Patricia Rainville
Les journalistes étaient invités au Club de tir Le Faucon de Shipshaw, mardi après-midi. 
Les journalistes étaient invités au Club de tir Le Faucon de Shipshaw, mardi après-midi. 

Le tir sportif pour une nulle

CHRONIQUE / J’ai raté ma vocation. J’aurais dû être tireuse d’élite.

Mardi après-midi, les membres du Club de tir Le Faucon de Shipshaw organisaient une journée d’initiation au tir pour les journalistes. Leur mission était de démystifier le tir sportif et expliquer les grandes règles de sécurité appliquées au club, qui compte environ 1000 membres, ce qui en fait l’un des plus importants de la province.

Mon tir unique de la carabine à poudre noire de calibre 50. Et non, je n’avais pas tiré 100 balles avant de toucher la cible! 
Jean Simard m’a guidée dans le maniement de sa carabine à poudre noire de calibre 50. 

Mon chef de nouvelle, Normand Boivin, m’a immédiatement demandé si je voulais me prêter au jeu. Il savait que n’avais jamais tiré et que je n’avais même jamais tenu une arme à feu dans mes mains. Il savait aussi que je ne suis pas une grande fervente de la chasse.

J’ai donc prêté mon corps à la science avec plaisir.

D’entrée de jeu, il est important d’expliquer qu’on ne devient pas membres d’un club de tir en criant ciseau. Environ un an de cours et d’obtention de différents permis sépare le moment où on décide de pratiquer le tir sportif et celui où on se place dans la ligne de feu. Un casier judiciaire empêche l’obtention de tous ces permis.

Le tir à la carabine de calibre 223 a été plus facile, avec deux balles fort bien visées. 

Au Club de tir Le Faucon, un millier de membres se partagent la grille horaire. Environ 20% de ces membres sont des femmes. Plusieurs anciens militaires et policiers s’adonnent au tir sportif, une fois retraités.

La journée organisée pour les médias permettait de s’initier au tir sans permis, puisque nous étions supervisés par des officiers de tirs. J’ai été fort bien guidée par André Tremblay et Jean Simard, deux véritables passionnés. Deux messieurs qui ont été patients et surtout très gentils avec la néophyte que je suis. Je ne connaissais même pas la différence entre un pistolet et un revolver avant qu’on me l’explique. Vous voyez que je partais de loin.

On m’a fait tirer avec un revolver de calibre 22 pour commencer. Une arme plutôt facile à manier, qui n’a pas d’effet de recul et qui ne fait pas trop de bruit. Parfait pour m’initier. Je n’ai pas impressionné mes pairs avec mes tirs de 22, mais je me suis tout de même bien débrouillée. On m’a ensuite muni d’un calibre 38, les anciennes armes utilisées par les policiers, m’a expliqué Jean Simard. J’ai pu toucher la cible à plusieurs reprises. C’est avec le pistolet 9mm que j’ai eu le plus de difficulté à atteindre le but. Ma cible était complètement vierge lorsque je suis allée constater mes «exploits».

J’ai pu essayé cinq armes, dont une réplique d’une arme qu’utilisaient les soldats lors de la guerre de Sécession. 

Jean Simard et André Tremblay m’ont expliqué que ce type d’arme était moins précis. Peut-être qu’ils m’ont dit ça pour me faire plaisir, mais bon, ça m’a rassurée.

Mes talents de tireuses se sont plutôt révélés lorsque j’ai utilisé les armes longues. J’ai eu la chance de tirer avec une réplique de ce qu’utilisaient les soldats lors de la guerre de Sécession. Une carabine à poudre noire de calibre 50. Un seul tir et j’ai atteint la cible, presque au centre. Avec la fumée qui s’échappe du canon, disons que ça donne un petit feeling. La chance du débutant, me direz-vous. Peut-être. J’ai reposé la carabine et je n’ai pas pris le risque de rater le prochain coup.

On m’a aussi fait tirer avec une carabine de calibre 223. La cible se trouvait à des millions de kilomètres et je me suis épaté moi-même avec mes talents de tireuse d’élite.

Le Club de tir Le Faucon compte environ 1000 membres. 

Tous les messieurs sur place m’ont demandé à plusieurs reprises si j’avais aimé mon expérience. On voyait qu’ils espéraient que j’aie apprécié.

Je ne peux pas dire que j’ai détesté ça, mais je ne pense pas devenir une tireuse sportive. Je suis plutôt du genre à aller courir pour me changer les idées, mais je peux comprendre le défi de précision qu’aiment relever les amateurs.

Le tir sportif et le golf
Les membres du club comparent souvent le tir sportif au golf. «C’est un sport de concentration et de patience», a souligné Alain Maltais, secrétaire du Club Le Faucon. Je ne suis pas la plus concentrée ni la plus patiente, c’est peut-être pour ça que je n’aime pas le golf, d’ailleurs.

Tout de même, j’ai beaucoup aimé le côté convivial de l’activité. Les membres savent partager leur passion, tout en respectant de nombreuses règles de sécurité. La violence et les comportements déplacés, c’est tolérance zéro, a répété à plusieurs reprises le président du club, Stéphane Brassard. Et à constater la bonne humeur et le respect qui règnent sur place et les règles appliquées, on n’a pas de misère à le croire.

Et même si je ne ferai pas ma demande de permis de port d’arme demain matin, je suis reconnaissante d’avoir pu m’initier au tir sportif et manipuler différents calibres. Un merci spécial à Jean Simard et à André Tremblay pour leurs explications et leurs conseils.

À lire samedi, la chronique de Roger Blackburn, qui était également invité au club de tir.