La tragique fin de combat d’Adonis Stevenson incite Michel Laplante, que l’on voit ci-dessus à l’entraînement le 29 octobre, à remettre en question sa participation au gala de boxe au profit de la Fondation du CHU, le 12 décembre.

Le K.-O. d'Adonis Stevenson fait réfléchir Michel Laplante

Bien qu’il soit vendu à la cause et convaincu qu’il n’encourt aucun risque pour sa santé, le président des Capitales de Québec Michel Laplante remet en question sa participation à un combat de boxe amical dans le cadre du Challenge XPN au profit de la Fondation du CHU pour les maladies du dos qui se tiendra le 12 décembre, au Stade Canac.

Sa réflexion fait suite à l’état de santé précaire dans lequel se retrouve le boxeur professionnel Adonis Stevenson, plongé dans le coma depuis sa défaite par K.-O. au 11e round contre l’Ukrainien Oleksander Gvoz­dyk, samedi, au Centre Vidéotron.

«Il s’agit de la question qu’on ne veut pas se faire poser, mais elle est de mise et je vais y répondre. Je ne sais pas si je vais y participer», admettait l’homme de baseball, lundi matin.

Il prendra sa décision d’ici les 48 pro­chaines heures, mais s’interroge sur la pertinence de prendre part à une telle activité au moment où l’ex-champion du monde lutte pour sa vie sous la supervision des spécialistes en neurologie de l’hôpital de L’Enfant-Jésus, à Québec.

«Les chances de se faire mal ou de subir une grosse commotion cérébrale sont à peu près nulles, mais par respect pour la famille et les amis qui sont au chevet d’une personne qui leur est chère et qui s’inquiètent pour sa vie, je me demande si c’est le bon moment pour le faire. Je ne pense pas que ce le soit», disait-il en répondant lui-même à son questionnement.

Scalabrini y sera 

Depuis dimanche, les proches et des amis de Laplante lui demandent s’il enfilera les gants comme prévu, le 12 décembre, sous le dôme du Stade Canac pour s’y battre contre son ami Steve Jobidon. Le gérant des Capitales Patrick Scalabrini a aussi rendez-vous avec Jamie Keefe, qui dirigeait les Boulders de Rockland jusqu’à tout récemment.


« Les chances de se faire mal ou de subir une grosse commotion cérébrale sont à peu près nulles, mais par respect (...) je me demande si c’est le bon moment pour le faire. »
Michel Laplante

Il y a un peu plus de deux ans, Laplante a survécu à un accident d’hélicoptère ayant causé la mort de deux personnes, dont son ami et associé Bob Bissonnette. Il s’est inscrit à cette activité malgré le désaccord de son médecin et de son physiothérapeute

«Richard [Blanchet] et Gilles [Courchesne] ne sont pas d’accord à ce que je fasse cela. Ils ont leurs raisons, je les comprends. Personnellement, je suis convaincu qu’il n’y a pas de danger, parce qu’il n’y a aucune animosité entre Steve et moi. Il n’y a aucun désir de faire mal à l’autre ou de le pincer, on veut juste gagner aux points, et non pas aux poings. Et nous sommes très bien préparés et entraînés par Denis Perreault [aussi organisateur du Challenge XPN].

«C’est comme un match de hockey sans contact, on ne cherche pas à frapper vicieusement un adversaire. Je suis totalement derrière la cause, qui a pour but de mettre le monde en bonne condition physique, mais s’il y avait 1 % de risque, est-ce que ça vaut la peine de le prendre? Je ne le cache pas, je suis tiraillé. Non pas parce que c’est dangereux, mais plutôt si c’est la bonne chose à faire, présentement.»

Pour ce qui est de Scalabrini, le rendez-vous avec Keefe est toujours à l’ordre du jour. «Ça fait réfléchir, mais je vais le faire comme prévu. Dans notre cas, on ne s’en va pas là pour s’arracher la tête, on voit cela comme un match de boxe et non pas comme un combat. Si on voit que l’un domine plus, on va s’ajuster.»

Keefe vient d’être nommé gérant des Rockers de High Point, nouvelle franchise basée en Caroline du Nord dans la Ligue Atlantic. Son instructeur des lanceurs sera Frank Viola, l’un des meilleurs gauchers de sa génération qui a longtemps travaillé au développement des espoirs des Mets de New York.

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«TRÈS DIFFÉRENT DU SPORT-SPECTACLE DE TRÈS HAUT NIVEAU»

Organisateur d’un événement de boxe amateur présenté la semaine prochaine au Stade Canac afin d’amasser des fonds pour la Fondation du CHU de Québec et les maladies du dos, Denis Perreault assure que son activité n’a rien à voir avec ce qui s’est déroulé samedi soir au Centre Vidéotron. L’ex-champion du monde Adonis Stevenson est depuis plongé dans un coma artificiel et lutte pour sa vie.

«C’est très différent du sport-spectacle de très haut niveau. Il y a une énorme différence entre rouler en automobile jusque chez nous à 110 km/h et faire une course de Formule 1 à plus de 200 km/h. Il y a le sport de participation pour se garder en forme et il y a grimper l’Everest, conduire une F1 ou faire trois tours dans les airs avant de retomber sur une patte en gymnastique», illustre Perreault, assurant que la tenue de l’activité n’est pas compromise.

Impliqué dans le milieu des sports de combat à Québec depuis longtemps, cet ancien karatéka estime que la pratique de la boxe a sauvé la vie de bien plus de personnes qu’elle en a tuées. Il est lui-même entraîneur de boxe participative pour aider monsieur et madame Tout-le-Monde à se remettre en forme ou la garder. «Mon fils de 17 ans fait de la boxe», dit Perreault. «Ça lui permet d’être en forme, de combattre ses peurs, de gérer son stress et de repousser ses limites. Mais je ne voudrais pas qu’il devienne boxeur professionnel! C’est trop cher payé de sa vie, le coût est trop élevé compte tenu des efforts à faire et des dangers encourus.»

Le Challenge XPN de boxe met aux prises dans le ring gens d’affaires, personnalités publiques ou sportives dans de courts combats entre adversaires de même niveau et de même poids. Ça commence à Laval mardi et mercredi, puis le 10 décembre à La Prairie, les 11 et 12 décembre à Québec et le 13, à Saguenay, puis à Lévis, le 21 mars.  Olivier Bossé