Léandre Bouchard s'est envolé pour l'Europe jeudi afin de participer à deux épreuves de la Coupe du monde ainsi qu'aux Championnats du monde en Autriche. 
Léandre Bouchard s'est envolé pour l'Europe jeudi afin de participer à deux épreuves de la Coupe du monde ainsi qu'aux Championnats du monde en Autriche. 

Léandre Bouchard en Europe le couteau entre les dents

Samuel Duchaine
Samuel Duchaine
Le Quotidien
Après des mois d’attente et d’incertitude, l’Almatois Léandre Bouchard s’est finalement envolé pour l’Europe, jeudi, pour reprendre les compétitions internationales. Bien préparé et avec de grandes ambitions l’olympien se frottera de nouveau à l’élite mondiale.

Dans un premier temps, Bouchard et ses coéquipiers chez Pivot Cycles – OTE seront de passage en République tchèque, mardi et mercredi, pour la Nove Mesto na Novare. Léandre participera d’abord à l’épreuve de short-track, puis au cross-country olympique le lendemain. Il répétera la même combine, jeudi et dimanche, avant de quitter pour les Championnats du monde à Leogang, en Autriche, qui se tiendront les 10 et 11 octobre.

«J’ai super hâte. C’est de l’excitation positive. Depuis le début de l’été, on espère que ça arrive sans trop savoir si ça allait avoir lieu. Je suis bien préparé, donc oui, j’ai vraiment hâte de me frotter de nouveau aux meilleurs. J’espère faire une performance de pointe. J’ai appris beaucoup cet été malgré tout et j’ai hâte de voir les progrès que j’ai faits. C’est dans cet état esprit que je m’en vais là-bas. Je veux faire ma meilleure course de l’année », a exprimé Léandre Bouchard, à la veille de son départ.

Léandre Bouchard commencera en force avec quatre courses en six jours.

Le calendrier condensé n’a pas de quoi effrayer le vététiste de 27 ans. «Ça arrive vite. Pour les athlètes comme moi qui font le short-track, ce sera quatre courses en six jours. La semaine suivante, ce sera les Championnats du monde. C’est assez condensé, mais je réagis bien quand il y a un effet d’accumulation. On diminue un peu de performance de course en course, mais comparativement aux autres, je suis peut-être moins touché. Je récupère très bien. On va attaquer la première semaine comme s’il y en avait juste une et on va tenir ça jusqu’à la fin. Je vais répéter ça quelques jours plus tard, avec les jambes fatiguées, mais toujours en donnant mon 100 %.»

De son côté, son entraîneur, Jude Dufour, est content que Léandre puisse retrouver les meilleurs au monde, groupe duquel son poulain fait partie. «Il était temps que Léandre puisse aller se mesurer à la crème mondiale. Il y a eu des épreuves provinciales de préparation, mais rien ne peut se comparer à une course de coupe du monde pour voir l’état d’amélioration de Léandre.»

Un athlète aiguisé
Tout au long de la saison, Léandre et son équipe ont réactualisé le plan d’entraînement afin qu’il soit au sommet de son art quand le bon moment viendra. «L’amélioration de la performance sportive est un système complexe qui comprend tout ce qui englobe l’entraînement, la charge d’entraînement et l’ensemble des conditions de vie de l’athlète. La situation de la COVID-19 a complexifié le processus. Nous avons vu ça comme un défi, et non comme une menace», a expliqué M. Dufour, qui croit que Léandre est dans la meilleure forme de sa vie.


« J’espère faire une performance de pointe. J’ai appris beaucoup cet été malgré tout et j’ai hâte de voir les progrès que j’ai faits. C’est dans cet état esprit que je m’en vais là-bas. Je veux faire ma meilleure course de l’année. »
Léandre Bouchard

«On est en période qu’on appelle l’affûtage. On diminue les heures d’entraînement, mais on garde l’intensité. J’ai de bonnes sensations. Je sens que mes performances sont là. Le plus dur est fait. Maintenant, c’est de rester aiguisé», a expliqué Léandre Bouchard.

Quand vient le temps de parler des objectifs, Léandre reste modeste et croit que sa préparation lui donnera toute les chances de bien faire. «Je pense avoir progressé. Je veux voir de quoi je suis capable et revenir avec un bon résultat. J’ai été sérieux dans mon entraînement malgré tous les changements, les chamboulements et les déceptions. Je suis très fier de ma préparation et ça, personne ne peut me l’enlever. Je me suis préparé pour être à mon meilleur, autant physiquement que mentalement. Ça se peut qu’il y ait des pépins, mais j’ai fait la meilleure préparation possible.»

Le vététiste almatois a hâte de se mesurer de nouveau à l'élite mondiale. 

Jude Dufour se permet cependant de chiffrer les objectifs. «Nous avons un objectif de résultat, soit essayer d’atteindre, pour chacune des courses, un top-10 à 15. On peut donc penser que les résultats seront à la hauteur de nos attentes, mais une course, c’est une course. L’autre objectif en est un de performance, soit de bien utiliser ses stratégies mentales et de lui permettre de hausser son niveau de confiance afin qu’il puisse devenir une meilleure version de jour en jour, de mois en mois et d’année en année.»

Même si les compétitions internationales de l’automne n’auront pas d’impact sur les sélections olympiques, le clan Bouchard croit que bien faire n’est pas mauvais pour changer l’opinion des décideurs. «Nous gardons toujours le cap pour une sélection potentielle au sein de l’équipe nationale afin de participer aux prochains Jeux olympiques de Tokyo, en 2021», conclut Jude Dufour.