Le Salon du vélo et de la course à pied tombe aussi

À l’instar de bien des organisateurs, le promoteur Jean-François Brassard et ses partenaires ont dû se résoudre à annuler la 7e édition du Salon du vélo et de la course à pied qui devait être tenue les 28 et 29 mars au Pavillon sportif de l’Université du Québec à Chicoutimi.

Évidemment, la décision n’a pas été facile à prendre alors que l’événement était présenté dans un plus grand espace (31 500 pieds carrés) et avec plein de nouveaux exposants et nouveautés. « On n’avait pas d’autres solutions envisageables compte tenu des restrictions (gouvernementales et municipales) », soupire M. Brassard à l’autre bout du fil. Ce dernier était d’autant plus déçu que « les préparatifs se déroulaient super bien et ça s’enlignait pour être notre plus grosse édition puisqu’on avait ajouté 12 000 pieds carrés de plus. Nous étions complets depuis une semaine, même si on avait ajouté une douzaine de kiosques supplémentaires. Et ça répondait.

Le travail des six premières éditions avait contribué à acquérir une bonne crédibilité dans le milieu. « Et Pierre Lavoie nous a amené une crédibilité encore plus notable. Et contrairement aux années précédentes, nous avions les fabricants de vélos qui étaient installés à côté des distributeurs », fait-il valoir.

Malgré toutes les informations qui ont circulé au cours des derniers jours, aucun des exposants ne l’avait contacté pour annuler leur présence. « (Jeudi), je recevais encore des formulaires de réservations d’espace et les gens m’appelaient pour savoir ce que nous allions décider. Les gens me disaient qu’ils se rallieraient à notre décision. Depuis que j’ai envoyé mon communiqué annonçant qu’on annulait l’édition, j’ai reçu plein de commentaires disant que c’était triste et décevant, qu’ils avaient tellement hâte d’y aller, etc. Mais tous les gens comprenaient pourquoi nous avions pris cette décision. »

Les nouvelles mesures pour limiter la propagation du virus émises par le gouvernement du Québec et Saguenay interdisent les rassemblements de plus de 250 personnes dans un bâtiment, et ce, pour les 30 prochains jours. « Avec l’université qui a ensuite pris la décision de fermer pour deux semaines, c’était devenu l’évidence même, mais c’était déchirant d’autant plus qu’on travaillait depuis juin dernier pour cette 7e édition », ajoute-t-il.

Malgré tous les effets négatifs et la déception, l’organisateur s’estime chanceux dans sa malchance.

« On a eu la chance d’arrêter un peu l’hémorragie. Mais si on avait été à quelques jours de l’événement comme Regard et le 15 km des Pichous, on n’aurait pas le même discours parce qu’il y aurait beaucoup d’argent engagé. Ç’a été une discussion mûrie avec mon partenaire, Promutuel, avec mon porte-parole Pierre Lavoie ainsi qu’avec mon organisation. Les décisions qu’on a prises, c’est pour la santé des gens. Si ça peut contribuer à arrêter la pandémie. Ça ne se fera pas sans peine ni sans frais, mais on ne pouvait pas ne pas tenir compte de ses impacts », insiste-t-il.

« On préfère annuler avec les risques financiers qui viennent avec plutôt que de risquer la santé des gens et des bénévoles. Il y a beaucoup de frais que j’ai pu arrêter à temps, mais il y en a beaucoup que j’avais déjà engagés depuis longtemps (impression, matériel, etc). »

L’organisation a remboursé les exposants qui avaient payé par carte de crédit et il reste ceux qui ont payé par chèques. Il y a beaucoup de compréhension de part et d’autre, assure le promoteur.

Ce dernier préfère laisser retomber la poussière et avoir un peu de recul sur l’impact que subira le salon et l’aide (des gouvernements) reçue avant de décider si l’événement sera de retour l’an prochain.

« J’ai un bon appui de l’entourage et les conférenciers, entreprises et exposants, mais il est trop tôt pour constater les impacts financiers, même si ce n’est pas dramatique parce qu’on a pu en arrêter une partie à temps », a-t-il conclu.