La Chicoutimienne Rachel Pageau a fait un pari gagnant en optant pour l'endurocross cette saison. Elle a brillé sur le circuit de la côte Est américaine, où elle mène au classement, en plus de participer à quelques étapes de la Coupe du monde.

L'endurocross, un choix payant pour Rachel Pageau

« L'avenir appartient aux audacieux », dit-on. À n'en pas douter, Rachel Pageau fait partie de cette catégorie de gens qui n'ont pas eu peur de voir grand et ç'a été payant. La vététiste de 22 ans a en effet choisi de se consacrer à l'endurocross cette saison et ç'a été payant puisqu'elle domine sur le circuit de la côte Est américaine en plus de réussir un top-25 à deux reprises en Coupe du monde.
Bien connu dans le milieu du vélo de montagne cross-country, la Chicoutimienne a décidé de se concentrer sur l'enduro cette année, après avoir connu quelques succès dans cette discipline en fin de saison, l'an passé. « Ça m'a pris du temps à me décider, mais je suis vraiment contente de mon choix et je ne regrette rien», assure la dynamique athlète en entrevue téléphonique.
La Chicoutimienne a commencé sa saison en mars, sur la côte Ouest américaine, profitant d'un ''road trip'' pour acquérir de l'expérience en course sur les parcours de cette contrée. L'ambitieuse jeune femme avait planifié un calendrier de courses très chargé et c'est avec fierté que la meneuse au classement peut dire mission accomplie. « Depuis avril, j'ai couru toutes les fins de semaine, surtout aux États-Unis. J'ai eu deux ou trois fins de semaine libres. C'est quand même fou ! Il me reste encore quatre courses à faire et j'aurai pris part à 30 courses ( !) durant l'été. Je suis vraiment contente ! », lance fièrement celle qui court en classe pro féminine.
« Je suis vraiment contente parce que je m'en suis bien sortie. Mes parents me disaient que je ne réussirais jamais à faire tout ça et dans ma tête, je me disais qu'ils avaient sûrement raison, que j'en avais ben trop mis, que même si je réussissais à faire toutes ces courses, ça allait sûrement boguer quelque part. Mais j'ai réussi à tout faire ce que j'avais mis sur ma liste et à atteindre mes objectifs, sans support financier », poursuit-elle en riant.
Encouragée par ce premier tour de force, la petite bombe d'énergie n'entend pas s'arrêter en si bon chemin. Non seulement elle s'attend à remporter le titre de la série Enduro à la fin de la saison, mais elle projette de refaire la même saison de fou l'an prochain. « Je me dis que j'ai réussi à tout faire et à réussir sans soutien financier, je serai capable de le refaire. Alors, j'ai envoyé une dizaine de CV à des compagnies et à des équipes, car l'an prochain, je veux faire ça aussi ''big'', mais encore mieux. »
Bourses payantes
La Chicoutimienne avait presque l'obligation de réussir pour réaliser ses objectifs, puisque ses victoires lui permettaient de mettre la main sur des bourses intéressantes. « C'est vraiment ce qui m'a permis de faire la saison que j'ai faite, sinon je n'ai pas eu le temps de travailler beaucoup », mentionne la jeune femme qui, lors de ses deux fins de semaine libres, a travaillé avec des équipes cyclistes. On a pu la voir à l'oeuvre au Grand Prix cycliste de Saguenay.
Descente
En plus d'avoir remporté quasiment toutes les courses enduro, la Chicoutimienne a aussi pris part aux épreuves de descente souvent tenues aux mêmes endroits. « J'ai décidé de participer aux deux afin de maximiser l'expérience et l'entraînement. En ce moment, je suis la meneuse au classement en enduro et en downhill de la série sur la côte Est. »
En plus, la jeune femme vient d'amorcer un baccalauréat en kinésiologie à l'Université Laval qu'elle souhaite compléter en trois ans, pour ensuite entreprendre un bac en nutrition.
À la Coupe du monde en Italie
La Chicoutimienne Rachel Pageau prendra part à la dernière étape de la Coupe du monde d'endurocross qui aura lieu du 30 septembre au 1er octobre en Italie, grâce à l'appui de Devinci.
L'athlète de 22 ans a participé à quelques étapes de la Coupe du monde et ses résultats l'ont incitée à répéterl'expérience. « Comme ça avait bien été, j'ai décidé d'aller en Italie pour la dernière Coupe du monde de la saison. Je ne le fais pas pour le classement mondial parce que je n'ai pas fait assez de courses. Mais c'est juste pour avoir une course de plus (au compteur), une chance de plus de performer... et aussi parce que je ne suis pas capable de dire non », rigole-t-elle.
La vététiste a aussi été chanceuse puisqu'elle a remporté les places allouées par tirage par la Enduro World Series (EWS) en janvier dernier. Ce tirage s'effectue parmi les athlètes n'ayant pas de classement et Rachel a remporté trois places, ce qui lui a permis de participer à une étape en Irlande à la fin mai, à Whistler (Colombie-Britannique) à la fin juin et à Aspen (Colorado) à la mi-août.
La jeune femme avoue qu'elle a été impressionnée à sa première participation en Coupe du monde en enduro, ce qui s'est traduit par quelques erreurs. « Sinon, en général, ç'a bien été. J'étais contente quand je suis revenue, car j'ai fini 23e sur environ 45 participantes. À Aspen, ça allait bien jusqu'en fin de course où j'ai eu des problèmes mécaniques. Dans la dernière étape, j'ai eu un crash qui aurait pu être grave, mais j'ai été chanceuse, je n'ai rien eu. Sauf que j'ai dû quand même m'arrêter deux ou trois minutes sur le bord de la chaussée parce que j'étais sonnée et ça m'a reléguée vers la fin », relate-t-elle.
« À Whistler, ça allait super bien, mais j'ai brisé ma chaîne dans l'avant-dernière étape. J'ai quand même réussi à faire une 24e position », souligne-t-elle en expliquant que cette étape est présentée dans le cadre du Crankworx Whistler Freeride Mountainbike Festival. « C'est le plus gros événement de bike (au Canada) ; il y a vraiment du monde et c'est fou. »
Le plus difficile aura été de courir sans pouvoir se fier sur un soutien financier. « Pour l'Italie par contre, Devinci va m'aider. Ils ont payé mon inscription et me permettent d'habiter avec (les membres de l'équipe professionnelle). C'est pour ça que j'ai décidé d'y aller. »
L'an prochain, elle pourra avoir accès à toutes les étapes du circuit enduro en Coupe du monde puisqu'elle a remporté des courses de qualification cette saison.
Outre la Coupe du monde en Italie, Rachel Pageau sera en downhill à Windham, New York, en fin de semaine, puis à Killington au Vermont, la fin de semaine suivante pour la finale de la série enduro et enfin, à la finale de downhill à la mi-octobre.