Les coprésidents du Grand Prix cycliste de Saguenay, Sébastien Gagnon et Steve Potvin, ainsi que le DG Gaétan Larouche ont annoncé à contrecoeur que l’organisation fera l’impasse sur l’édition 2018 pour la reporter en 2019. La tenue du Sommet du G7 à La Malbaie durant la même fin de semaine ne permet pas d’offrir une sécurité adéquate pour la tenue des courses cyclistes.

Le G7 force le report du GP cycliste de Saguenay

La tenue du G7 à La Malbaie du 7 au 9 juin aura un impact sur le Grand Prix cycliste de Saguenay qui devait se tenir la même fin de semaine. Devant l’impossibilité d’obtenir une sécurité adéquate pour cette compétition sportive de haut niveau et de trouver une autre date pour tenir l’événement, l’organisation a décidé de faire l’impasse sur l’édition 2018 pour revenir en force en 2019.

Les représentants de sept des plus grandes puissances économiques de la planète convergeront vers La Malbaie pour le Sommet du G7, les 8 et 9 juin prochain et plusieurs dignitaires transiteront par l’aéroport de Bagotville. Or, la 5e édition du Grand Prix cycliste de Saguenay devait se tenir du 7 au 10 juin 2018 et l’important dispositif de sécurité qui sera déployé fait en sorte qu’il n’y avait plus de ressources policières suffisantes pour assurer un encadrement adéquat pour le déroulement des quatre courses au programme.

Options envisagées

Informée de la situation, l’organisation a bien tenté de trouver une solution de rechange. «Le comité des événements de Saguenay nous a contacté pour nous informer que du 7 au 9 juin, il y aurait le Sommet du G7 à La Malbaie et que ces gens allaient passer par Saguenay, via l’aéroport de Bagotville, pour se rendre dans Charlevoix. Ça faisait en sorte que tous les services municipaux au niveau de la sécurité étaient monopolisés à 100 % pour cet événement, de sorte qu’on ne pouvait tenir le nôtre à cette date. Comme la sécurité est un élément capital du Grand Prix, c’était impensable de le tenir sans les services de la sûreté municipale», a expliqué Steve Potvin, coprésident du GP cycliste avec Sébastien Gagnon. 

L’autre contrainte importante pour l’organisation était de trouver une autre date qui leur permettait de s’accoler à un événement cycliste au Canada ou sur la côte Est américaine afin d’être plus attrayant pour les équipes de l’ouest des États-Unis et d’outre-mer qui ne se déplace pas pour un seul événement. Habituellement, le GP de Saguenay se déroulait avant le Tour de Beauce (13-17 juin 2018). «On a communiqué avec l’organisation du Grand Prix de Beauce pour savoir si l’on pouvait interchanger nos dates, mais c’était impossible pour eux», souligne-t-il.

Plusieurs scénarios ont été envisagés, mais chaque fois, l’organisation s’est butée à d’autres problématiques. «On a aussi regardé pour tenir le GP dans la semaine suivant celui de Beauce, mais c’était trop proche des championnats nationaux. On a aussi regardé pour le GP de Philadelphie juste avant notre date, et la Classique de Salem deux semaines avant nos dates, soit autour du 18-19 mai, mais on nous a dit que ce n’était pas possible puisque la Sûreté municipale serait déjà en préparation pour le G7 et que les plans d’asphaltage pour réparer les routes ne serait pas prêts», a relaté Steve Potvin.

L’une des options envisagées a aussi été de reporter l’événement à la fin août, ce qui aurait impliqué de travailler à temps plein sur le projet durant l’été. La disponibilité des bénévoles aurait été aussi plus difficile durant l’été.

Ajout d’un CLM? 

Les dirigeants du GP cycliste ont donc décidé de ne pas tenir l’édition en 2018 et de la reporter en 2019 en apportant des bonifications déjà envisagées. «Nous allons essayer d’attirer quelques équipes plus fortes en continentale pro et on avait même pensé à ajouter un contre-la-montre pour rendre la compétition plus difficile», mentionne Steve Potvin. Pour sa part, Sébastien Gagnon précise que la décision de reporter l’événement n’a pas été prise de gaieté de coeur. «C’est clair que ce n’était pas une bonne nouvelle pour le CA ni pour les bénévoles. On les a rencontrés la semaine dernière et on les a consultés. On a 200 bénévoles et on voulait savoir s’ils seraient de retour et la réponse a été pratiquement unanime à l’effet qu’ils nous supportaient dans la décision», ajoute-t-il.

«Ce n’est pas une année de vacances pour nous, précise le DG Gaétan Larouche. C’est vraiment une année dont on veut profiter pour d’abord se positionner encore davantage et travailler à améliorer l’organisation. On veut en profiter pour se donner une vision d’avenir.»

Les partenaires financiers et les équipes qui avaient déjà manifesté leur intérêt ont été avisés de cette situation exceptionnelle et ils ont bien réagi.

En bref

  • Une partie du conseil d’administration du Grand Prix cycliste de Saguenay a été renouvelé. Ainsi, le président de la toute première édition du GP de Saguenay, Steve Potvin, a repris du service pour donner un coup de main à Sébastien Gagnon, qui préside l’organisme depuis 2015. Les autres nouveaux venus sont Kevin Tremblay, un homme d’affaires de Chicoutimi, Émilie Laurin de Deloitte et l’ancienne collègue du Quotidien, Catherine Doré qui oeuvre maintenant aux communications de Centraide...
    • Le resserrement des dépenses a permis à l’organisation de dégager encore cette année un surplus intéressant. L’an dernier, un coussin d’environ 20 000 $ avait été obtenu et cette année, l’exercice devrait probablement se situer dans les mêmes eaux. «Pour nous, c’est une bonne nouvelle! Ça nous permet de poursuivre nos activités tout en investissant dans le Grand Prix», soulignent les coprésidents...
    • Le tiers du budget du GP de Saguenay provient de Ville de Saguenay et de Promotion Saguenay. L’organisation a expliqué la situation aux élus et reviendra faire le point au printemps...
    • L’organisation a avisé tous les organismes qui leur versent une aide financière de la situation, soit Sport Canada (Cyclisme Canada), la FQSC via le ministère de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Le DG s’est assuré que ce report ne leur nuira pas. «Il semble que non parce que nous avons un motif sérieux et non un caprice d’organisation.»
    • Le DG du Grand Prix, Gaétan Larouche, a accepté de retarder son départ à la retraite. Il avait prévu quitter après la tombée du rideau de l’édition 2018, mais ce sera après celle de 2019. Ça lui permettra de bien former sa relève, le Robervalois Simon Ouellet, qui a lui-même participé comme cycliste et avec l’organisation cet été...
    • Des équipes du Japon, de la République tchèque et l’équipe italienne Armore & Vita avaient manifesté leur intérêt pour l’édition 2018. Ce sera partie remise...