Samuel Vigneault a passé les trois dernières saisons avec les Golden Knights de l'Université Clarkson, dans la NCAA.

Le parcours atypique de Samuel Vigneault

Il y a à peine cinq ans, Samuel Vigneault était bien loin de la Ligue nationale de hockey. En fait, il était peut-être le seul à croire qu'il allait un jour toucher au plus grand circuit de hockey au monde. Cette persévérance a payé pour l'ancien des Élites de Jonquière puisque mercredi soir, il signait un premier contrat professionnel avec l'organisation des Blue Jackets de Columbus.
Dire que le parcours de Vigneault est atypique est un euphémisme. Après une saison avec le Dynamo de Baie-Comeau dans le midget espoir, il réussit à percer l'alignement des Élites midget AAA en 2011-2012. À l'été 2012, il est réclamé en 12e ronde par les Cataractes de Shawinigan. Une fracture à un poignet l'empêche toutefois de se présenter au camp d'entraînement. Il décide donc de retourner dans son patelin, à Baie-Comeau, où il s'alignera avec les Vikings... dans le midget BB.
Lors de la saison 2013-2014, Samuel Vigneault prend la direction du Boomerang du Cégep André-Laurendeau, dans le circuit de hockey collégial. C'est à ce moment que l'Université Clarkson, située dans l'État de New York, le courtise et l'invite à joindre les rangs des Golden Knights en vue de la campagne 2013-2014, dans la NCAA.
Trois saisons plus tard et un baccalauréat en finances bientôt en poche, Samuel Vigneault est invité à apposer sa signature au bas d'un contrat professionnel. Il s'agit d'un contrat de deux saisons à deux volets. 
«Tout s'est passé rapidement, a avoué le jeune homme de 21 ans lors d'un entretien téléphonique. Dimanche soir, on a été éliminés des séries et mardi, mon agent Philippe Lecavalier a commencé à négocier avec quelques équipes. Mercredi soir, je signais avec Columbus.»
Vigneault n'est pas tombé en bas de sa chaise lorsqu'il a reçu la nouvelle puisqu'il savait que les Blue Jackets avaient un certain intérêt. Il a d'ailleurs participé à leur camp de développement l'été dernier et il a eu des contacts avec la formation pendant la saison. Il se rapportera maintenant aux Monsters de Cleveland dans la Ligue américaine, avant de revenir à l'Université Clarkson pour ses examens finaux. «Ma blessure au poignet aura été un mal pour un bien, a avoué l'athlète de six pieds, cinq pouces et 205 livres. J'ai passé les trois plus belles années de ma vie à Clarkson et je me suis bien développé. C'est incroyable ce qui m'arrive.»
Le hockeyeur a récolté 75 points en 106 matchs lors de son stage universitaire. Les choses vont plutôt vite pour Vigneault en ce moment et c'est pour cette raison qu'il préfère ne pas trop se créer d'attentes.
«Je m'en vais dans la Ligue américaine et je vais voir ce que je peux faire, a-t-il soutenu. Le plan est de rester à Columbus cet été pour m'entraîner avec les joueurs des Blue Jackets. Je veux essayer de devenir un bon joueur pour eux et je veux faire l'équipe le plus rapidement possible.»
Samuel Vigneault est fier du chemin parcouru depuis le début de sa carrière, d'autant plus qu'il a tracé son propre trajet. Sans dénigrer la Ligue de hockey junior majeur du Québec, il recommande à tout joueur de hockey de tenter l'expérience.
Un exemple de persévérance
Dany Fortin secondait Claude Bouchard lorsque Samuel Vigneault a percé l'alignement des Élites de Jonquière en 2011-2012. Aujourd'hui, les deux hommes ne peuvent que lever leur chapeau à leur ancien #12.
Vigneault avait été limité à 14 points en 43 matchs avec les Élites, mais déjà, ses habiletés ne faisaient aucun doute.
« Il n'avait pas le même millage que les autres joueurs de son âge, mais on l'avait gardé parce qu'on trouvait que c'était un beau projet, a exprimé Claude Bouchard, qui était l'entraîneur-chef des Élites à l'époque, tandis que Dany Fortin était son adjoint. Il avait un beau coup de patin, une bonne vision du jeu et des bonnes mains, mais on savait qu'il partait de loin. Il avait eu des hauts et des bas, mais c'était un jeune qui avait beaucoup de potentiel.
« C'est une autre preuve que lorsque tu crois à quelque chose et que tu mets les efforts pour y arriver, il n'y a rien d'impossible. On ne peut pas avoir un plus bel exemple de persévérance. »
De son côté, Dany Fortin a également remarqué un beau talent en Samuel Vigneault.
«Il a pris de l'assurance et au fur et à mesure que la saison avançait et il s'est découvert des aptitudes offensives, s'est souvenu l'homme de hockey. Il en avait déjà, mais quand tu arrives dans le midget AAA à 16 ans, ça demande toujours une période d'adaptation. C'est un jeune homme qui a toujours eu du talent et il a toujours été performant.»
Dany Fortin a comparé le parcours de Vigneault à celui d'Antoine Roussel, joueur invité chez les Saguenéens qui est devenu un attaquant établi chez les Stars de Dallas.
«Les jeunes vont pouvoir s'identifier à Samuel et peu importe le chemin que tu prends, il est possible de se rendre loin, a indiqué Fortin. C'est vraiment un bel exploit et il a travaillé très fort pour y arriver.»