Le judoka jonquiérois Antoine Bouchard a pu renouer avec les combats, mardi. En compagnie de huit autres athlètes qui ont les Jeux de Tokyo dans leur mire, le Saguenéen séjournera à Lethbridge en Alberta pour trois semaines, au centre provincial Kyodokan.
Le judoka jonquiérois Antoine Bouchard a pu renouer avec les combats, mardi. En compagnie de huit autres athlètes qui ont les Jeux de Tokyo dans leur mire, le Saguenéen séjournera à Lethbridge en Alberta pour trois semaines, au centre provincial Kyodokan.

Le judoka Antoine Bouchard renoue avec les combats en Alberta

Cinquième aux Jeux olympiques de Rio en 2016, le judoka de Jonquière, Antoine Bouchard, vise bien sûr une deuxième participation aux Jeux olympiques, cette fois à Tokyo en 2021. Mais malgré le report d’un an, les athlètes de haut niveau ne peuvent se limiter à de l’entraînement sans contact. C’est pourquoi il fait partie des 9 judokas canadiens qui ont pris la direction de Lethbridge, en Alberta, où ils pourront reprendre l’entraînement avec combats, ce qui n’est toujours pas permis au Québec.

Joint par Messenger, l’Olympien avouait être très heureux de renouer avec les combats. «Nous avons fait notre premier entraînement de judo ce matin (mardi) et c’était vraiment agréable !», a confirmé le Jonquiérois, qui séjournera avec la délégation canadienne pendant le camp de trois semaines à Lethbridge.

«Même si j’ai réussi à me tenir actif au cours des derniers mois, c’était difficile de retrouver les mêmes sensations qu’au judo. Je pense que Judo Canada a pris les mesures nécessaires pour notre sécurité. On limite les sorties et les contacts avec les gens de l’extérieur et on a un suivi des symptômes tous les jours» a-t-il relaté. 

Le Saguenéen s’est dit rassuré par les mesures prises et il n’a donc pas eu d’inquiétudes à aller s’entraîner avec ses collègues qui, comme lui, sont tous contents de passer à l’étape suivante.

«Une fois les mesures présentées, je n’avais pas de doutes que tout avait été pensé avec notre sécurité en priorité», d'assurer celui qui évolue chez les -73 kilos.

De fait, les entraînements en ligne par Zoom et les séances de cardio à l’extérieur ont fait du bien au moral, en ces temps de pandémie, mais tout devait se faire dans le respect du deux mètres. Or, le judo est un sport de contact. Comme la pratique de sports de combat n’est toujours pas permise au Québec, Judo Canada a décidé de tenir un camp en Alberta en prenant toutes les mesures de sécurité pour former en quelque sorte une bulle pour les 9 judokas canadiens dans la course pour participer aux Jeux de Tokyo.

Ces derniers doivent se préparer en vue de la relance prochaine des compétitions internationales et le temps presse si les compétitions peuvent reprendre en septembre. Trouver un endroit où s’entraîner avec combats était devenu essentiel afin que le Canada demeure compétitif sur la scène internationale, alors que les différentes nations n’ont pas toutes composé avec les mêmes mesures de confinement ces derniers mois, a fait valoir Judo Canada dans un communiqué.

Dans une bulle
Les 9 athlètes, ainsi qu’un personnel d’encadrement restreint, seront les seuls à avoir accès au club de Lethbridge qui fait partie des centres régionaux d’entraînement de Judo Canada. Ils résideront dans un hôtel à proximité, dans une «bulle» sans contact avec la population locale, a précisé Judo Canada.

«C’est un concept pensé pour réduire les risques au maximum et assurer la sécurité de tous. Ils vont s’entraîner, manger et vivre ensemble exclusivement», explique Nicolas Gill, directeur général et directeur haute performance.

«La pression de reprendre l’entraînement le plus rapidement possible est venue de la fédération internationale, qui fait tout en son pouvoir pour reprendre la saison en septembre, affirme Nicolas Gill. Notre mandat demeure d’obtenir des résultats aux Jeux olympiques et il devenait nécessaire de permettre aux athlètes de s’entraîner dans des lieux sécuritaires. Après avoir fait le tour des options, les installations de Lethbridge sont pour nous l’endroit idéal présentement.»

Nicolas Gill assure suivre la situation de près au Canada et ailleurs dans le monde. Judo Canada a toujours le luxe d’avoir accès aux installations à l’intérieur du Parc olympique de Montréal et l’évolution du déconfinement au Québec aura certainement un impact sur l’entraînement des judokas canadiens.

«Les athlètes entrevoient ce voyage avec un mélange de bonheur et d’appréhension. Nous sommes conscients qu’il s’agit d’un changement draconien et que c’est presque un deuxième confinement pour eux», a indiqué Nicolas Gill.

Outre Antoine Bouchard (-73 kg), les judokas à l’entraînement à Lethbridge sont Catherine Beauchemin-Pinard (-63 kg), Jacob Valois (-66 kg), Arthur Margelidon (-73 kg), Étienne Briand (-81 kg), Antoine Valois-Fortier (-81 kig) Zachary Burt (-90 kg), Mohab El Nahas (-90 kig) et Shady El Nahas (-100 kg).