Âgé de neuf ans, Bruno Lopez porte fièrement sa tuque des Chargers, qui l’encouragent dans sa lutte contre un cancer.

Le petit Bruno Lopez touche la NFL

Confiné au CHUL pour des traitements de chimiothérapie, Bruno Lopez a reçu de la visite inattendue, dans les derniers jours. Antonio Gates et Nick Novak, vedettes de la NFL, sont venus le saluer... grâce à la magie des réseaux sociaux. Et le quart-arrière Philip Rivers passera bientôt!

Avec sa tête fraîchement rasée sous sa tuque des Chargers de Los Angeles, Bruno a l’air tout frêle. Le poteau de soluté qu’il traîne partout n’a jamais mis personne en valeur non plus. Mais ne vous y trompez pas. Affronter le cancer nécessite une force surhumaine. Surtout à neuf ans. Surtout la deuxième fois.

«Ça fait trois nuits que je suis ici. Mais c’est mieux que la dernière fois», a-t-il laissé tomber jeudi matin, lors de la visite du Soleil au département d’hémato-oncologie pédiatrique du Centre mère-enfant.

Une détermination digne des joueurs de son club favori de la NFL, même plus. Le garçon de Limoilou s’est rangé derrière les Chargers il y a déjà un bon moment. D’aucuns diront que c’était pour contrarier son père. Marco Lopez est un partisan invétéré des Raiders d’Oakland, voisins ennemis et rivaux de division des Chargers.

Ce dimanche-là, les Chargers ont eu le dessus sur les Raiders. L’éclair a touché fiston au cœur. Il suit depuis les faits et gestes de la bande à Rivers, s’assoit chaque dimanche devant la télé pour regarder la NFL avec papa.

Un longue chaîne

À l’annonce de la récidive du cancer de Bruno, le 1er décembre, la famille Lopez-Escalera était consternée. Presque trois ans après la fin de ses traitements pour soigner un sarcome à cellules claires, une masse de 7,5 cm s’accroche cette fois au sacrum, au bas de son dos, et compresse les nerfs des jambes. Ce qui provoque un boitement depuis quelques semaines.

Question de lui remonter le moral, sa mère Sandra et sa sœur Rebecca ont eu l’idée d’envoyer un tweet à l’attention des Chargers. On l’y voit coiffé de sa fameuse tuque. C’était le lendemain de la biopsie.

Le soutien de ses «amis» des Chargers donne du courage à Bruno.

Une longue chaîne de Québec à Los Angeles s’est alors formée, avec un détour par le Mexique, leur pays d’origine. Des médias hispanophones couvrant les activités des Chargers ont porté le ballon jusqu’à l’équipe et ses joueurs.

Le botteur de précision Novak a répondu le premier. Puis Gates, ailier rapproché étoile sélectionné huit fois au Pro Bowl et auteur de 112 touchés sur réception en carrière, un sommet chez les joueurs actifs. «J’ai été très surpris de recevoir ces messages. Ça me donne un peu plus de courage», indique le garçon. Quant à ce que les athlètes professionnels peuvent faire pour soutenir les enfants malades, il répond : «Ils peuvent jouer mieux... et faire des petits saluts par la caméra!»

Un colis en route

Un porte-parole des Chargers confirme par courriel qu’un colis est en route pour le domicile des Lopez-Escalera. Bruno y trouvera un message vidéo personnel enregistré par Rivers, une photo autographiée du vétéran pivot sur le point d’atteindre 50 000 verges de gains par la passe en carrière et des items souvenirs aux couleurs de l’équipe. Mais ne le dites pas à Bruno, gardons-lui la surprise.

Pariez qu’il sera parfaitement équipé pour regarder l’affrontement Chargers-Raiders du 31 décembre et, qui sait, peut-être encore narguer papa pour une deuxième victoire en deux duels cette saison.

Après un départ ardu de 0-4, les Chargers (7-6) sont de retour au plus fort de la course aux éliminatoires avec une séquence de quatre victoires consécutives. Le vieux Rivers, tout juste 36 ans, est carrément en feu. «Ils vont bien! Ils ont plus de matchs gagnés que perdus», se réjouit Bruno.

Élève de troisième année à l’école de la Grande-Hermine, sur la 2e Avenue, tout indique qu’il ne retrouvera pas son bureau dans la classe de Madame Catherine, qui est passée le voir mercredi.

Ce qui n’est pas une mauvaise nouvelle en soi. La récidive d’un sarcome à cellules claires s’avère une rareté. Mais si les traitements actuels prodigués par le Dr Bruno Michon et son équipe fonctionnent comme prévu et que la masse disparaît, une autogreffe de cellules souches attend le petit à l’hôpital Sainte-Justine de Montréal quelque part en 2018.

Une facture à la fois

Ceux qui ont suivi les péripéties de cette famille mexicaine de Québec dès 2014 se souviendront qu’aucune assurance ne voulait alors couvrir les frais de traitement et d’hospitalisation de Bruno. Ni l’assurance privée ni celle de la Régie de l’assurance maladie du Québec, à cause du statut d’étudiants étrangers des parents.

La situation est cette fois différente puisqu’il bénéficiera d’une couverture complète de la carte-soleil à compter du... 1er janvier. Son père est maintenant diplômé, tandis que sa mère doit à nouveau interrompre son boulot comme doctorante en science politique.

Mais impossible d’attendre janvier. Les dépenses actuelles, à coups de milliers de dollars par jour, seront en partie épongées par ce qu’il reste de l’argent amassé par levées de fonds il y a trois ans.

La balance? «C’est moins stressant que la première fois, parce qu’on sait que ç’avait réussi. On payera une facture à la fois, à 100 $ par semaine s’il le faut», conclut Sandra Escalera, comme quoi la survie de son fils n’a bien sûr pas de prix.

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DEUX MESSAGES ENVOYÉS À BRUNO

«Hé, Bruno! C’est Nick Novak, des Chargers. Je te souhaite une belle journée et je pense à toi, nous pensons tous à toi. Je prie pour toi et je veux que tu saches que je suis là pour toi et que si tu as besoin, contacte-moi et je serai là. Que Dieu te bénisse.» – Nick Novak, botteur de précision

«C’est l’ailier rapproché Antonio Gates, des Chargers de L.A. Je veux juste te dire de continuer à te battre. N’abandonne jamais. Continue toujours à te battre.» – Antonio Gates, ailier rapproché