Pour la réouverture, un maximum de 15 personnes pourront participer à une séance.
Pour la réouverture, un maximum de 15 personnes pourront participer à une séance.

Le Club de boxe de Chicoutimi prêt à rouvrir ses portes

Au moment même où le gouvernement du Québec évalue la possibilité d’interdire les sports de combat jusqu’à ce qu’un vaccin contre la COVID-19 soit disponible, les clubs de boxe se préparent à leur réouverture dans des conditions très strictes.
Le président du Club de boxe de Chicoutimi, Denis Gravel, est conscient que les mesures sont strictes, mais nécessaires.

C’est le cas au Club de boxe de Chicoutimi, qui sera l’un des premiers au Québec à rouvrir ses portes, la semaine prochaine, si tout se déroule comme prévu. Les entraîneurs seront tous rencontrés dimanche, afin de faire le point sur les différentes mesures et des annonces publiques seront ensuite faites sur cette reprise.

Le président Denis Gravel mentionne qu’avec les consignes de la santé publique, de la Fédération québécoise de boxe et de Ville de Saguenay, les membres du conseil d’administration ont établi une procédure. « Chacun les interprète à sa manière, admet-il, sur les différents documents. Il faut avoir un consensus, tout le monde ensemble, pour partir tous pareil et dire le même message. On ne peut pas jouer avec la santé publique. Ailleurs, il est arrivé des problèmes, par exemple dans des bars, et on ne veut pas que ça arrive chez nous. Ça nous préoccupe vraiment de pouvoir repartir en gardant les gens en sécurité. C’est vraiment notre premier souci. »

Pour le redémarrage, un maximum de 15 personnes, ce qui inclut les entraîneurs, seront admises dans les locaux de la rue Jacques-Cartier, pour chaque séance. L’espace a été divisé afin de garder deux mètres de distance avec des pastilles au sol. La moitié des sacs ont été enlevés, aucun prêt d’équipement ne sera possible, chaque personne devra avoir sa propre bouteille d’eau et une désinfection complète des lieux devra être faite après chaque entraînement. « Ce ne sera plus comme avant », convient Denis Gravel.

Dans les locaux du Club de boxe de Chicoutimi, la moitié des sacs ont été enlevés.

De plus, comme l’indique la santé publique, aucun combat (sparring) ne sera possible. « On va s’entraîner vraiment à distance », avance le président, conscient que les mesures ne plairont peut-être pas à tout le monde, mais que l’organisme paramunicipal ne peut se permettre aucun faux pas.

L’intransigeance sera le mot d’ordre. « Ce ne sera pas une sinécure, mais on va rouvrir tranquillement et on va être plus prudents que pas assez pour éviter tout risque de contamination. On est vraiment conscients de l’impact que ça pourrait avoir. S’il arrivait quelque chose chez nous, ça pourrait avoir des répercussions partout au Québec », rappelle Denis Gravel.

Des pastilles ont été collées au sol afin d’assurer une distance de deux mètres lors d’un entraînement. 

« On est contents de pouvoir rouvrir. On veut garder nos gens proches du gymnase. On va faire ce qu’on peut avec la réalité actuelle, reprend-il. On veut que la boxe continue au Saguenay et que les gens comprennent que c’est sécuritaire ce qu’on fait. »

Pour le moment, deux séances hebdomadaires de boxe et deux autres de récréoboxe sont prévues. Il faudra réserver sa place dans une plage horaire via la plateforme GOrendezvous et arriver au maximum 15 minutes avant le début de la séance. « Les gens ont hâte de recommencer et sont fébriles », assure Denis Gravel, qui, depuis le début du confinement, reçoit plusieurs messages par jour lui demandant le moment de la réouverture.

Du côté du Club de boxe olympique de Jonquière, l’entraîneur-chef, Hubert Malaison, a indiqué que les dirigeants prévoyaient laisser passer les vacances estivales et rouvrir en août.

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DES RÉPERCUSSIONS IMPORTANTES SUR LA BOXE AMATEUR

L’interdiction des combats de boxe au Québec pour une longue période n’aura pas un impact seulement sur les athlètes professionnels, mais également sur les boxeurs amateurs, estime Denis Gravel.

« Quand tu fais de la boxe, ça prend un objectif et c’est de faire des combats », lance-t-il, à propos de la mesure du gouvernement du Québec, qui fait beaucoup jaser dans le monde de la boxe depuis deux jours. 

Mercredi, le promoteur d’Eye of the Tiger Management (EOTTM), Camille Estephan, a effectué une sortie en règle envers le gouvernement du Québec, disant que d’interdire les galas et les combats jusqu’à la sortie d’un vaccin pourrait tuer l’industrie de la boxe. 

Denis Gravel ressent également cette injustice, notamment envers d’autres sports où les contacts existent. « Ça s’annonce pour être long avant d’avoir des combats », constate-t-il, avec tristesse et déception. 

« Pourquoi la boxe plus que les autres ? Je ne comprends pas, laisse tomber le président du Club de boxe de Chicoutimi. Il y a moins de danger pour deux personnes qui ont été testées avant de boxer que d’aller dans un bar ou restaurant avec 50 inconnus. Le risque est bien moindre. Il y a une forme de gros bon sens qu’on ne comprend pas. »

Plusieurs boxeurs du Club de boxe de Chicoutimi et d’autres clubs du Saguenay–Lac-Saint-Jean participent régulièrement à des galas à travers la province, dont ceux qui font partie de la relève. La mesure pourrait avoir une répercussion pour l’organisation chicoutimienne, qui avait déplacé le Gala des gens d’affaires, initialement prévu en avril, au mois de novembre.