Même si les coureurs préféraient de loin la météo de la présente édition à celle de l'an dernier, la première étape du Grand Prix cycliste de Saguenay a été éprouvante pour plusieurs des 115 participants qui ont pris le départ.

Léandre Bouchard satisfait de sa course

Membre d'Équipe Canada, Léandre Bouchard était satisfait de sa première journée au boulot, lui qui a conclu l'étape avec une 28e position. L'Almatois, qui est un spécialiste du vélo de montagne, profite de sa disponibilité et de la tenue de l'événement pour prendre de l'expérience de course et faire un bon volume d'entraînement. Dans les deux cas, il a été servi.
« J'ai bien aimé (ma course). Ç'a roulé fort au début. (Avec mes coéquipiers), on a essayé de couvrir plusieurs coups pour ne pas être dans le trouble. J'essayais d'être en avant et on s'échangeait un peu les rôles », a-t-il commenté. Après avoir vu deux échappées tomber à plat, il a vu ses coéquipiers Ben Perry et Guillaume Boivin partir pour chasser la troisième tentative d'un groupe de fuyards.
Entre-temps, il s'est retrouvé à rouler en solitaire entre deux groupes pendant deux tours. « Je pensais que le groupe allait revenir sur moi, mais après deux tours, j'étais tanné parce qu'ils ne revenaient pas même si je roulais assez tranquillement. À ce moment-là, j'ai un peu regretté de ne pas avoir essayé (de suivre Boivin et Perry). Mais mon objectif principal était l'entraînement et la sécurité. C'était un bon entraînement avec quand même 4 heures 25 sur le vélo », dit-il, avouant tout de même que si c'était à refaire, « j'essayerais au moins de rejoindre le coup, même si je me sentais fatigué des autres (tentatives d'avant) ». Avec son classement, il se sent bien placé pour pouvoir aider Boivin et Perry.
Le directeur sportif d'Équipe Canada, Kevin Field, était pour sa part très heureux de la prestation de ses coureurs. Avec raison puisqu'au classement par équipe, la formation canadienne occupe le 2e rang avec 3mn27 de retard sur les meneurs et une avance de quelque cinq minutes sur leurs plus proches rivaux (Aevolo). « Avec une équipe de seulement cinq coureurs, le mieux pour nous aujourd'hui était d'être proche, mais pas nécessairement de gagner l'étape. Comme nous n'avions pas la responsabilité de gagner la course, c'était plutôt celle de Canyon (Bicycles) qui avait trois coureurs dans l'échappée, c'est mieux pour nous. Guillaume est très proche et il a fait un bon sprint », a analysé M. Field. Ce dernier estime que son équipe a quand même bien tiré son épingle du jeu dans les circonstances et qu'elle pourra améliorer son classement en allant chercher des bonifications lors des autres étapes au programme. 
Elliott Doyle
Pour sa part, Elliott Doyle est rentré avec le peloton principal (écart de 16mn56 sur les vainqueurs) pour hériter de la 61e position. « Les trois premiers tours ont été assez costauds et ç'a coûté plusieurs cartouches pour beaucoup de monde. On a vu la grosse sélection qui s'est faite. Les gars allaient vraiment trop vite dans la côte et je n'ai pas pu m'accrocher, alors j'ai terminé avec le peloton », a-t-il expliqué. « Durant les cinq premiers tours, jusqu'à ce que ça parte (pour de bon), personne ne voulait manquer le gros coup, mais une fois que ç'a été fait, on n'avait plus rien à faire. »
Vendredi, il espère que la 2e étape baieriveraine lui sera plus profitable. « C'est un parcours où j'avais fini au sprint il y a deux ans. Alors, je ne sais pas ce que je vais faire, mais j'espère ! », a-t-il conclu, sourire en coin.
Quant à Simon Ouellet (Transport Lacombe/Devinci), le Robervalois aurait souhaité que sa 3e participation au Grand Prix de Saguenay soit la bonne, afin qu'il puisse faire valoir au moins ses talents au critérium, mais ce ne fut malheureusement pas le cas et il fait partie des 17 ayant abandonné en cours de route.
En bref
• La formation Canyon Bicycles a dominé la première étape. En plus de s'installer au sommet du classement par équipe, ses coureurs sont repartis avec trois des quatre maillots à l'enjeu, soit le maillot jaune du meneur et le maillot vert du classement aux points (meilleur sprinteur) remportés par Steve Fisher, tandis que Chris Winn a mis la main sur le maillot du meilleur grimpeur (à pois). Seul le maillot blanc du meilleur jeune (U23) leur a échappé et il a été remporté par Jack Burke de l'équipe Aevolo, composée justement d'une majorité de coureurs U23... 
• Comme Fisher voudra porter le maillot jaune, c'est sans doute Ulisis Castillo Soto (Jelly Belly) qui portera le maillot vert (3 points de moins que Fisher)...
• Moins bonne journée au bureau pour les champions en titre, l'équipe Silber qui pointe au 8e rang du classement par équipe (sur 15). Sur le plan individuel, le meilleur élément a été le champion de 2016, Ryan Toth, qui a pris le 14e rang... 
• Contrairement à l'an dernier, où les coureurs avaient roulé dans des conditions automnales (environ 6 degrés Celsius, avec pluie et vents froids), ceux de la présente édition ont eu à composer avec une chaleur intense, combinée à l'humidité et aux vents qui se sont levés durant la course (vent de face dans la montée de la 6e avenue, qui est suivie d'un faux plat de 6 km). Il y a eu 17 abandons et six coureurs hors délai à l'issue de la première étape, En 2016, il y avait eu 27 abandons, dont quelques cas d'hypothermie...
• Certaines équipes qui comptaient sept coureurs n'en ont plus que deux. C'est le cas notamment de Vélo Sélect et de NCCH Élite. Transport Lacombe/Devinci et Smart Savvy +Garneau ont aussi écopé, en perdant chacune les services de trois coureurs...
• Encore une fois, patience et courtoisie jeudi dans le secteur de La Baie où se déroule la 2e étape. Le parcours touchera les rues Mars, Victoria, le rang Saint-Joseph (rang du fromage), le chemin Grande-Anse, le boulevard Grande-Baie Nord et la rue Bagot entre midi et 16 h 15 environ...