Le AAA est un regroupement occasionnel de joueuses sélectionnées pour des tournois, dont fait partie la Jonquiéroise Éloïse Lavoie.

Le hockey féminin change de visage

Le hockey féminin changera complètement de visage la saison prochaine, ce qui ne fait pas que des heureux dans la région. Parmi les faits saillants, Hockey Québec annonce la création de quatre structures intégrées au hockey féminin ainsi que des équipes AAA permanentes. Le meilleur circuit de compétition provincial ne comptera plus d’équipes au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

«C’est carrément une déception, commente le responsable du hockey féminin dans la région, Stéphane Lavoie. Encore une fois, c’est aux régions de s’exiler pour performer.»

Avec la structure dévoilée dans un communiqué vendredi, le Québec a été divisé en quatre zones, pour une ligue de huit équipes dans le pee-wee, bantam et midget AAA. La zone Est, qui regroupera le Saguenay-Lac-Saint-Jean, la Côte-Nord, la Gaspésie, le Bas-Saint-Laurent et Québec/Chaudière-Appalaches, comptera une équipe qui sera basée dans la Capitale nationale, au lieu de quatre sur le même territoire comme cela est le cas dans la structure actuelle. Le AAA n’est pas nouveau en soi, mais il s’agit présentement d’un regroupement occasionnel de joueuses sélectionnées pour des tournois, dont fait partie la Jonquiéroise Éloïse Lavoie.

Interrégional

La Ligue de hockey d’excellence du Québec prend la relève de la Ligue de hockey féminine de développement du Québec, en place depuis sept ans. Le circuit était indépendant, mais tout de même affilié à Hockey Québec et la région est représentée dans le midget AA avec une formation de 14 joueuses. Cette ligue sera incluse dans la nouvelle structure, mais dans un calibre interrégional, avec les autres secteurs de la zone Est. «Le défi sera un peu moins grand. Au niveau du recrutement, les filles veulent se faire voir. Avec cette nouvelle structure, ils vont aller au AAA», fait valoir Stéphane Lavoie, mentionnant que deux joueuses régionales ont attiré l’attention des programmes collégiaux récemment. 

Les rumeurs couraient depuis un bon moment sur la création de cette nouvelle structure, mais les différents responsables ont été mis au courant à la mi-février. Stéphane Lavoie a participé à quelques conférences téléphoniques, dont une tenue jeudi avec les autres membres de la section Est qui partagent sa déception. «C’est difficile à passer dans la gorge», lâche-t-il.

«Actuellement, ce n’est pas parfait, parce que le scénario idéal n’existe pas. Mais à compter de l’an prochain, il faut vraiment que tu partes. C’est aussi moins attrayant pour les filles que pour les gars de le faire», signale le responsable, convenant que le déménagement n’est pas envisageable pour les joueuses d’âge pee-wee et même bantam. 

Baisse des coûts

Les dirigeants de Hockey Québec évoquent notamment une baisse des coûts pour expliquer leur décision. «Ces changements apportés à la structure du hockey féminin sont des actions prévues dans notre plan stratégique. Nous voulons créer une offre de service pour le hockey féminin qui n’aura rien à envier au masculin », mentionne dans un premier temps le directeur général Paul Ménard.

«Comme les meilleures joueuses évolueront dans le AAA, il y aura plus de joueuses dans le AA et dans le A, ce qui réduira la distance entre les équipes et les coûts pour les parents. Au final, tout le monde en sort gagnant », note pour sa part le directeur du développement, Jacques Blouin.

«On paie pareil et ça ne nous dérange pas, répond Stéphane Lavoie. Tout ça est mis en place parce que les parents de Lac-Saint-Louis ou de Laval ne veulent pas embarquer dans leur char pour descendre au Saguenay une fois dans l’hiver.»