Le confinement n’empêche pas les adeptes de CrossFit de poursuivre leur entraînement comme en font foi Catherine Saint-Gelais et Yves-Éric Pilote de CrossFit JONQ lors de capsules vidéos ou d’entraînements en direct via Facebook. ­
Le confinement n’empêche pas les adeptes de CrossFit de poursuivre leur entraînement comme en font foi Catherine Saint-Gelais et Yves-Éric Pilote de CrossFit JONQ lors de capsules vidéos ou d’entraînements en direct via Facebook. ­

Le défi de garder les troupes motivées malgré le confinement

Le confinement qui se prolonge représente un bon défi d’organisation et d’imagination pour les sports d’entraînement en groupe comme le CrossFit. Ne pouvant réunir leurs troupes à leurs installations, les propriétaires du club CrossFit JONQ ont tout de même réussi à contourner la difficulté.

Pour Yves-Éric Pilote, plus que la gestion des entraînements, le vrai défi, c’est de garder les troupes motivées malgré tout. Donc, chaque matin, il leur propose un entraînement d’au moins une heure via un groupe fermé sur Facebook, avec l’utilisation d’objets courants qui peuvent se transformer en charges, par exemple des deux litres de lave-glace, un sac à dos rempli de boîtes de conserve, etc. De plus, lors de l’annonce des mesures de confinement, il avait donné des rendez-vous aux membres de son club et il leur a prêté du matériel du gym.

En entrevue téléphonique, sa conjointe Catherine Saint-Gelais (sœur de l’Olympienne Marianne) explique comment ils réussissent à maintenir l’intérêt de tout un chacun. « Dans notre cas, ça ne change pas grand-chose parce que l’entreprise est fermée et on a la chance de pouvoir y aller. Mais pour les membres, il y a une page Facebook sur laquelle Yves-Éric communique ses messages. Chaque jour, il fait une programmation qui comprend l’échauffement, l’entraînement, les étirements, etc. Il se filme en train de les faire et il place des liens afin que les membres puissent avoir accès à des entraînements d’une durée variant entre une heure et une heure et demie. Les gens sont censés être en mesure de les faire sans trop de matériel », explique-t-elle.

« Il y a beaucoup de monde qui sont équipés à la maison. On fait le tour vite avec des mouvements qui reviennent souvent. Mais on va commencer notre quatrième semaine la semaine prochaine et on réussit à faire quand même de bons entraînements. De plus, tous les samedis, on se connecte avec nos membres et on fait un cours en direct avec eux. Pendant environ 30 à 40 minutes, nous sommes tous ensemble par caméra », souligne celle qui travaille dans le milieu de la santé et qui trouve ainsi un bon moyen de décrocher du travail.

Du débutant à l’aguerri

L’un des défis qui se pose d’emblée, c’est la variété de la clientèle. Certains en sont à leurs débuts, alors que d’autres sont aguerris. Il faut donc que les capsules vidéo répondent aux différentes exigences. « Certains sont avancés et comprennent bien les mouvements, mais il y a des gens qui étaient abonnés depuis quelques mois (avant la pause forcée), alors il y a quelques mouvements avec lesquels ils ne sont pas super familiers. On leur montre donc comment faire les mouvements correctement. On utilise beaucoup de mouvements qui n’ont pas besoin de poids ou sinon, on les fabrique nous même, souligne-t-elle. Par exemple, en fin de semaine, on va utiliser un sac à dos de 20 livres et on va faire des squats (flexions sur jambes) et des push-up, des step-up, etc. »

Pour pallier certains équipements, Yves-Éric Pilote, propriétaire de CrossFit JONQ, utilise des objets courants. Ainsi, comme le démontre Catherine Saint-Gelais, il est possible de faire des squats avec un sac à dos contenant par exemple 20 livres de boîtes de conserve. Photo Le Quotidien Rocket Lavoie

Malgré toute son expérience d’entraîneur, Yves-Éric Pilote doit tout de même réfléchir lorsqu’il compose un entraînement. Il doit s’assurer de faire travailler tous les groupes musculaires, que les exercices soient complémentaires et que le tout ne soit pas redondant afin, justement, de maintenir l’intérêt du groupe. Mais cela ne semble pas vraiment lui poser problème puisque tous les matins, son programme est prêt pour 9 h. Ainsi, ceux et celles qui s’entraînent le matin ont accès tôt à la plateforme tandis que les autres peuvent le faire durant le reste de la journée.

Jusqu’à maintenant, le défi de garder les troupes motivées semble relevé. « En avril, les gens n’ont pas décroché. Ils ont beaucoup participé et on a hâte de voir comment ça va aller en mai. Ça va faire un mois. Lors des vidéos en direct, on a quand même beaucoup de personnes qui sont branchées. Normalement, le samedi, on avait toujours un cours de groupe au gym et quand on avait 20 personnes, c’était bon. Là, parfois, on en a une trentaine qui sont connectées, souligne Catherine Saint-Gelais. On se dit que ce serait environ le même nombre que si c’était au gym. On se jase et on a du fun ! C’est très apprécié et on a beaucoup de commentaires positifs. Les gens se filment, prennent des photos d’eux après le workout et ils nous donnent beaucoup de ''feedbacks''. On a vraiment une belle réponse et on est vraiment contents ! »

Le couple est heureux de contribuer à faire bouger les gens en se disant qu’en plus, lorsque les activités pourront reprendre, ce sera moins dur pour leurs abonnés.

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LA RÉGION BIEN REPRÉSENTÉE À MIAMI

La région a été bien représentée au rendez-vous annuel des adeptes de CrossFit des quatre coins du monde, le festival Wodapalooza tenu à Miami, en Floride, vers la mi-février. Le club CrossFit O Lac d’Alma avait envoyé deux équipes, l’une en classe intermédiaire et l’autre en classe participative, tandis que CrossFit JONQ comptait trois représentants, soit le propriétaire Yves-Éric Pilote en catégorie Rx, le jeune Victor Dessureault (aussi connu pour ses talents en judo) chez les 13-15 ans, et Catherine Saint-Gelais en haltérophilie.

Inscrite en classe intermédiaire qui regroupait 100 équipes, dont quelques-unes d’outre-mer, l’équipe #IAMCROSSFITOLAC a conclu au 52e rang et s’est notamment distinguée à l’épreuve de nage Shark Bait où elle a conclu au 11e rang ! En participation, l’équipe No stress Team a pris le 105e sur 128 équipes, dont plusieurs provenaient de l’Europe.

Du côté de Crossfit JONQ, l’entraîneur et athlète Yves-Éric Pilote a terminé en 22e position sur 40 dans la classe Rx (qui suis la classe Élite). Lors des qualifications qui précèdent le festival, il se situait vers la fin des qualifiés. Il a donc fait une belle remontée et il s’est notamment démarqué avec un top-10 dans l’un des six programmes imposés. 

Belle remontée au classement aussi pour son protégé de la concentration sport-études, Victor Dessureault, de Jonquière, qui a terminé au 8e rang chez les 13-15 ans. « Il a vraiment fait mieux qu’en qualifications », souligne Catherine Saint-Gelais. 

Cette dernière est également revenue fort satisfaite de sa prestation en haltérophilie. « C’est un peu moins populaire comme événement, surtout cette année en raison du cycle olympique, alors le calibre était un peu moins relevé, note la Félicinoise d’origine qui a établi deux records personnels. C’est une seule journée de compétition. J’en ai profité pour m’inscrire et ç’a super bien été. J’ai passé les qualifications sans trop de difficultés. J’ai été éliminée en demi-finales. On était 16 au total (en rondes éliminatoires) et c’était toujours basé sur (le ratio de) ton poids corporel par rapport à la charge que tu soulèves. Tu sais exactement combien tu dois mettre sur ta barre pour battre ton adversaire. »

Sa compétition étant la première au programme du festival, elle a ensuite pu aller encourager les autres Bleuets. « Tout le monde a bien fait. Déjà d’aller là-bas et de vivre l’expérience, c’est quelque chose, même si ça a beaucoup changé au cours des dernières années. Il y plus de places ouvertes. Dans les premières années, c’était vraiment les meilleurs qui étaient là. Maintenant, c’est plus un festival. Il y a une catégorie super forte pour l’élite mondiale et une catégorie plus participative. C’est bien parce que ça donne la chance à tous de pouvoir participer à une compétition d’envergure. »

Epik Battle reporté

Dans un autre ordre d’idée, mentionnons que la 2e édition de l’Epik Battle - Crossfit qui devait avoir lieu au Centre multisport Mario-Tremblay d’Alma les 16 et 17 mai a été reportée en 2021. Plus de 150 athlètes étaient attendus pour la compétition par équipe (deux hommes, deux femmes) organisée par CrossFit O’ Lac en collaboration avec Festivalma. La première édition avait été couronnée de succès. Ce n'est donc que partie remise.