. Cette municipalité a réussi à réunir des partenaires du public, du privé et du scolaire pour la réalisation d’un complexe multisports évalué à 11,8 M $. Il n’y a donc pas de raison pour que Saguenay ne soit pas en mesure d’en faire autant.

À armes inégales

De l’avis du DG, Saguenay devrait saisir l’opportunité qui s’offre en matière de subventions pour les infrastructures. « Surtout qu’actuellement, le Parti libéral est en mode cadeau et que Justin Trudeau a fait des infrastructures son cheval de bataille. Je pense que c’est le temps d’aller chercher l’argent. »

De plus, Maxime Pepin-Larocque souligne que pour une deuxième fois de son histoire, une équipe de la région, en l’occurrence le Chinook U16 masculin, fera le saut dans le calibre AAA. Or ces jeunes se battent à armes inégales, car ils doivent s’entraîner dans des gymnases qui n’ont ni la surface ni la grandeur standard, tandis que leurs futurs adversaires auront passé les mois d’hiver à s’entraîner ensemble sur des terrains intérieurs adéquats. « C’est comme si nous avions une équipe de hockey AAA qui s’entraîne dans un gymnase avec un hockey et une boule en plastique durant l’hiver et qui va affronter au printemps une équipe qui, elle, s’est entraînée sur glace », image-t-il. « Avec nos filles, ça avait été très difficile en début de saison parce que nous n’étions pas prêts techniquement et physiquement. Pourquoi ? Parce que nous n’avions pas les infrastructures. On affronte des clubs qui ont de deux à trois fois plus de membres que nous et qui, en plus, ont accès à des infrastructures sportives (adéquates) », déplore-t-il.

Bien sûr, les dirigeants du club ont pris des notes pour corriger le tir après la toute première expérience vécue dans le AAA avec l’équipe féminine. « On connaît les besoins techniques et psychologiques de nos joueurs et nous serons prêts pour l’an prochain. Oui, un stade de soccer serait un plus, mais on sait pertinemment qu’on ne l’aura pas d’ici là. Par contre, on en est à notre deuxième équipe AAA dans la région et on sait qu’il va y en avoir d’autres. C’est pourquoi on espère qu’il y aura des infrastructures à court terme. »