La conciliation hockey-études serait beaucoup plus facile pour les joueurs si la LHJMQ décidait de commencer sa saison plus tôt.

Le fric avant les études

Ils ont sué au gym durant tout l’été. Puis ils ont franchi l’étape des sélections au camp d’entraînement, amorcé à la mi-août.

Les joueurs des 18 équipes de la LHJMQ sont fin prêts pour amorcer la nouvelle saison. Pourtant, ils doivent encore traverser trois longues semaines d’entraînement ponctuées de matchs hors-concours avant le déclenchement des hostilités.

Pourquoi? En raison du fric.

Voyez-vous, en septembre, ça ne se bouscule pas tellement aux portes pour assister à des matchs de hockey. Il fait beau, les gens ont encore le goût d’être dehors. Ça privait les franchises de quelques centaines d’amateurs ces dernières années, alors elles ont décidé de retarder leurs activités.

Le hic, c’est que ça condense le calendrier. La LHJMQ a beau se vanter de son programme de bourses, reste que ses joueurs ont un énorme défi à relever pour concilier hockey et études avec une saison de 68 matchs, et les séries qui suivent. Ces trois semaines disponibles pourraient permettre de réduire les matchs en semaine, qui coûtent plusieurs journées sur les bancs d’école à ces adolescents.

Chez les Cataractes, qui sont possiblement l’équipe qui s’en tire le mieux avec le voyagement en raison de leur position géographique, c’est facilement une quinzaine de journées que les joueurs ratent en raison des déplacements. Dont six en janvier. Bonjour le début de la session hivernale!

Imaginez maintenant l’horaire des équipes de l’Abitibi, ou encore celle des Screaming Eagles du Cap-Breton, dont l’équipe rivale la plus près est située à quatre heures de route… Et ça, c’est uniquement pour la saison. En séries, c’est une autre affaire. C’est la guerre! Comprenez que beaucoup, beaucoup de joueurs décident alors de se concentrer uniquement sur la guerre…

Complexe
J’ai déjà écrit sur ce sujet par le passé. Raymond Bolduc, en charge de la confection du calendrier, m’avait longuement expliqué la complexité de la tâche. Les équipes ne sont pas les seuls utilisateurs des arénas, il y a des tournois de hockey mineur, des expositions, des foires. Dans les Maritimes en particulier, les arénas ont peu de cases libres en hiver.

Raison de plus, non, pour mieux utiliser septembre?

Si vous leur posez la question, les dirigeants des équipes vont vous dire qu’il n’y a pas que l’argent qui entre en jeu. Que les meilleurs éléments de la Ligue rateraient les matchs du début de la saison, coincés dans les camps professionnels. Amorcer la saison plus tôt pénaliserait les équipes qui misent sur ces vedettes. Pourtant, personne ne se plaint quelques semaines plus tard quand ces joueurs quittent pour le Championnat des moins de 17 ans, ou encore le Championnat du monde junior…

On en revient donc au fric. Les Cataractes sont dans le même bateau que les autres, on me dit qu’ils ne sont pas malheureux du tout d’être en camp d’entraînement pendant que la Mauricie vibre au rythme du Festival Western de Saint-Tite.

Une fenêtre à saisir
Tout n’est pas noir dans la LHJMQ au chapitre des études. Le régime des bourses a été bonifié dans les dernières années, et l’accessibilité à ce régime est moins pointue. Bravo.

Les statistiques colligées par la LHJMQ ne sont pas si vilaines non plus*. Taux de diplomation de 99 % au secondaire, bien au-dessus de la moyenne québécoise à 79 %. Au collégial, les joueurs s’inscrivent à 3,5 cours en moyenne, et le taux de réussite des cours se situe entre 81 % et 86 % au cours des 3 dernières années. Le taux de diplomation varie de 60 à 80 % pour les joueurs qui étudient en sciences de la nature (il est de 85 % pour les garçons du réseau collégial). Le taux de diplomation varie de 30 à 40 % pour les joueurs qui étudient en sciences humaines (il est de 56 % pour les garçons du réseau collégial).

Pour améliorer ces chiffres, la fenêtre du début septembre est une option facile à utiliser.

Et puis si elle coûte quelques milliers d’amateurs dans le rapport final des assistances, la ligue gagnerait en visibilité. Le terrain de jeu médiatique est libre en ce moment. Il n’y a rien de majeur dans le paysage sportif québécois en ce moment. Or à la mi-septembre, le marché est inondé des nouvelles de la LNH en provenance de leurs camps d’entraînement.

Mais surtout, étirer la saison sur trois semaines de plus donnerait de l’oxygène à ces adolescents qui tentent vraiment de concilier hockey et études…

*Chiffres fournis

par la LHJMQ en juin 2018

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Une division de plus

Ce n’est pas toujours l’idée la plus lumineuse de copier la LNH. Pourtant, la LHJMQ le fait à chaque fois qu’elle en a l’occasion. 

La dernière décision pour se coller le plus possible au circuit Bettman est de passer de trois à quatre divisions en vue de l’an prochain. L’idée est de favoriser des confrontations régionales lors des deux premiers tours des séries. 

Ça peut peut-être faire économiser les équipes en frais de transport, et ajouter quelques centaines de partisans dans les estrades. Par contre, cette mesure pourrait défavoriser certaines équipes dans leurs parcours en séries. 

Sous l’ancienne formule, le classement général était utilisé en séries, avec les trois échelons offerts aux champions de division. Donc, les équipes qui ont le plus performé sont en haut de tableau, et ne pouvaient pas se voir avant la demi-finale, et même la finale dans le cas des deux meilleures formations. 

Ce n’est plus vrai. Théoriquement, les deux meilleurs clubs pourraient s’affronter en deuxième ronde s’ils ont le malheur de cohabiter au sein de la même division. Si j’avais à parier, je dirais que cette décision vient des proprios, certainement pas des hommes de hockey!

Et le plus ironique dans l’histoire, c’est qu’il n’y aura pas plus de confrontations intra-division en saison!