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Le judoka natif de Jonquière, Antoine Bouchard (en bleu), a vécu une journée forte en émotions, mardi, durant le déroulement des championnats du monde qui déterminait les participants aux Jeux olympiques de Tokyo.
Le judoka natif de Jonquière, Antoine Bouchard (en bleu), a vécu une journée forte en émotions, mardi, durant le déroulement des championnats du monde qui déterminait les participants aux Jeux olympiques de Tokyo.

Le judoka Antoine Bouchard sera substitut aux Jeux de Tokyo

Johanne Saint-Pierre
Johanne Saint-Pierre
Le Quotidien
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À moins d’une blessure de son coéquipier, ce qu’il ne souhaite pas, le judoka jonquiérois Antoine Bouchard ne sera pas en action sur les tatamis durant les Jeux olympiques de Tokyo. Mais il devra quand même se tenir prêt, car il sera le substitut dans sa catégorie (-73 kilos).

Son coéquipier, Arthur Magelidon, est en effet demeuré dans le top-8 mondial à l’issue des Championnats du monde de judo en cours en Hongrie, de sorte qu’il a priorité pour l’unique billet disponible pour le Canada. Toutefois, comme le Saguenéen s’est quand même qualifié dans le top-18 mondial, il hérite du rôle de substitut et doit donc continuer de se préparer au cas où la malchance frapperait son compatriote.

Cela dit, Antoine Bouchard avoue avoir vécu une journée éprouvante, lui qui devait se contenter de suivre les championnats à distance au lieu d’y participer. Au printemps dernier, au retour d’une tournée des Grands chelems de Géorgie et de Turquie, il a reçu un test positif à la COVID.

Même si tout s’est bien passé durant la quarantaine et qu’il n’a pas été très affecté, son corps continue de présenter des résidus de virus et il y avait une possibilité que les tests sortent positifs. La malchance a voulu qu’après un prétest négatif, le test passé 72 heures avant son départ pour les mondiaux ait été positif. Pour la Fédération internationale de judo, pas question qu’il prenne part au tournoi, même avec un papier de ses médecins faisant état de la situation.

Montagnes russes

Au début de la journée de mardi, Arthur Margelidon était 6e au monde et Antoine, 17e. En étant dans le top-8, Margelidon faisait partie des têtes de série qui ont priorité pour les places disponibles pour les Jeux. « Selon les règles du Canada, si tu es une tête de série, tu n’as pas besoin de faire de combat de barrage », explique celui qui avait conclu au 5e rang chez les -66 kilos aux Jeux de Rio 2016.

Le judoka natif de Jonquière, Antoine Bouchard, a vécu une journée forte en émotions, mardi, durant le déroulement des championnats du monde qui déterminait les participants aux Jeux olympiques de Tokyo.

Le Saguenéen avait envisagé trois scénarios, ce qui lui laissait espérer un possible dénouement positif. « Il fallait que trois personnes passent devant (Margelidon). Avant les compétitions, j’avais un peu regardé les possibilités et c’était assez minime. Ça impliquait par exemple qu’une certaine personne soit en finale, qu’une certaine autre fasse un top-7 et qu’une autre finisse troisième. Il y a un scénario qui ne s’est pas produit, mais il y a eu un autre scénario que je n’avais aucunement prévu. Le Suédois qui a fini deuxième a battu le Japonais champion du monde en titre et #1 au monde », relate-t-il.

Cette victoire inattendue du Suédois lui a donné un « boost » d’espoir et de confiance, lui qui avait eu un petit moment de déception auparavant, lorsque le représentant du Kosovo a perdu. « Ça s’est joué sur une finale de bronze entre l’Ouzbek et le Turc, et malheureusement pour moi, le Turc l’a emporté. Ce qui a fait que l’Ouzbek n’est pas passé devant Arthur qui est resté dans le top-8 », explique l’athlète de 26 ans.

« Ç’a été une journée remplie de hauts et de bas. Ça m’a tenu en haleine toute la journée, avoue-t-il. Sur le coup, de passer aussi proche, c’est ce qui est le plus frustrant dans un sens. Je me suis dit, si ça finit tôt, je ne me ferai pas d’espoir. Mais là, il y a eu plusieurs scénarios qui sont survenus que je n’aurais peut-être même pas osé espérer en début de journée. Et finalement, ça s’est joué sur le dernier combat. C’est un peu crève-coeur, mais malheureusement pour moi, ça fait partie de la “game” et on va passer à autre chose demain. »

Si Margelidon n’était pas demeuré dans le top-8, lui et Antoine se seraient affrontés dans un deux de trois pour déterminer le représentant canadien de leur catégorie à Tokyo.

Préparation

À compter de maintenant, Antoine Bouchard devra continuer de s’entraîner pour être prêt à prendre le relais si son coéquipier se blesse. Sa nouvelle mission sera aussi d’entraîner les judokas qui se sont qualifiés. « On en a quand même un bon volume au niveau de l’équipe et ce sera de les préparer au maximum pour qu’ils aient une chance d’aller chercher une médaille. »

Une fois les Jeux passés, le Saguenéen compte s’accorder une pause de quelques semaines pour se concentrer sur ses études. « Et par la suite, on va y aller une année à la fois. Si je performe encore, je ne vois pas pourquoi j’arrêterais. Je vais y aller année par année et si ça va bien, je vais peut-être me lancer pour un prochain cycle, mais il est trop tôt pour le dire », a-t-il conclu.