Le DG du Club de golf Saguenay Arvida, Stéphane Maltais.
Le DG du Club de golf Saguenay Arvida, Stéphane Maltais.

Le Club de golf Saguenay Arvida souhaite préserver ses membres

Même si la réouverture des terrains de golf semble de plus en plus probable, les dirigeants des clubs ne sont pas sortis de l’auberge pour autant puisque plusieurs sources de revenus ne seront plus au rendez-vous en raison des consignes sanitaires découlant de la COVID-19. Le directeur général du Club de golf Saguenay Arvida, Stéphane Maltais, et son équipe affichent cependant une certaine sérénité parce qu’ils ont rapidement pris des décisions qui, espèrent-ils, leur permettront d’atténuer l’ampleur de la catastrophe appréhendée ici comme ailleurs.

Environ dix jours après l’annonce des mesures de confinement, l’organisation a préparé un budget révisé qui faisait état de pertes anticipées allant de 200 000 $ à 300 000 $. Pour pallier la situation, le club s’est tourné vers des institutions financières pour solliciter et obtenir plus de 200 000 $ sous forme de prêts et de marge de crédit afin d’assurer le roulement du club durant la présente saison. Une décision qui permet d’aborder avec un peu moins de stress les prochains mois.

Grâce à des décisions prises rapidement, le DG du Club de golf Saguenay Arvida, Stéphane Maltais, espère que le club pourra atténuer les impacts malgré la saison catastrophique qui s’annonce en raison de la pandémie.

« Nous sommes un peu en avance. On s’est fait une réunion d’urgence le 23 mars et on avait déjà préparé un budget révisé qui annonçait un grand problème de fonds de roulement, et ce, même si notre club est vraiment en santé comparativement à ce qu’il était en 2015, 2016 et 2017. Ça faisait deux ans qu’on était à profit, donc, on avait une certaine solidité financière», rappelle Stéphane Maltais en entrevue téléphonique.

« On avait remis le train sur les rails et on était vraiment en santé, mais là, on a été proactifs à voir venir la catastrophe, alors on s’est organisés au niveau des finances. On a demandé des prêts d’urgence pour le fonds de roulement auprès d’institutions financières a obtenu une marge de crédit temporaire de 175 000 $ en plus d’obtenir un moratoire pour notre dette à long terme. On a aussi demandé et reçu un prêt d’urgence sans intérêts de 40 000 $ du gouvernement. Dans ce dernier cas, on n’aura à rembourser que 30 000 $ si on le fait avant 2022. Nous allons aussi faire la demande pour le programme d’urgence du fédéral qui offre une subvention de 75 % des salaires des employés », relate en substance Stéphane Maltais.

«C’est un coup dur, mais on va l’encaisser et on va continuer à aller de l’avant !», assure-t-il.

Mieux vaut prévenir

Ne sachant pas s’il allait y avoir ou non une saison de golf au moment où le Québec s’est retrouvé sur pause, les dirigeants du club Saguenay Arvida ont préféré ne pas mettre de pression sur leurs membres, même si plusieurs avaient déjà payé leur cotisation. « Nous, on ne veut pas se financer avec l’argent des membres et c’est pourquoi on s’est tournés vers les institutions financières. On sait très bien que plusieurs vont dire de garder l’argent pour la prochaine saison advenant le pire des scénarios, tout comme on sait que si on ouvre le 1er ou le 15 juin, on ne pourra pas charger le plein tarif. C’est clair qu’on va être très conciliants et on va rembourser ceux qui ont des difficultés ou ceux ne pourront jouer leur saison. »

ENCORE BEAUCOUP DE QUESTIONS SANS RÉPONSE

Stéphane Maltais se montre optimiste quant à l’ouverture des clubs de golf pour la belle saison, surtout que le feu vert vient d’être donné aux clubs en Saskatchewan. Mais il est toutefois très conscient que tout sera bien différent de ce qui se faisait par le passé.

« Je suis fier d’avoir vu venir les coups d’avance et d’avoir été capable d’essayer de minimiser l’impact, mais c’est clair qu’on s’en va vers un 200 000 $ de perte après amortissement », avance-t-il concernant le bilan de la saison 2020.

« J’ai (à nouveau) révisé le budget que j’avais fait le 23 mars. Comme pour plusieurs entreprises, c’est carrément une catastrophe. On partait d’un budget de 50 000 $ de profits après amortissements, mais maintenant, je m’attends entre 200 000 $ à 300 000 $ de pertes.»

De fait, dans le contexte actuel, les clubs seront notamment privés des revenus importants provenant de la location de salles pour des réceptions, de la restauration et du bar, de tournois corporatifs, de la location de voiturettes de golf, et peut-être même d’une partie des 440 membres du club, toutes catégories confondues. Car les mesures actuelles prônent le confinement des personnes âgées de 70 ans et plus. Ce groupe d’âge aura-t-il droit à une exemption pour la pratique du golf si certaines mesures sont appliquées et respectées ? Cela fait partie des nombreuses questions dans le milieu du golf qui sont toujours en attente de réponses. 

« C’est pour ça qu’on s’est dit qu’il valait mieux aller demander tout de suite de l’argent pour passer à travers cette année et déjà penser à 2021, plaide Stéphane Maltais. On sait que 2020 sera complètement ‘‘scrap’’. S’il y a du golf le 1er juin, ce ne sera pas comme avant. On est en plein casse-tête et je n’ai malheureusement pas de solutions miracles », convient-il en assurant toutefois que malgré la période difficile, « le club de golf sera encore là en 2021».

En attendant les prochaines annonces des gouvernements, le club jonquiérois prépare le terrain avec le minimum de personnel requis. Le processus préparatoire sera lui aussi différent puisque la traditionnelle corvée n’aura pas lieu. Vendredi, quelques employés ont procédé au retrait des toiles dans le respect des consignes sanitaires.