Né avec le spina-bifida, Brian Grenon ne s’arrête pas là, poussé par un désir d’apprendre et de se surpasser.

Le rêve sur glace de Brian Grenon

Brian Grenon fait partie de cette catégorie de gens pour qui l’apitoiement ne fait pas partie de leur vocabulaire. Né avec le spina-bifida, le Chicoutimien a fait fi de ses limitations pour atteindre son rêve, de sorte qu’il fait partie de l’équipe du Québec de hockey-luge.

Le spina-bifida est une malformation de la colonne vertébrale. Brian Grenon n’a pas l’usage de l’entièreté de son corps, et ce, depuis sa naissance. Aujourd’hui âgé de 18 ans, il vit son rêve de jouer au hockey.

« Quand j’étais plus jeune, je ne pleurais pas parce que j’étais handicapé, je pleurais parce que je ne pouvais pas jouer au hockey, admet-il, au cours d’un entretien téléphonique. À ce moment, je ne savais pas que le hockey-luge existait, mais quand je l’ai su, je l’ai essayé. J’avais un talent naturel et j’ai continué. »

Brian Grenon fait partie de l’équipe du Québec en hockey-luge.

Brian Grenon avait environ 8 ans quand il est embarqué une première fois sur la glace, assis sur une luge. Il est tombé en amour avec le sport, en plus de découvrir des qualités athlétiques indéniables. Il a poursuivi sa progression pendant sa jeunesse, soutenu par son grand-père, qui acceptait généreusement de louer des heures de glace et de fournir le transport.

Le hockey-luge étant ce qu’il est, il compte peu d’adeptes au Saguenay, de sorte que le jeune homme a peu à peu perdu ses partenaires d’entraînement.

Brian Grenon a enchaîné les compétitions depuis 2012, ce qui l’a conduit vers une invitation au camp de sélection de l’équipe du Québec en hockey-luge. Ses performances se sont concrétisées avec une place sur la formation il y a un an.

Brian Grenon est déménagé à Valleyfield pour poursuivre son développement.

« J’ai participé au camp de sélection et j’ai été pris, affirme bien candidement Brian Grenon. Au départ, les entraîneurs ne croyaient pas que j’allais faire l’équipe, parce que ça faisait longtemps qu’ils ne m’avaient pas vu jouer. Ils ont été surpris par mes performances. Finalement, ils m’ont choisi. »

Celui qui évolue à la position d’ailier est l’un des plus jeunes membres sur l’équipe du Québec. Il n’a pas eu de difficulté à s’intégrer au sein du groupe, étant habitué de côtoyer des personnes plus vieilles que lui.

« Avant, j’étais un ‘‘mangeux de puck’’, mais j’ai changé ça, lance Brian Grenon. J’ai travaillé sur mon esprit d’équipe avec le temps. »

Brian Grenon pratique le hockey-luge depuis une dizaine d’années.

Le jeune homme a participé à plusieurs reprises au Challenge hivernal, un événement annuel de parahockey. Quintuple médaillé entre 2012 et 2017, il a ensuite été invité au camp d’entraînement de l’équipe provinciale. Il devra prouver qu’il a toujours sa place dans les prochaines semaines, mais il est optimiste quant à ses chances de conserver son poste.

La semaine dernière, l’athlète a participé au tournoi de Brampton avec l’équipe du Québec. En raison de son jeune âge et de son statut de recrue, Brian Grenon faisait partie de la deuxième équipe, dans la classe C. Les entraîneurs ont voulu lui offrir un maximum de temps de jeu, ce qui explique leur décision.

Brian Grenon reluque maintenant une place sur l’équipe nationale. Une participation aux Jeux paralympiques est l’objectif ultime. Entre-temps, il espère participer aux Championnats canadiens de hockey-luge et il poursuit son développement, à raison de deux entraînements par semaine, avec la sélection du Québec.

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UN APPUI VENU DU COEUR

Sa sélection sur l’équipe du Québec de hockey-luge a obligé Brian Grenon à s’exiler du Saguenay, puisque le site d’entraînement est situé à Montréal. Basé à Valleyfield avec sa mère, il doit maintenant absorber des coûts substantiels. Dans le but de lui offrir un soutien, un comité a été formé, composé de Marc Boivin, Guy Wauthier et Myriam Boucher.

C’est Marc Boivin, retraité du Cégep de Chicoutimi, qui a été le premier à penser à cette idée. Il a ensuite approché son bon ami et ex-collègue Guy Wauthier, en plus de se tourner vers Myriam Boucher, une des actionnaires de la clinique Remix Santé et kinésiologue. 

Le trio s’est penché sur les façons de venir en aide à Brian Grenon, et la réflexion a mené vers l’organisation d’un cocktail dînatoire, le 22 novembre, à la salle Les Catacombes du Cégep de Chicoutimi.

«Quand Marc m’a parlé de son projet, j’ai trouvé ça vraiment admirable, partage Myriam Boucher. Lui et Guy n’ont pas de raison particulière de s’impliquer. Ça vient droit du coeur.»

En plus de faire partie de l’élite provinciale en hockey-luge, Brian Grenon se débrouille bien à l’école. Il poursuit ses études en comptabilité et gestion au Cégep de Valleyfield, après avoir été un étudiant du Cégep de Chicoutimi l’an dernier.

«Je remarque que les études demeurent importantes, note Marc Boivin. Je ne m’impliquerais pas dans un projet comme celui-là si les études du jeune n’étaient pas importantes. Brian a toujours réussi à l’école, en plus de poursuivre aujourd’hui son entraînement. Tout est un peu plus compliqué, mais il n’a pas de difficulté.»

Quelque 170 billets sont en vente pour l’événement du 22 novembre. Les instigateurs espèrent être en mesure de remettre entre 5000 et 6000 $ à Brian Grenon, qui va être au nombre des invités lors de la soirée. 

Les personnes intéressées à faire leur part, en se procurant un billet, peuvent se rendre à la clinique Remix Santé, située dans l’édifice CGI sur la rue Jacques-Cartier, à Chicoutimi. 

Elles peuvent aussi communiquer avec Marc Boivin par courriel à marcboivin28@hotmail.ca.

«C’est certain que c’est vraiment apprécié, réagit Brian Grenon. Ça m’aide à poursuivre mes études et à pratiquer mon sport.»

Marc Boivin et Guy Wauthier n’en sont pas à leur première campagne de financement pour appuyer un athlète d’ici. Ils avaient accompagné la patineuse de vitesse Marie-Ève Drolet lorsque cette dernière s’apprêtait à atteindre les plus hautes sphères du circuit mondial en patinage de vitesse courte piste.

«Une fois qu’on a dit oui, on ne regarde plus le temps qu’on investit et on va jusqu’au bout. C’est un projet humain», fait valoir Marc Boivin.