Samuel Matte va tirer un trait sur sa carrière de nageur au terme de la Traversée internationale du lac Saint-Jean.

Le lac avant la retraite pour Samuel Matte

« Pour une dernière fois, avant de m’en aller », chantait Gerry Boulet. Impossible de savoir si c’est ce que Samuel Matte va fredonner samedi matin au quai de Péribonka, mais ce qu’on sait, c’est que le nageur de Québec va participer à une première – et dernière – Traversée internationale du lac Saint-Jean.

Le membre de l’équipe de natation du Rouge et Or de l’Université Laval a décidé en début de saison qu’il s’agissait de sa dernière année de compétition. Le seul Canadien en lice chez les hommes a donc pris les moyens pour arriver fin prêt pour l’épreuve mythique du 32 km entre Péribonka et Roberval, samedi.

« J’avais pris ma décision et c’est pour cette raison que j’ai décidé de m’attaquer au lac Saint-Jean, a expliqué Samuel Matte, lorsque rencontré mercredi. Je ne voulais pas prendre ma retraite sans l’avoir fait. J’ai toujours été un nageur de longue distance et j’ai vu plusieurs coéquipiers participer à la Traversée. C’est réputé pour être une épreuve assez difficile, mais lorsque tu as fait l’entraînement nécessaire, je pense que tout est faisable. »

Tradition d’excellence

Le finissant en communication publique est parfaitement au courant des grandes performances québécoises à la Traversée, qu’il a qualifiée de tradition d’excellence. Motivé par les Xavier Desharnais (nouvellement retraité et deux fois champion), Simon Tobin et Philippe Guertin, Samuel Matte a l’intention d’offrir une performance à la hauteur de ses attentes et de sa préparation. Il a, entre autres, participé au 15 km du Marathon du lac à Jim, il y a deux semaines à Saint-Thomas-Didyme, et aux Championnats de France d’eau libre en mai.

« Je suis confiant, sans toutefois être dans l’excès, a affirmé l’articulé jeune homme. Je savais dès le début de l’année que je voulais participer à la Traversée. Je voulais mettre tout en oeuvre pour arriver confiant et je pense que lorsque je vais prendre le départ, c’est ce que je vais ressentir. Ensuite, le lac reste imprévisible. On verra, mais je me sens bien. »

Marie-Laurence Lortie en sera à une troisième Traversée consécutive.

Lortie veut améliorer son rang

Huitième chez les femmes et 2017 et sixième l’an dernier, Marie-Laurence Lortie croit avoir fait tout en son possible pour améliorer ses résultats antérieurs. La résidante de Kingsey Falls, dans le Centre-du-Québec, a mis les bouchées doubles à l’entraînement pour affronter le lac Saint-Jean dans les meilleures conditions possible.

« J’ai eu une bonne préparation, donc j’espère que ça va se refléter dans le lac, a raconté Lortie. Mon volume d’entraînement est beaucoup plus élevé que lors des dernières années, et ça va bien en compétitions. J’ai hâte ! »

Combinaison

À l’instar de plusieurs nageurs, Marie-Laurence Lortie souhaite ardemment que le lac Saint-Jean soit suffisamment chaud pour empêcher le port de la combinaison thermique. Le fameux wetsuit, mal-aimé par certains et considéré comme le sauveur par d’autres, a la réputation de dénaturer le sport, aux yeux de la Québécoise.

« Je suis totalement pour qu’une compétition en eau libre se fasse sans combinaison thermique, a-t-elle tranché. C’est celui qui réussit à s’adapter aux conditions climatiques qui mérite le plus de gagner. »

Marie-Laurence Lortie n’est pas trop inquiète de la faible représentativité canadienne dans le peloton. Alors que Samuel Matte est le seul chez les hommes, Lortie est l’une des trois femmes à représenter la feuille d’érable.

« Ça ne me dérange pas trop parce que je garde espoir qu’il va y avoir de la relève dans les prochaines années, a-t-elle soutenu. La Traversée a toujours réussi à attirer des nageurs canadiens donc ça ne m’inquiète pas. »