Marc Tremblay, sa conjointe Manon Gobeil et leur fille Najat tirent un trait sur l’organisation du Daytona Neige.

Le Daytona Neige ne sera pas de retour

Une page d’histoire se tourne dans l’univers des courses de motoneiges au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Le Daytona Neige ne sera pas de retour pour une dixième année, en 2019, sur le site des dernières éditions, à Saint-David-de-Falardeau.

L’événement est tenu à bout de bras par la famille Tremblay, à l’occurrence les promoteurs Marc Tremblay et sa conjointe Manon Gobeil, leurs filles Najat et Tamara, en plus d’un comité pour qui la charge de travail devenait de plus en plus imposante. Même si le Daytona Neige se déroule à la mi-mars, les préparatifs débutent dès le début de l’été.

Rencontrés vendredi, Marc Tremblay, Manon Gobeil et Najat Tremblay ont expliqué que diverses raisons étaient à l’origine de leur décision. Même si elle se fait avec un pincement au coeur, il s’agit tout de même d’un soulagement pour ceux qui y ont laissé beaucoup d’énergie au fil des ans.

«Depuis deux ans, notre but était de prendre de l’ampleur et de grossir, mais la problématique, c’est qu’il n’y a plus assez de gens qui s’impliquent», observe Najat Tremblay, directrice générale du Daytona Neige. Elle rappelle que le comité est un organisme sans but lucratif, de sorte que les personnes impliquées le font surtout de manière volontaire et bénévole.

La dernière édition fut l’une des plus belles des dernières années avec la présentation de la finale de la Maritime Snowmobile Racing Federation, qui a attiré quelque 300 coureurs. Les organisateurs ont tenu à préciser que leur décision n’était pas basée sur des arguments financiers.

«Tout est en ordre. On a réussi à boucler un budget non déficitaire, mais on ne pouvait pas se permettre un pépin, que ce soit du mauvais temps ou un autre facteur, a ajouté Najat Tremblay. Ce n’est pas nous qui décidons quelle température il va faire pendant la fin de semaine et c’est certain que c’était une autre source de stress. Ce n’est pas que ça n’allait pas bien, mais ça prenait trop d’ampleur pour ce qu’on est en mesure de répondre.»

Depuis 2013, le Daytona Neige se déroulait sur le site à l’entrée de la municipalité de Saint-David-de-Falardeau, après cinq éditions sur le lac Jalobert, sur les monts Valin. Le déneigement de l’espace pour la piste engendrait des coûts importants, ce qui augmentait le budget d’exploitation. L’aménagement d’un site vierge à l’arrivée des organisateurs compliquait les choses.

«Organiser un événement d’envergure l’hiver, c’est une autre histoire qu’en plein été», a noté Manon Gobeil.

Ceci étant dit, la collaboration de la mairesse de Saint-David-de-Falardeau, Catherine Morissette, a été appréciée par Marc Tremblay et son groupe. «Elle nous a vraiment bien encadrés et elle s’impliquait, a souligné Najat Tremblay. Une chance qu’elle a été là.»

C’est donc un important chapitre que la famille Tremblay laisse derrière elle. L’émotion était palpable lors de la rencontre avec le journaliste du Progrès, mais le temps était tout simplement venu de passer à autre chose.

«J’ai touché à tous les postes et je suis vraiment contente d’avoir vécu l’expérience, a partagé Najat Tremblay. Ça nous a ouvert beaucoup de portes et on termine en beauté, dans le sens qu’on ne doit rien à personne et que l’édition 2018 fut l’une des plus belles. On veut passer à autre chose. On a besoin de se reposer.»

Manon Gobeil était quant à elle émotive lorsqu’elle a voulu remercier les personnes impliquées, à commencer par son conjoint Marc et ses deux filles, Tamara et Najat.

«On a eu des hauts et des bas. Ça n’a pas toujours été facile, mais je veux remercier mes deux filles pour leur implication dans ce projet de fou, a-t-elle exprimé. Je veux aussi remercier tout le comité et les bénévoles impliqués au fil des ans, ainsi que tous les partenaires et commanditaires.»

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LA MAIRESSE DÉÇUE, MAIS COMPREND

La mairesse de Saint-David-de-Falardeau, Catherine Morissette, est déçue de voir un événement comme le Daytona Neige quitter le paysage hivernal de sa municipalité, mais elle comprend la décision des organisateurs.

«J’avoue que cette activité occupait une belle place dans notre programme hivernal, mais je comprends la position de ces passionnés», a-t-elle indiqué.

«Pour tenir à bout de bras un événement de la sorte, ça prend du monde pas à peu près. Un moment donné, ça nous rattrape. 

Je suis bien triste de cette nouvelle, car nous avions développé une belle relation et c’était très positif pour Falardeau.»

Questionnée à savoir si elle allait chercher à trouver des personnes prêtes à prendre la relève, la mairesse a indiqué être ouverte à discuter avec d’autres promoteurs, mais qu’il s’agissait avant tout d’un événement privé.

La municipalité de Saint-David-de-Falardeau ne va donc pas s’impliquer directement dans la survie du Daytona Neige.