Deuxième dans le processus de sélection, l’Almatois Léandre Bouchard a mis les bouchés doubles, au cours des derniers mois, pour avoir une chance de ravir l’unique place individuelle pour le volet masculin du Canada en vélo de montagne cross-country olympique.

Léandre et Antoine Bouchard impatients de connaître la suite

Dimanche soir, la décision du Comité olympique canadien (COC) et son pendant paralympique de ne pas envoyer d’athlètes aux Jeux de Tokyo s’ils sont maintenus en juillet comme prévu a eu l’effet d’une douche froide pour les deux athlètes olympiques de la région, Léandre Bouchard en vélo de montagne et Antoine Bouchard en judo. Surtout que le Canada a été le premier pays à prendre une décision aussi importante. S’ils comprennent et appuient la décision du COC, les deux Bleuets ont surtout hâte de connaître la suite des choses pour savoir à quoi s’en tenir.

Léandre Bouchard avoue que la nouvelle tombée dimanche soir l’a chamboulé. « J’étais triste quand j’ai appris la nouvelle, dimanche soir. J’aurais presque préféré l’apprendre lundi matin. J’ai eu de la difficulté à m’endormir », a-t-il confié d’entrée de jeu en entrevue téléphonique.

« J’ai été surpris de la position du COC. On est quand même le premier pays à prendre cette décision et c’est pour la santé de tous et éviter la propagation de ce virus. Comme athlètes, il faut montrer l’exemple. Donc, je les appuie dans leur position », dit-il, en souhaitant lui aussi que le Comité international olympique (CIO) opte pour le report d’un an des Jeux.

Deuxième dans le processus de sélection, l’Almatois a mis les bouchés doubles, au cours des derniers mois, pour avoir une chance de ravir l’unique place individuelle pour le volet masculin du Canada en vélo de montagne cross-country olympique. La première Coupe du monde 2020, qui doit avoir lieu le 24 mai à Novo Mesto, lui offrait cette opportunité. Tous les espoirs étaient permis et il avait réussi à remonter au classement mondial en 16e position, son meilleur classement en carrière. Comme tout le monde, il est en attente.

« Il me restait une chance de me qualifier pour les JO, le 24 mai, à la première Coupe du monde de Novo Mesto, et c’est toujours conditionnel à ce qu’elle ait lieu ou pas. C’est aussi conditionnel à ce que Cyclisme Canada puisse revoir ses critères de sélection. Mes performances se sont améliorées. J’ai mis les bouchées doubles, je voyais des gains et c’est pourquoi j’avais cette confiance, malgré la pression, de sortir une performance de pointe à la Coupe du monde #1 », explique Léandre Bouchard.

Devant toutes les incertitudes qui planent quant à la date de la tenue des prochains Jeux, le Jeannois préconiserait le report des Jeux d’un an, question de sécurité pour la santé de tous. Mais il souhaiterait aussi une révision du processus de sélection individuel qui n’est pas complété dans son sport, comme dans bien d’autres disciplines d’ailleurs.

« On parle beaucoup au conditionnel, mais si la Coupe du monde #1 est annulée et si les Jeux se tiennent en 2021, ce serait dommage d’envoyer quelqu’un en 2021 avec des performances qui ont été faites en 2019. Si les performances ont été faites fin 2020, même si la saison est écourtée, ça m’apparaît beaucoup plus logique », a-t-il fait valoir.

Comme il n’a pas de contrôle sur la situation, le judoka jonquiérois Antoine Bouchard préfère se concentrer sur ce qu’il peut, notamment sur la poursuite de ses études universitaires en biochimie.

Cela dit, d’ici la décision du CIO, Léandre Bouchard préfère se concentrer sur ce qu’il peut contrôler, c’est-à-dire son entraînement, pour être fin prêt à rivaliser à l’international lorsque les activités reprendront.

Actuellement confiné à son domicile depuis son retour de compétitions aux États-Unis, il reste positif en faisant « beaucoup de vélo intérieur sans trop de distraction ».

Antoine Bouchard

Opéré à une épaule en juillet 2019, le judoka Antoine Bouchard avait repris la compétition internationale en janvier. Les succès n’ont pas été tout à fait à la hauteur de ses attentes, mais il a au moins la satisfaction de ne plus être incommodé à l’épaule durant ses combats.

Joint lundi chez ses parents à Jonquière, l’olympien avoue avoir été surpris par la décision du COC.

« C’est sûr que ç’a été un choc, mais je pense que tout le monde s’attendait un peu à ce que les Jeux n’aient pas nécessairement lieu en juillet 2020 comme c’était prévu, en raison de la crise à laquelle on fait face. […] En tant qu’athlètes, les Jeux olympiques sont l’événement pour lequel on se prépare chaque quatre ans et notre but est d’être prêts à ce moment-là. Mais dans ce cas-ci, c’est une réalité qui dépasse celle du sport et dans un sens, c’est pour le mieux », a-t-il commenté.

Comme bien des athlètes, c’est l’incertitude pour la suite des choses qui le tracasse. S’entraîner pendant des semaines, voire des mois, sans se mesurer à un adversaire, complique les choses. Il y a aussi la question des délais alloués pour la reprise des compétitions, du cycle de sélection, etc. Comme il n’a pas de contrôle sur la situation, il préfère se concentrer lui aussi sur ce qu’il peut.

Les cours universitaires et l’entraînement au centre national étant suspendus, le Jonquiérois est donc de retour au Saguenay et il garde la forme en faisant beaucoup de course et d’entraînement de musculation improvisé au sous-sol de la maison de ses parents. Il essaie aussi de profiter de cette pause forcée pour se reposer et recharger ses batteries.

Étudiant universitaire en biochimie, il est heureux de pouvoir poursuivre sa formation à distance. « Au moins, c’est l’une des bonnes nouvelles qu’on a apprises au cours des derniers jours. Ils ont annoncé qu’on pourra finir notre année pour les étudiants du niveau collégial et universitaire. J’étais censé suivre un cours d’été et je ne sais pas ce qui va se passer à ce niveau-là, mais au moins, je n’ai pas tout perdu. »