Après le Pôle Sud, Sébastien Lapierre a l’intention de s’attaquer au Pôle Nord.

Le Pôle Nord dans la mire de Sébastien Lapierre

Après avoir été l’un des rares dans le monde à atteindre le Pôle Sud en solitaire, en janvier 2017, l’aventurier originaire de Saint-Honoré Sébastien Lapierre veut maintenant s’attaquer au Pôle Nord.

Le pompier qui oeuvre dans la région de Québec a été rencontré mercredi soir, en marge d’un souper-conférence qui a fait salle comble au Calypso de Jonquière. L’événement organisé par les étudiants au programme de formation continue Humanis du Cégep de Chicoutimi en bureautique, comptabilité et coordination, a permis d’amasser 3000 $ pour la Caserne de jouets Saguenay ainsi que plusieurs dons.

Dès son jeune âge, Sébastien Lapierre avait le goût de l’aventure. « À 7-8 ans, je voulais déjà dormir dans un igloo derrière chez nous », indique-t-il, précisant que ce désir s’est décuplé après son inscription dans les cadets, où il a notamment appris à se servir d’une carte et une boussole.

Puis, en 2010, il a fait sa première expédition d’envergure internationale au Groenland. Il a tout organisé de A à Z, en compagnie d’un collègue pompier, Olivier Giasson. C’est à ce moment qu’il a vraiment eu la piqûre.

« C’était un peu comme l’Antarctique. C’était même un peu en prévision d’y aller un jour. Ça se ressemble beaucoup. C’est un gros glacier, sauf que moins coûteux et moins loin », explique Sébastien Lapierre, qui a ensuite fait le passage du Nord-Ouest en kayak, en 2013, un périple de 3000 kilomètres en 60 jours dans l’océan Arctique.

Le souper-conférence avec Sébastien Lapierre (à droite) a permis d’amasser 3000$ pour la Caserne de jouets Saguenay, en plus d’items pour une valeur de 800$, au grand plaisir du président de l’organisme, Mario Gagnon.

En revenant, il recherchait un défi supplémentaire et en solo. Il a donc commencé à rêver de l’Antarctique. Trois ans plus tard, il a pris le grand départ pour une aventure de 1200 kilomètres en ski pendant 42 jours. Le 9 janvier 2017, il est devenu le premier Canadien à atteindre le Pôle Sud en solitaire en totale autonomie, un privilège réservé à quelques personnes dans le monde. « C’est de continuer », a répondu le solide gaillard, au sujet de la plus grosse difficulté.

« Ça devient très routinier. C’est tout le temps la même chose et c’est dur physiquement. Naturellement, quand le physique commence à avoir mal, le mental se met de la partie pour dire d’arrêter. C’est de combattre cet instinct et le message du cerveau qui dit que la blague a assez duré et de repartir. Ma nourriture était calculée et je ne pouvais pas prendre mon temps. Je devais avancer et je m’étais quand même donné un bon rythme », a-t-il repris, mentionnant avoir éprouvé des difficultés avec les voiles blancs (whiteout), de la neige soulevée par le vent.

« C’est super dur d’avancer. Tu ne distingues même pas le sol. Tu es en déséquilibre à chaque pas. Les journées sont longues et épuisantes et ça n’avance pas. Ça devient très décourageant », de laisser tomber Sébastien Lapierre, précisant tenir un rythme de 15 à 20 kilomètres par jour dans ces conditions au lieu de 25 à 30.

Dans son allocution, intitulée Quand le feu rencontre la glace, l’aventurier relate tout son parcours, mais aussi l’importance d’une bonne préparation, peu importe ce qui est entrepris.

« Je dis un peu que mon expédition a été plate. Souvent, les aventuriers, on entend des affaires qu’ils ont failli mourir ou qu’ils se sont perdus. Il ne m’est rien arrivé de ça parce que je ne voulais pas. Je voulais aller là et avoir du fun sans avoir des histoires d’horreur à raconter. C’est la même chose dans n’importe quoi. Quand on entame un projet, on veut que ça aille bien et on veut réussir, mais ça se prépare. On ne peut pas se lancer tête baissée en espérant que tout va bien aller », résume-t-il.

Pôle Nord
Sébastien Lapierre ne manque pas d’idées quand vient le temps d’imaginer sa prochaine aventure. Il annonce vouloir s’attaquer au Pôle Nord, mais pas avant 2020. Il a d’ailleurs déjà entamé les approches préliminaires. « Mon gros projet, c’est de rembourser celui-là », blague-t-il sur son périple à l’autre bout du monde qui a nécessité un investissement d’environ 140 000 $.

« Une fois qu’on commence là-dedans, c’est dur de s’arrêter, admet-il. Où j’en suis rendu, peu importe ce que je décide comme expédition, les contacts sont là. La logistique est plus facile que quand j’ai commencé. »