Mikisiw Awashish a été très touché de remporter le Prix Alec-Reid, mais encore plus par le soutien qu’il a reçu au cours des derniers jours.
Mikisiw Awashish a été très touché de remporter le Prix Alec-Reid, mais encore plus par le soutien qu’il a reçu au cours des derniers jours.

Le Prix Alec-Reid décerné à Mikisiw Awashish

Le hockeyeur de Mashteuiatsh Mikisiw Awashish est le tout premier récipiendaire du Prix Alec Reid pour son engagement scolaire et son implication dans sa communauté. L’attaquant du Drakkar de Baie-Comeau a été élu au terme d’un scrutin tenu sur Facebook la semaine dernière.

Deux autres athlètes de la région faisaient également partie du quatuor de finalistes, soit le skieur de fond dolmissois Jérémie Trottier ainsi que le vététiste William Maltais-Pilote. La liste était complétée par le joueur de handball Mohamed Auda. Mikisiw Awashish était le représentant de la Ligue de hockey junior majeur du Québec où le Saguenay-Lac-Saint-Jean était encore une fois bien en vue avec le Jonquiérois Rafaël Harvey-Pinard, Jérôme Gravel de Chambord et Alex-Olivier Voyer de Jonquière, parmi les six finalistes. Du côté féminin, la joueuse de handball Yasmine Abbaoui a remporté le vote populaire. Les internautes votaient pour le candidat de leur choix et la bourse de 500 $ qui accompagne le prix et était décernée à celui et celle qui amassait le plus grand nombre de mentions « J’aime, J’adore ou Wouah ».

Mikisiw Awashish avoue avoir été soufflé par ce support. En entrevue téléphonique, il mentionne qu’il s’attendait à un fort soutien de sa communauté, mais l’exercice a largement dépassé les frontières. « C’est indescriptible. Ça n’a même pas de mots comment j’ai reçu de l’amour et je suis reconnaissant de tout ça », laisse-t-il tomber, précisant avoir reçu de nombreux messages privés et commentaires d’encouragement de la part de gens qu’il ne connaissait pas. « Ç’a dépassé les limites de ce que j’aurais pu imaginer. Je suis très surpris que ça soit allé aussi loin que ça. J’avais quand même des attentes, mais jamais autant que ça », exprime-t-il.

Décerné depuis cinq ans par l’Alliance Sport-Études, le concours de l’étudiant(e)-athlète engagé(e) a fait place dernièrement au Prix Alec-Reid, un joueur de l’Armada de Blainville-Boisbriand décédé l’an dernier des suites de complications en lien avec l’épilepsie.

« En partant, que le prix porte le nom d’Alec Reid, c’est quelque chose de spécial. Je l’ai connu et c’était réellement un synonyme d’engagement et d’implication. Sur la glace, j’ai joué souvent contre lui et je savais que c’était un gars dédié à sa tâche. Il avait un rôle précis et ne dérogeait pas de ça », souligne Mikisiw Awashish, qui a profité du concours pour en apprendre un peu plus sur lui et son implication.

« Je le prends comme un honneur de remporter ce prix et me comparer un peu à lui. C’est charmeur, si je peux dire », d’indiquer l’ancien des Élites de Jonquière dans le midget AAA.

À Mashteuiatsh, où il est présentement en confinement et garde la forme comme il le peut, Mikisiw Awashish en profite également pour définir plus précisément l’implication qu’il souhaite avoir au sein de sa communauté innue et auprès des jeunes autochtones, ayant le désir de le faire avec le hockey. Conscient que pendant la saison, il est très occupé avec son sport et ses études, mais trop loin pendant plusieurs mois pour pouvoir aller de l’avant à court terme, il planche notamment sur une école de hockey, comme son compatriote Francis Verreault-Paul l’a fait avant lui. Dans la mesure du possible, il aimerait même mettre sur pied quelque chose d’informel pendant la pandémie, au cours des prochaines semaines.

Retour avec le Drakkar

L’objectif estival numéro un de Awashish sera de mettre tout en oeuvre pour être de retour avec le Drakkar la saison prochaine. L’attaquant à caractère défensif avait été réclamé au ballottage avant le début de la dernière saison après avoir été retranché au camp des Saguenéens qui en avaient fait un choix de quatrième ronde en 2018. Convenant avoir eu besoin de temps pour s’acclimater au junior majeur, au moment de la fin abrupte, Awashish avait l’impression d’avoir pris son élan, terminant avec sept points, dont trois buts, en 48 rencontres.

« Quand je regarde le portrait global, je suis vraiment satisfait, estime-t-il. En tant que première année, c’est sûr qu’au début, ç’a demandé un peu plus d’adaptation. L’année dernière, j’avais joué quelques matchs, mais comme substitut. Faire partie officiellement de l’équipe, c’était un autre niveau. J’avais plus de responsabilités et le calibre reste élevé dans le junior majeur. »

« À la fin de la saison, j’avais gagné mon temps de glace et ça allait de mieux en mieux. C’est sûr que mon élan a été freiné par tout ce qui se passe, mais ça augure bien pour l’an prochain », de laisser savoir Mikisiw Awashish qui, en plus de ses obligations sportives, poursuit en parallèle des études en sciences de la nature au Cégep de Baie-Comeau.