Le propriétaire de Chasse et pêche Écotone Chicoutimi, Éric Lapointe, a remarqué une augmentation significative des ventes de permis de pêche.
Le propriétaire de Chasse et pêche Écotone Chicoutimi, Éric Lapointe, a remarqué une augmentation significative des ventes de permis de pêche.

Le plein air en vogue cet été

La saison de chasse et de pêche s’annonce particulièrement bonne au Saguenay–Lac-Saint-Jean malgré la COVID-19. En effet, les commerçants oeuvrant dans le domaine constatent que la population opte plus que jamais pour des activités de plein air locales, surtout en raison des restrictions liées aux déplacements entre régions.

Le propriétaire du commerce Chasse et pêche Écotone Chicoutimi, Éric Lapointe, remarque une augmentation «significative» des ventes de permis de pêche à son établissement. Selon lui, la population ressent davantage le besoin de pratiquer des activités en plein air ici, dans la région. «Avec la situation, on aurait le goût de voyager, mais nous ne sommes pas encore prêts. Donc, les gens investissent des dollars dans des activités régionales», explique-t-il.

La saison de pêche s’annonce particulièrement bonne, tout comme celle de la chasse à l’ours, selon M. Lapointe. « Chaque année, c’est de plus en plus populaire. Nous avons une recrudescence cette année. Pourquoi ? Parce que nous nous sommes moins déplacés et nous ne sommes pas allés chasser la dinde sauvage dans une autre région, par exemple», pointe-t-il.

À Saint-Félicien, le directeur général de Pronature, Samuel Blackburn, ressent également l’enthousiasme de la population pour les activités de chasse et de pêche. «Ça s’annonce pour être une belle saison si la température reste clémente. Depuis l’ouverture, on vire beaucoup. Je n’ai pas fait encore les statistiques pour les permis de pêche, mais si je regarde le chiffre de vente,s mon mois de mai est meilleur cette année que l’an dernier», annonce-t-il.

Cet engouement se fait sentir jusqu’au Club nautique de Roberval. «Je sens un engouement pour la pêche en ce moment. Une majorité des gens veulent se diriger vers la pêche. Ils m’appellent et me disent : ‘‘Comment ça me coûterait pour un bateau de pêche pour y aller en famille ?», confie le directeur général du club, Gérard Brassard.

Toutefois, du côté de la Corporation de LACtivité de pêche Lac-Saint-Jean (CLAP), on dénote une diminution de 37 % des ventes de permis de pêche par rapport à la moyenne des cinq dernières années. En raison de la pandémie, l’achat d’autorisation se fait uniquement en ligne.

Nouvelles mesures
Les mesures émises par la santé publique afin de pêcher en sécurité ne semblent pas être un frein à la saison. En fait, Éric Lapointe rappelle que la chasse et la pêche sont des activités déjà praticables avec une distanciation physique acceptable. «Il faut dire que ces activités-là ont un parapluie naturel pour exercer la distanciation», souligne-t-il.

Les mesures sont celles que l’on connaît : garder une distance de deux mètres, se laver les mains et porter un masque. Toutefois, la relationniste de presse au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, Catherine Ippersiel, précise qu’il faut tout de même être vigilant. «Il faut éviter le partage de leurres et d’outils qui proviennent des boîtes de pêche. Il faudrait également avoir du nettoyant à mains dans la chaloupe ou sur soi», précise-t-elle.

Pourvoiries
Si les nouvelles mesures n’affectent pas les pêcheurs, elles sont un dur coup pour les pourvoiries, qui ne pourront pas louer de chalets pour des groupes dont les membres ne proviennent pas de la même famille. Le propriétaire de trois pourvoiries, dont deux au Saguenay–Lac-Saint-Jean, Pascal Hovington ne cache pas sa déception et les répercussions qu’aura la pandémie sur les affaires.

«Notre début de saison est, honnêtement, complètement détruit. Tous nos meilleurs groupes et les groupes que nous avions ont été annulés parce que les gens ne sont pas de la même adresse», laisse-t-il tomber.

Il ajoute que des pertes de près de 60 % seront cumulées cette année, à moins d’un mois d’août très particulier. Pour l’instant, il tente tant bien que mal de combler ce retard avec des groupes de deux personnes.