Maxime Provencher (à gauche) et Simon Laurendeau (assis) ont analysé le coup de patin de jeunes athlètes inscrits au programme sport-études en patinage de vitesse courte piste, mardi.

Le coup de patin décortiqué

Maxime Provencher était de retour, lundi, sur une patinoire qu'il a bien connue durant les saisons 2006-07 et 2007-08 des Saguenéens de Chicoutimi. Pendant plusieurs minutes, en compagnie de son collègue Simon Laurendeau, l'ancien défenseur des Saguenéens a profité d'une séance d'entraînement des athlètes inscrits au programme sport-études en patinage de vitesse courte piste pour recueillir des données qui permettront de poursuivre le développement de SciencePerfo.
SciencePerfo est une entreprise lancée il y a environ trois ans par quatre diplômés de l'Université Laval, Maxime Provencher, Simon Laurendeau, Mathieu Germain-Robitaille et Léandre Gagné Lemieux. Le premier a complété une maîtrise en physiothérapie et les trois autres sont titulaires d'une maîtrise en kinésiologie spécialisée en biomécanique humaine. Le quatuor, auquel vient de s'ajouter Yoann Dessery, a développé un capteur (sensor) qui lui permet de décortiquer le coup de patin et, en fonction des résultats, de monter un programme d'entraînement pour apporter les correctifs nécessaires.
L'entreprise offre principalement ses services aux équipes et aux organisations de hockey. Comme elle est relativement jeune, ses responsables cherchent surtout à la faire connaître présentement. Ils notent par contre que toutes les organisations contactées jusqu'à maintenant ont montré de l'intérêt pour pousser l'expérience plus loin l'an prochain.
Pour obtenir des données sur le coup de patin d'un athlète, les responsables de SciencePerfo utilisent une bande réfléchissante qu'ils fixent autour de la taille du patineur. Ils peuvent ainsi déterminer sa vitesse et sa position 50 fois par seconde. Ils utilisent également une caméra qu'ils synchronisent avec les données obtenues pour déterminer la raison de la perte de vitesse. Le programme leur donne la possibilité de tester un grand nombre de patineurs en peu de temps. Ceux-ci sont évalués en poussant au maximum sur une distance de 30 mètres. Dans un monde idéal, le candidat est revu trois ou quatre fois par année, afin de suivre son évolution.
« Avant de développer notre ''sensor'', on ne se doutait pas qu'il y avait autant de perte de vitesse entre chaque coup de patin, explique Maxime Provencher. Un athlète peut perdre de trois à cinq kilomètres/heure avant de donner un nouveau coup de patin. C'est assez impressionnant. En fonction des données recueillies, nous sommes capables de faire des corrections techniques sur le coup de patin. Nous avons développé ce programme pour les hockeyeurs parce qu'il était difficile d'avoir une analyse précise du coup de patin sur la glace. On se rend compte que ça peut aussi être utile pour les patineurs de vitesse et les gens qui font des sprints au soccer, au football, à la course à pied, etc. »
La présence de Maxime Provencher et Simon Laurendeau au Centre Georges-Vézina, lundi, avait un petit côté particulier parce qu'il s'agissait d'une première immersion dans le monde du patinage de vitesse. Ils croient qu'elle aura des suites puisque des contacts chez Patinage de vitesse Canada ont montré de l'intérêt pour des outils précis d'évaluation des athlètes. À ce chapitre, les responsables de SciencePerfo sont convaincus que leur produit est ce qui se fait de mieux dans le domaine.
« Il y a différents types de patineurs, poursuit Maxime Provencher, qui est aujourd'hui physiothérapeute de l'Océanic de Rimouski. Avec leur courbe, on est capable de les classer dans différents profils de patineurs et de leur donner des exercices en fonction de ce dont ils ont besoin. Certains sont très bons pour générer de la vitesse, mais ils ont de la misère à la conserver. D'autres ne sont pas très bons pour générer de la vitesse, mais ils enchaînent tellement rapidement les poussées qu'ils vont obtenir un temps similaire. Idéalement, on veut que le patineur soit capable de faire des poussées puissantes tout en les enchaînant rapidement. »
« Des études sur le patin, il n'y en a pas beaucoup parce que c'est un sport difficile à étudier. Ça se passe sur la glace et les joueurs vont vite. Notre outil a l'avantage d'être facile à utiliser et nous sommes capables de fournir des choses sur le patin qui ne sont pas présentes dans la littérature scientifique. »
Maxime Provencher et Simon Laurendeau poursuivront leur visite au Saguenay-Lac-Saint-Jean mardi en s'intéressant à la structure des Élites de Jonquière. Ils évalueront le coup de patin des joueurs des équipes régionales pee-wee AAA. bantam AAA, midget espoir et midget AAA, au Foyer des loisirs.