Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Isabelle Pion
La Tribune
Isabelle Pion
À 90 ans, Georges-Henri Poulin fait du ski de fond deux à trois fois par semaine.
À 90 ans, Georges-Henri Poulin fait du ski de fond deux à trois fois par semaine.

Le Jack Rabbit de Richmond [VIDÉO]

Article réservé aux abonnés
CHRONIQUE / Pendant que certains pestent contre l’hiver, Georges-Henri Poulin n’a pas (si) hâte de voir le printemps arriver. À 90 ans, ses sorties en ski de fond rythment ses semaines. Et pendant la saison estivale, l’aménagement et l’entretien des pistes occupent beaucoup de son temps.

D’ailleurs, s’excuse-t-il en me rappelant, il était parti skier lorsque je lui ai laissé un message sur sa boîte vocale. 

« C’est notre Jack Rabbit à nous », me lance Jean-Paul Raîche, le vice-président du Centre de ski de fond Richmond-Melbourne (CSFRM) au bout du fil. 

Si Herman Smith Johannsen, surnommé Jack Rabbit, a commencé à faire du ski alors qu’il n’avait que trois ans, Georges-Henri Poulin, de son côté, est devenu fondeur dans la cinquantaine. 

L’amour pour ce sport ne s’est jamais tari depuis. « J’avais environ 55 ans. C’est venu sur le tard et c’est venu fort! » lance-t-il en riant.

Toutes les semaines, le cofondateur du Centre de ski de fond Richmond-Melbourne effectue entre deux et trois sorties, d’une heure et demie à deux heures chacune. 

« Au début de la saison, je fais des pistes plus faciles et intermédiaires. Ça prend plus de temps pour reprendre la forme. Je persiste et j’aime beaucoup ça. J’essaie d’être prudent, d’y aller selon mes capacités. Depuis un an ou deux, j’attaque moins les pistes très difficiles. Au milieu de la saison, je suis plus rassuré. Des fois, je suis un peu osé... » souligne celui qui dit rarement tomber.

Le Richmondais est père de quatre enfants : trois garçons et une fille adepte de ski comme lui, me précise-t-il.

Que dirait-il à quelqu’un qui a envie de se lancer un peu tardivement sur les pistes?

« C’est très possible! À 45 ou 50 ans, c’est facile de commencer à pratiquer ce sport-là, avec quelques leçons de base au départ, avec une santé raisonnable. Le ski de fond, c’est un sport très cardio, ça prend de bonnes jambes et du cœur, évidemment... et le désir. Un autre avantage, c’est qu’il y a eu beaucoup d’améliorations de l’équipement depuis 10 ou 15 ans. »

Pendant la saison estivale, il garde la forme en marchant et en faisant un peu de vélo.

« On va travailler dans les sentiers... En juillet, on prend le mois off! Ce sont les vacances des bénévoles. Depuis deux ou trois ans, on travaille beaucoup dans les sentiers pour les rendre plus doux. »

On s’en rend vite compte en multipliant les sorties : entretenir les pistes est un art. Et ce que les fondeurs ne voient pas, l’hiver, c’est tout le travail en amont : les ponts à réparer, les arbres à couper, les branches à ramasser... tout ce qui occupe des bénévoles même en été, que ce soit à Richmond ou ailleurs.  

Georges-Henri Poulin est bien connu dans son milieu : l’homme a été élu conseiller municipal en 1985 et a occupé ses fonctions pendant près de 20 ans. Président de la Chambre de commerce de Richmond en 1977-1978, il s’investit dans la création du CSFRM : tout était alors à faire. L’homme a pris une préretraite de l’usine HH Brown en 1993. « Je voulais me garder du temps pour faire du ski. C’est devenu une passion de tracer les sentiers. Ça a influencé mon désir de prendre une préretraite... Je me suis impliqué beaucoup pour le centre. C’est devenu pour moi une pensée constante. (...) Même l’été, j’y vais, je rencontre d’autres bénévoles. On imagine des changements, des améliorations... » 

Les bénévoles du centre forment aussi un clan tissé serré, me raconte celui qui est secrétaire au conseil d’administration.

« C’est presque un must! Si ça fait trois ou quatre jours qu’on ne s’est pas croisé, on se trouve des raisons pour s’appeler... »

« L’hiver n’est pas long pour moi parce que je fais du ski ou je fais du bénévolat. On est déjà le 10 février et je vois le mois de mars arriver... » dit-il en fronçant les sourcils.

De bien sages paroles. Ou on profite de l’hiver ou on peste jusqu’au printemps, à nous de décider.

Le Centre de ski de fond Richmond-Melbourne existe depuis 40 ans.

+

Le parcours de l’immigrant norvégien décédé à 112 ans est toutefois fascinant.

Jack Rabbit

Je connaissais peu de choses de Jack Rabbit... sinon les programmes du même nom pour les enfants. Le parcours de l’immigrant norvégien décédé à 112 ans est toutefois fascinant. L’Office national du film (ONF) du Canada propose sur son site un documentaire de 28 minutes 

sur « l’un des grands promoteurs du ski de fond en Amérique du Nord » : Jack Rabbit, le skieur centenaire. Envie d’en savoir plus? Vous pouvez visionner le film de William Brind sur le site de l’ONF 

Suggestions, questions, commentaires?
Écrivez-moi à isabelle.pion@latribune.qc.ca
Suivez-moi sur Instagram : isabelle.pion